‹ Questions d'histoire sociale et religieuseChapitre 10 sur 83 · PRÉFACE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIII

Qu'elles se ramènent toutes à une seule: le facteur cconoinic|uo. voilà cjui est moins sûr. Celte théorie a été formulée par Karl Marx; elle est chère à une certaine école. On nous affirme quelle suffit à expliquer l'histoire comme la société, que tout, dans cette longue série de nos agitations, se ramène à cette cjueslion « de la faim, > à celte lutte pour la vie, qui domine l'humanité comme la nature... Mais si important que soit le fait économique dans le de\ enir social, est-ce à dire qu'il soit le seul? X'est-il pas d'autres forces qui mènent le monde? Et cette vue très juste des conditions matérielles qui pèsent sur toute vie et agissent sur tout milieu doit elle nous faire oublier le rôle de la conscience? — J'entends bien: « Ces forces morales sont ellesmêmes un produit. Une doctrine est Texpression des besoins, des intérêts, de la vie collective d'un temps. Toute évolution dajis les consciences suppose une évolution dans la société... » à moins qu'elle ne la précède. Si on veut dire que l'action des idées est conditionnée par le milieu, rien de plus juste. Il n'est pas moins vrai qu'à son tour le milieu ne se modifie sous l'influence des idées. Telle découverte intellectuelle a changé l'état social; telle doctrine religieuse n'a été d'abord que la révélation d'une conscience qui a fini par s'imposer à tous. Ne nions point la part de spontané que renferment les choses. L'âme humaine sera toujours la gran-

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