‹ Questions d'histoire et d' archéologie chrétienneChapitre 91 sur 94 · Idem, ibid · texte numérisé non relu

Idem, ibid

tien anonyme du moyen âge sut trouver dans la prose Dies irœp

L'Eglise réunit, vers le ix* siècle, tous ces textes de lectures, de chants et de prières, et elle en forma ses divers livres liturgiques : le Graduel, qui contenait, outre les chants de ce nom, les traits', les alléluias, les versets de l'offertoire et de la communion; l'Epistolier, ou livre des épîtres; TÉvangéliaire; le Psautier; l'Antiphonaire, ou recueil des antiennes; le Vespéral, ou recueil des répons; l'Hymnaire; le Passionnaire ou Sanctoral, qui renfermait la vie des martyrs et des saints; le Lectionnaire, où se trouvaient, pour tout le cours de Tannée, les péricopes de la Bible ; enfin le Martyrologe, qui donnait une brève notice sur les saints et les martyrs de chaque jour. Assemblés plus tard, ces livres liturgiques primitifs sont devenus le Missel, le Bréviaire et le Martyrologe en usage aujourd'hui. Avec cette codification, la liturgie était définitivement constituée dans ses éléments essentiels.

'< L'idc-al de la vie chrétienne, a dit M^' Duchesne, était une perpétuelle communion avec Dieu, entretenue par une prière aussi fréquente que possible. Un chrétien qui n'aurait pas prié tous les jours, et même à diverses reprises, n'eût pas été un chrétien. »

C'est en partant de ce principe que l'Eglise, dès ses origines, a enveloppé la vie d'une atmosphère de prière, en appliquant aux différentes parties du jour et de l'année les plus belles formules liturgi-

ques. Elle avait, d'autre part, un très vif sentiment de la nature et de ses forces mystérieuses.

« Le soir, c'est l'heure des ténèbres, du grand silence, de la solitude, du repos après les fatigues de la journée, c'est aussi l'heure de l'épouvante... Mais à ce moment se réveille dans l'homme la pensée du Créateur. Ce grand silence majestueux qui règne sur la nature endormie, ces astres perdus dans l'immensité ;ï des milliards de lieues, cette paisible mélancolie de la nuit impressionnent l'àme et lui révèlent la notion del'inlini. L'aurore ramène sur la terre la lumière, l'espérance, la joie... Le lever et le coucher du soleil, les saisons de l'année, les tristesses et le dénuement de l'hiver, les joies et les espérances du printemps et du réveil de la nature, les ardeurs de la canicule ont été chantés par les poètes sacrés '. »

Sanctification de la vie humaine dans tous ses instants, consécration des éléments et de la nature, tels sont les deux grands objets que poursuit la liturgie.

L'Eglise a sanctifié chaque journée en répartissant dans ses vingt-quatre heures un certain nombre d'offices. Ce sont d'abord les Matines; elles occupaient jadis les longues vigiles que les fidèles passaient en commun pour se préparer à la célébration solennelle de la messe.

« Cet office, qui est la plus longue de nos heures canoniales, est aussi à certains points de vue la plus importante. C'est la j)rière de la nuit, qui nous rappelle la plus ancienne réunion chrétienne... C'est l'heure où le Christ a été trahi et vendu, où il a subi les angoisses de l'agonie, c'est l'heure terrible où ont commencé pour lui les douleurs de la passion. A cette heure de la nuit, il semble que l'àme soit plus dégagée des sens. On a cru longtemps aussi que le milieu de la nuit était

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