‹ Questions d'histoire sociale et religieuseChapitre 41 sur 83 · T. II. Pièces juslillcaiives, p. 510. Paris · texte numérisé non relu

T. II. Pièces juslillcaiives, p. 510. Paris

2. Histoire du Droit français, t. IV, p. 411. Paris, 1852-1853.

3. Histoire du Droit et des lustitulions de la France, t. IV,

p. loi.

4. Les Origines de l'ancienne France, t. II, p. 419. Paris, 1893. — Notons en passant que Gonihaud, fondateur du monastère, n'a pas été, comme Je dit M. Flacli, archevêque de Bordeaux, mais évèque de Bazas.

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moines de Flcury. ^ L'abbaye dut se relâcher de sa dureté et la ville de La Réole ne tarda pas à participer à tous les privilèges dont jouissait la Gascogne i. » Ces déductions sont originales. Il est fâcheux pourtant qu'une lecture attentive de notre document suffise à les ébranlei'. Les coutumes de La Réole sontelles authentiques? Sont-elles même des coutumes? C'est à ces deux questions que nous voudrions répondre, en examinant, à notre tour, un texte dont l'autorité a été aveuglement acceptée de tous et dont la valeur, s'il est authentique, est d'un prix inestimable pour l'histoire locale de la Gascogne et les origines de la féodalité ou du gouvernement municipal dans le Midi.

Di£S le treizième siècle, le texte de ce document avait été inséré dans le cartulaire du prieuré. Ce cartulaire original est aujourd'hui perdu: nous ne le connaissons que par une copie du dix-huitième siècle. Mais Marca et Labbe s'en étaient servi. La première édition des ^ Coutumes, > reproduite par M. Giraud, paraît bien avoir été faite sur le texte primitif.

l. Il va de soi que tous les manuels d'histoire du droit signalent les coutumes de 977 comme les plus anciennes, sur la foi de Laferrière et de Giraud. Les historiens de la Gascogne, comme Monlezun, ou de La Rf'olo. comme MM.Dupin et Gauban, n'élèvent pas le moindre doute sur l'authenticité du document. M. Jarriand le fait figurer dans son tableau des coutumes du pays de droit écrit. Nouvelle Revue historique du Droit français, 1890, t. XIV, p. 77.

De nos jours, M. Gauban a donné une seconde édition d'après la copie i. Ces deux éditions ne présentent que des variantes insignifiantes. Elles méritent donc notre confiance. Telles que nous les possédons, « les Coutumes » sont bien celles qui, au treizième siècle, étaient connues dans le couvent; elles n'ont subi, depuis cette époque, aucune altération.

Nous devons d'abord examiner brièvement le recueil où ces « Coutumes » sont insérées.

Le cartulaire de La Réole a été publié dans les Archives de la Gironde, tome V, page 99-186 2. 11 contient 154 pièces comprises entre 977 et 1213 3. La valeur de ces documents est très inégale. Le rédacteur

1. Histoire de La Réole, 1873, p. 545 et suiv. L'édition de M. Gauban est fautive ; beaucoup de mots sont ma] transcrits. Nous suivrons ici, pour plus de commodité, le te.xte donné par M. Giraud avec les divisions qu'il y a faites.

2. La publication est très défectueuse. Les éditeurs ont daté beaucoup d'actes qui ne portent aucune mention chronologique dans le manuscrit. Quelques autres sont mentionnés seulement; on n'en donne pas le texte comme n'oifrant aucun a intérêt » pour l'histoire de La Réole. On ne publie pas des textes avec une pareille méthode. J'ai pu consulter moi-même le manuscrit aux archives municipales de La Réole et rectifier les inexactitudes ou réparer ces omissions. — Qu'il me soit permis, à celte occasion, de remercier ici M . le maire de La Réole des renseignements qu'il m'a donnés, de l'empressement et de la bienveillance de son accueil.

3. Le cartulaire ne contient qu'un document daté du treizième siècle (1213). Ce document lui-même paraît bien ajouté à une rédaction première. Mais cette rédaction n'est pas, dans tous les cas, antérieure à 1199. Dans un acte (p. 136), on parle de Richard comme déjà mort... Ciini uti-aquc jiars... tune lemjioris Uichardi, comitis Piclave... fuisset vocata. La composition du recueil peut donc être fixée avec vraisemblance à l'époque de Jean sans Terre, entre 1199 et 1215.

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du cartulairc a parfois copie iiitôgralomenl les aclis originaux quil avait sous la main. C'est ainsi que les bulles pontificales et surtout les chartes des évèques de Bazas ont été reproduites exactement. Souvent, au contraire, l'auteur n'insère que des anah'scs ou des notices assez courtes sans qu'on puisse en reconnaître l'origine. Complets ou non, ces actes sont transcrits sans ordre et presque toujours sans date. On ne trouve pas dans notre cartulaire cet essai de classement que les rédacteurs d uii grand nombre de cartulaires au treizième siècle ont tenté. En général, les chartes les plus anciennes sont insérées dans la première partie du recueil. C'est ainsi que les f Coutumes » et quelques diplômes de Gombaud et de Guillaume Sanche sont placés au début. Mais la règle n'est pas absolue. Nous trouvons à la fin même du recueil, enti'e deux actes datés, l'un de 1196, l'autre de 1213, une donation qui paraît beaucoup plus ancienne. Les mentions chronologiques sont également fort rares. A part la charte de fondation et les bulles pontificales, les documents datés avec précision appartiennent à la fin du onzième siècle, aux douzième et treizième siècles. En réalité, le cartulaire n'est qu'une compilation dans laquelle un moine du treizième siècle a inséré pêle-mêle documents originaux, notices, actes, extraits, relatifs aux droits divers de son couvent.

Voici qui est plus grave. L'auteur a transcrit, sciemment ou non, dans son recueil, un certain nombre d'actes assurément faux.

Cette remarque s'applique surtout aux bulles pontificales. Celles-ci sont au nombre de dix. La première, celle de Grégoire le Grand, est une approbation (le l'ordre de Saint-Benoît; huit autres sont des confirmations obtenues par l'abbaye de Fleury, depuis Grégoire IV i833) jusqu'à Eugène III (1146), et qui mentionnent presque toutes notre prieuré parmi ses dépendances; la dernière est ime confirmation pure et simple, attribuée à Clément II, des privilèges et des < Coutumes s de La Réole. Or, tous ces documents sont loin d'avoir la même valeur.

Les éditeurs des Regesta de Jaffé avaient déjà reconnu la fausseté de la bulle de Grégoire IV (833)^; nous devons rejeter également les bulles de Benoît Vil (980), de Grégoire V (996), d'Alexandre II (1072)2, admises jusqu'ici comme authentiques et qui ne peuvent cependant être séparées de l'acte faux de Grégoire IV qui leur a servi de modèle. La première reproduit, quoique dans un ordre différent, mais dans les mêmes termes, les privilèges concédés. Elle est adressée à l'abbé Richard de Fleury. Or, en 980, l'abbé était mort. Un diplôme de Louis V nous permet d'affirmer que, depuis 979 au moins, l'abbaye était gouvernée par son successeur, Amalbert ^. Les bulles

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