M. G. Scriptorian XVi, p
l'argent avec ses reliques; « re aiitem vera, sancloriun, quas secuin habebat, reliquias daturus alicui religiosorum in Francia virorujyi, cujus adjutorio posset inopiae suae capere supplementum ^ ». Nous sommes par là renseignés sur la nature de ce commerce : il était clandestin ; les autorités impériales et pontificales devaient l'ignorer; c'était, si l'on peut s'exprimer ainsi, un commerce de contrebande.
Quelques textes nous font assister au manège de Deusdona. Comme son métier était occulte, il devait donner à ses opérations le caractère de services rendus. Il se livrait au commerce que nous a décrit Molière : il donnait gratuitement des reliques à des personnes qui lui donnaient gratuitement de l'argent-. Il faisait rouler la conversation sur son voyage, et laissait deviner qu'il était romain ; dès quon le savait {cognitoque quod esset Romanus), on lui demandait des détails sur les reliques que renfermaient en si grand nombre les Catacombes : « au milieu du « repas, raconte Eginhard, nous sommes venus à « parler de la translation de S. Sébastien, et des « tombeaux abandonnés de martyrs, qui sont en si « grand nombre à Rome » ; et naturellement, à cause du désir que chacun avait de posséder des reliques romaines, on finissait par demander au diacre comment on pouvait s'en procurer. « Puis, « lui parlant de la dédicace de notre nouvelle basi- « lique, je lui demandai par quel moyen j'arriverais « à posséder quelqu'une de ces reliques authentiques « qui reposent à Rome ».