‹ Questions d'histoire sociale et religieuseChapitre 18 sur 83 · Beyer, p · texte numérisé non relu

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2. Poh/pt. de Saint Rémi. Le « service d'Aix » est rachetable pour 1 denier, 1 denier 1/2 ou 2 denier.s. IX, 5; XII, 2. De même le transport en Vermandoi.s. XIII, 14," 22. Les deux ânes sont racheialjles pour 10 ou 12 deniers.

aux marchands... » Ce terme se retrouve dans un diplôme de Flavigny, de la même année, et une charte de Saint-Germain, de 779 1. Il devient fréquent au neuvième siècle. Nous devons nous demander quels agents du monastère il désignait.

Faut-il confondre ces marchands avec les tenanciers chargés des transports? Les textes les distinguent nettement. En les nommant même â la suite des tenanciers, ils nous indiquent que tout autre était leur office. Ces marchands scmhlent bien avoir été chargés des acquisitions ou des ventes. A Reims, notamment, nous savons que le soin de vendre le sel et le vin était confié à des hommes spéciaux. Il dut en être ainsi dans les autres monastères. Toutes les grandes opérations commerciales se faisaient par leur entremise. Peut-être, comme les courtiers modernes, ■devaient-ils se rendre dans les marchés, dans les villes, et avaient-ils mission de les négocier.

Quelle était leur condition? Nous ne lu connaissons pas avec précision. A Prùm, ces marchands paraissent établis dans un domaine. Mais dans certaines chartes, les termes mêmes qui les désignent nous montrent bien qu'ils n'étaient ni colons ni serfs. On dit d'eux qu'ils « espèrent dans la bienveillance du couvent >/ et ils sont opposés à ceux qui (t résident sur la terre -. » Nous trouvons ailleurs

1. II. F., t. V,p, 730. — Id., ibid., p. 732. « Monacliivelncgotiatox'es eorum, aut homines eoruin. »

2. Id., ibid., |). 730. « De liomines qui super terras eorum comniancrc videntur, de negotiantes eorum qui per ipsa casa Del .sperare noscuiitur. »

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celte expression. Elle s'applique ù des libres recommandés. Toute grande abbaye avait sa clientèle d'affranchis, de bcnéficiers, de précaristes. Ces hommes lui promettaient fidélité et engageaient leurs services. Il est naturel de croire qu'elle choisissait parmi eux ses représentants.

Quels étaient leurs droits? rouvaienl-ils. trafiquant pour l'abbaye, trafiquer pour eux-mêmes? Disposer dune part de leur temps, comme l'artisan d'une partie de son travail? Aucun texte ne nous le dit. Peut-être leur était-il permis, en échange de leurs services, de faire pour leur compte certaines entreprises. Nous pensons bien que la protection du couvent, limmunilé qui s'étendait à ses serviteurs et à ses agents était une faveur trop précieuse pour n'être pas briguée par une foule d'hommes. Mais les documents sont muets sur les rapports juridiques qui unissaient ces marchands au monastère qui les employait.

Ce que nous savons mieux, c'est qu'ils forment dans le monastère un groupe a part. Unis sans doute par les mêmes fonctions, obligés de se servir de répondants, de cojureurs les uns aux autres, ils constituent déjà, par la force des choses, une classe distincte de la population servile ou des tenanciers libres. Comme à Saint-Riquier, ils ont, dès le onzième §iècle, dans lenceinte même ou sur le territoire du couvent un quartier spécial i. Assurément,

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