Ibid., p
la plus haute importance nous prouve qu'avant son départ pour Rome, vers le mois de juillet 1215, S. Dominique pratiquait dans toute sa rigueur la stricte pauvreté.
A cette date, avant de partir, lui aussi, pour le concile. Foulques institua les Prêcheurs missionnaires dans son diocèse de Toulouse, et pour subvenir à leurs nécessités, leur assigna, non des propriétés déterminées, mais des rentes, « le sixième des dîmes que prélevaient les paroisses pour les ornements et les édifices sacrés ^ ». Les raisons par lesquelles il justifia cette attribution nous prouvent qu'à ce moment les Prêcheurs étaient fidèles, ou du moins étaient revenus à l'idéal de pauvreté évangélique. Si l'évêque de Toulouse a jeté sur eux les yeux pour faire d'eux les prédicateurs attitrés du diocèse contre l'hérésie, c'est « parce qu'ils se sont proposé de vivre dans la pauvreté évangélique et de parcourir à pied le pays pour annoncer les vérités divines in paupertate evangelica pedites religiose proposuerunt incedere et veritatis evangelice verhum predicare ». S'il affecte à leur entretien une partie des dîmes paroissiales, c'est parce que « le droit canon a stipulé qu'une portion des dîmes paroissiales doit être réservée et distribuée aux pauvres; et ceux-là sont des pauvres qui, embrassant pour l'amour du Christ la pauvreté évangélique, travaillent à enrichir l'ensemble des fidèles et chacun d'eux des dons célestes, en prêchant par la science et par l'exemple ^ ».