Borelius, t. I, p. IGD
3. Ihid., p. 263. « Hi qui inter eos majores et potentiores crant... eos qui inter illos minores et infirmiores erant. »
LES COLONIES AORICOLES 43
ncnicnt carolingien tint compte de ces différences sociales dans la distribution des terres. L'étendue des lotissements fut très variable. Nous trouvons mentionnée la simple porlio, probablement lespace qu'un seul homme pouvait cultiver; mais, dès 812 aussi, la vUla ^. Ici. les terres occupées sont assez considérables pour donner naissance à l'organisation du domaine. L'émigrant qui les reçoit ne cultive plus seul. Il lui est lîermis d'amener avec lui des travailleurs, libres ou non, de son pays ou de tout autre pays. C'est ainsi qu'un territoire qui comprend deux riUae est donné par Charlemagne à l'espagnol Jean. Celui-ci a fait Vadprisio avec ses hommes et cultive avec eux, comme le grand propriétaire frank avec ses tenanciers 2. H est probable que ces faits durent être fréquents. Les articles des constitutions de 815, de 814, relatifs à la culture de Vadprisio par d'autres que l'occupant, nous prouvent que celle-ci donnait naissance au grand domaine ^. Ils nous montrent aussi que les cultivateurs appelés par l'aprisionnaire étaient des hommes libres. Ils lui doivent des services, ils restent soumis à sa justice, au moins en matière civile; mais ils peuvent abandonner leur tenure, quitter la terre et changer de maître*. Nous
1. Borelius, t. 1, p. 169. « Aliquas villas quas ipsi laboraverunt. D
2. H. L., t. II, Qo 34. « Aprisionem fecit una cum suis hominibus. »
3. Dans un diplôme de Ciiarles le Chauve, une adprlsio comprend plusieurs villae. H. L., t. II, n° 144 (7 juillet 854).