Ibid
IfiO QUESTIONS D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE.
ses missions, l'important village fortifié de Casseneuil en Agenais, vers la fin de septembre 1214 ^ En même temps, Foulques, évêque de Toulouse, fit don à l'ordre naissant de plusieurs églises avec leurs revenus et assigna à saint Dominique lui-même la paroisse de Fanjeaux. La faveur des croisés allait donc a enrichir » l'ordre, et lui enlever son idéal de pauvreté.
Le saint vit le danger, et par un acte d'énergie le conjura. Ce fut alors que, selon la déposition de l'abbé de Saint-Paul, « il refusa les donations qui lui avaient été faites et renonça à tous les biens qui avaient enrichi l'ordre^ ». — « De peur d'être distraits de leur mission par des soins matériels, dit Jourdain de Saxe ^, les Prêcheurs décidèrent de ne garder aucune propriété, et de n'accepter désormais que des revenus. »
Ce récit de Jourdain semble placer cette grave décision après le concile du Latran et le premier voyage de S. Dominique à Rome. Il la mentionne en effet après avoir parlé de l'adoption de la règle de S. Augustin; or cette règle ne fut imposée à l'ordre naissant que lorsque Innocent III, pour mettre à exécution une décision du concile du Latran, eut ordonné à S. Dominique, pendant son premier séjour à Rome, de placer ses frères sous une règle déjà approuvée. Mais un document diplomatique de
1. Balme, Cnrtulaire de S. Dominique, t. I"', p. 480 et siiiv. Dans cet ouvrage, le P. Balme a réuni tous les documents diplomatiques inédits ou déjà édités, qui concernent S. Dominique. Ce savant religieux se proposait de faire des publications semblables pour S. Raymond de Pennafort et d'autres illustres dominicains, lorsque la mort l'a enlevé à l'Église et à la science, après une vie des mieux remplies.