‹ Questions d'histoire sociale et religieuseChapitre 13 sur 83 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

religieuses, ses problèmes intellectuels. Elle a connu toute l'ivresse des libertés conquises ou des vérités aperçues, toute l'audace du mouvement, toutes les agitations, filles du progrès. Comme d'autres temps, elle est faite de contraires. Nulle époque n'a été plus idéaliste et plus utilitaire, plus ardente dans sa foi, plus âpre dans ses convoitises; âge mystique et réaliste tout ensemble, où le même homme qui ira délivrer le tombeau du Christ, se bat contre son seigneur pour une question de redevances, où la même flèche qui monte vers le ciel, enroule dans ses spirales tout le cortège des misères, des difformités, des vices qui grimacent vers le sol.

Voilà une France bien vivante, et à coup sûr, ce qu'elle n'est pas, c'est une exception ou un accident. Comment IMichclet a-t-il pu dire du mo3'en âge, quïl était « prodigieusement artificiel? » Rien ne naît, rien ne dure que ce qui a raison de vivre. Le régime féodal a pu disparaître; il n'en a pas moins créé la France. Il nous a légué quelque chose de son esprit, et s'il est vrai que rien ne meurt tout entier de ce passé détruit sans retour, c'est peut-être par celte antithèse, par ce dualisme des forces alors apparues et des forces contraires ramenées par la Renaissance, que s'expliquent notre civilisation et nos révolutions.

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