LCS BIBLIOTH^.QUES POPULAIRES
production des livres qui, de nos jours, est de plus en plus formidable, et la consommation, qui reste stationnaire.
En fait, la plupart des hommes ne lisent, de nos jours, que des journaux et, tout au plus, des revues. Consequence inevitable des embarras de toutes sortes qu'on eprouve k choisir et k se procurer des livres, et par choc en retour, cause effic^ce pour aggraver un 6tat de choses d^j^ fdcheux, puisque le journal et la revue ne tendent k rien moins qu'^ supprimer, en le trompant, le besoin de lire. On seTie k ces publications pour savoir non seulement ce qui se passe, mais ce qui se pense, et pour s'informer des grands r6sultats de Tactivite humaine dans toutes les directions. Cela, du reste, n'est pas absurde ; car comment ne pas reconnaJtre que certains journaux et certaines revues s'efforcent d'etre vraiment des instruments d'education et qu'ils rendent k ce titre des services de premier ordre ? II n'est pas d'homme cultiv6 qui ne leur soit redevable. N'empeche qu'ils font aux livres proprement dits, dont la raison d'(^tre et les avantages ne Bont pas k d6montrer, une concurrence dont il est k souhaiter que les cffets soient, aut^nt que possible, attenu^s.
II y a longtemps que Ton se preoccupe, en France, de favoriser T^ducation et la vie de la pens6o apres recolc. Et il a scmble, natui-cllemcnt, que Ton ne pou-
296 QUESTIONS D*HISTOIRE ET d'eNSEIGNEHENT
vait mieux faire, pour cela, que de cr6er des biblio- Ih^ques publiques,
I. — BiBLiOTufeQUEs MUNiciPALEs. — La Conveiilion nationale projeta d'abord d'^lablir, dans les 543 districts, dcs biblioth^ques « accessibles k tous ». Par d^cret du 7 pluvi6se an 111, elle d^cida qu'une biblioth^que serait annex^e k chaque ^cole centrale de di^partcment. Mais les bibliotheques de district furent bicntdt delaissees. Quant aux bibliotheques d'^coles centrales, elles oht 6t6 I'origine de la plupart des grandes bibliotheques municipales de nos jours (arr^t^ consulaire du 28 Janvier 1803). — Celies-ci sont aujourd'hui au nombre d'une centaine.
II. — Bibliotheques populaires. — Sous Louis- Philippe , il se produisit plusieurs propositions en vue d*organiser des « bibliotheques populaires », sp6cialement destinies « aux classes pauvres et laborieuses ».
Le Gouveraement provisoire de 1848 fit connaitre k ses pr^fets, par une circulaire, son d^sir qu'une bibliotheque fQt fondle dans chaque commune rurale.- Elle devait 6tre ainsi compos6e : Merits sur les droits et les devoirs du citoyen ; trait^s sur la legislation usuelle, la culture de la terre, I'eieve du betail ; une histoire nationale ; une histoire des progres de la civilisation ; biographies de grands hommes ; enfin « pour faire k Timagination sa part legitime, j'y mettrais, disait le ministre Fresloa^ une collection des chefs-