M. G. Scripturum XVi, p
Sa première expédition se place aux environs de l'an 827; l'occasion était propice. A cause du crédit dont il jouissait auprès de Louis le Pieux, l'abbé de Saint-Médard de Soissons, Hilduin, avait obtenu du pape le corps de S. Sébastien, qu'il avait fait transporter en grande pompe dans son abbaye ; on parla dans tout l'empire franc des fêtes de Soissons. Lorsque Deusdona se rencontra pour la première fois avec Eginhard, ce dernier lui raconta la translation de S. Sébastien à Saint-Médard ^ ; évidemment il portait envie à son ami Hilduin, et il attendait avec impatience le jour où il pourrait placer dans son monastère de Mulinheim un saint aussi illustre. La visite de Deusdona était trop opportune pour n'avoir pas été calculée à l'avance : Eginhard venait de fonder son abbaye, et il cherchait le moyen de l'enrichir de reliques. Il était à la cour d'Aix-la- Chapelle lorsqu'il se rencontra avec le diacre qui venait implorer Louis le Pieux ^ : « pro suis necessitatibus régis opem imploraturus ». C'était le prétexte officiel de son lointain voyage et Eginhard, à qui il le donna, ne put pas le révoquer en doute, mais un autre chroniqueur contemporain ne se laissa pas aussi bien tromper. Deusdona, nous dit Rudolfus, venait sous prétexte d'implorer la protection royale, mais c'était en réalité pour se procurer de
1. « Interprandendumplura locuti, eo usque sermocinando pervenimus ut de translatione corporis beati Sébastian!... mentio fieret. M. G. Script. XVI, p. 2/iO.