Id., t. V, n
3. Une des réclamations faites à Charlemagne par les Espagnols établis en Septimanie est que les pagenses prétendent, leur enle\er leurs lots (812j. Boretius, t. I, p. 169. Ces hommes étaient peut-être les descendants des anciens propriétaires que la conquête arabe avait dépossédés.
est découpé en parcelles; chacun d'eux a son lot, portio, et chaque lot a ses limites i. Sur cette parcelle, rémigrant a son habitation et, sans doute, toutes les dépendances d'une exploitation rurale. Lui-même occupe le sol et cette prise de possession réelle seule lui constitue un droit. Ainsi, ni culture ©n commun, ni jouissance indivise. L'établissement des émigrants donne lieu à un partage et c'est la terre même qui est divisée. Mais il y a plus; les lotissements ne sont pas égaux entre eux et l'inégalité sociale des occupants se traduit par l'inégalité territoriale de leur part.
Parmi ces hommes, les textes nous signalent, en effet, des différences de condition. Ceux qui, eu 812, s'adressent à l'empereur sont de même origine, mais non de même rang. 11 y a parmi eux deux prêtres, des milites^ sans doute des noblee, de simples libres 2. En 816, le diplôme de Louis le Pieux nous montre que les petits, minores, infinniores, ne peuvent défendre leur tenure contre les usurpations des puissants ^. Nous voyons encore parla constitution de l'empereur qu'un certain nombre de ces puissants étaient venus s'établir en Gaule avec leurs « hommes, » sans doute leurs recommandés et leurs serviteurs. Le gouver-
1. Prœc. de Hispanis (!<"• janvier 815) « si quispiam eorumin partem quani ille ad habitandum, sibi occupaverat... in portione sua quani adprisionem vocant » (Boretius, p. 262). Prœc. pro Hispanis {W. juin 844) « infra eorum termines val eorum vilkas » (Bor., t. II, p. 259).