‹ Questions d'histoire et d' archéologie chrétienneChapitre 92 sur 94 · Op. cit., pp · texte numérisé non relu

Op. cit., pp

l'heure où le monde finirait, et où le Christ reviendrait sur terre, entoure de gloire et de puissance, pour juger les hommes. Il lallait donc se tenir prêt et veiller dans la pi'ièro '. »

On alternait la psalmodie et la lecture de l'Écriture ou dos Pères, et on les entrecoupait de mélodies chantées par le diacre et répétées par le peuple, jusqu'au moment où le président de l'assemblée résumait par une collecte les prières du peuple en faveur des vivants et des morts.

Mais voici que vient l'aurore, les lumières pâlissent et la créature sent le besoin de redire à Dieu une hymne de louange et de reconnaissance, pour tous les bienfaits qu'il a répandus sur ses œuvres. De là, l'office de Laudes, pendant lequel on chante les psaumes et les cantiques qui glorifient la grandeur de Dieu, dans un magnifique lyrisme, et cette hymne de Prudence, Aies diei nuntiiis, que Racine lui-même a affaiblie, quand il a voulu la traduire :

L'oiseau vigilant nous réveille Et .ses chants redoublés semblent chasser la nuit. Jésus .se fait entendre à l'àmequi sommeille, Et l'appelle à la vie où son jour la conduit.

Comme la nuit, le jour est sanctifié par les offices de prime, tierce, sexte, none, qui se disent à la première heure du jour (6 heures), à la troisième (9 heures), à la sixième (midi), à la neuvième (3 heures). Mais, dans sa lente évolution, le temps a ramené la nuit :

" Le soleil disparait à l'horizon, les ombres envahissent la terre, c'est l'heure du repos; pour les mondains, c'est l'heure

i. Op. cit., p. 215.

des plaisirs. Les serviteurs de Dieu ne sont pas exempts de tentations... ce n'est pas le corps seulement qui s'engourdit, la volonté se sent faiblir, la conscience chancelle... Il faut une gi'âce plus forte pour résister à l'esprit malin, il faut prier avec plus d'ardeur. C'est l'heure du sacrificiumvesperlinicm, l'heure de l'encens et des lumières '. »

De cet office primitif appelé lucernaire, parce qu'en le commençant, on allimiait les lampes, sont sortis les deux offices de vêpres et de compiles. Ils comptent parmi les plus beaux de la liturgie, le premier avec ses hymnes variées selon les fêtes et son beau cantique de Magnificat, le second avec ses psaumes splendides et le répons In manus tuas qui est une prière des plus poétiques.

En tes mains, Seigneur, je confie mon esprit.

Tu nous as rachetés. Seigneur Dieu de vérité,

Je confie mon esprit.

Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit.

En tes mains, Seigneur, je confie mon esprit.

Garde-nous, Seigneur, comme la prunelle de l'œil,

A l'ombre de tes ailes, protège-nous.

Comme la journée, la semaine a été marquée d'un caractère religieux par la liturgie. Le dimanche remplace le samedi comme jour de repos et du Seigneur. C'est le dimanche matin, qu'après la vigile, se célébrait, dès le premier siècle, le sacrifice eucharistique, en présence de l'assemblée des fidèles. Le mercredi et le vendredi furent jours de pénitence et de jeûne ; comme le dimanche, ils eurent aussi leur messe solennelle ou station. Le samedi resta toujours la grande vigile du dimanche.

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