‹ Questions d'histoire sociale et religieuseChapitre 49 sur 83 · Pertz, Le(/es,t, I, p · texte numérisé non relu

Pertz, Le(/es,t, I, p

Les mots dont on se sert alors pour désigner les seigneurs d'un comt«5 ou d'un duché féodal sont assez divers. En Gascogne, dans les actes du onzième siècle, ils sont nommés proccrcs, milites, jiohilcs, ou bien encore sonores, optimates, principes, possessorcs loci^. Les coutumes de Bigorre ne les appellent pas autrement. Le mot baro désignant un seigneur ayant souveraineté et justice dans ses domaines n'apparaît pas avant la fin du onzième siècle. Une des mentions les plus anciennes nous en est faite dans le cartulaire de Sordes. Nous le trouvons ensuite dans un acte de 1088, de Talèse, femme de Gaston IV de Béarn -. Au douzième siècle, les baroncs ont pris rang dans la hiérarchie féodale; ils figurent à côté des comtes, des évoques, des abbés, des vicomtes, prévôts, etc., dans les actes émanés des ducs d'Aquitaine. La mention des Barones terrae de la charte de Gombaud est toute naturelle si elle est du douzième siècle; si l'acte est de 977, elle est en contradiction avec les autres documents.

Nous pouvons faire, avec plus de justesse encore, la même remarque sur les mots fcudum,feudatarius,

1. Chartes de Bernard Tumapaler. Gall. Christ, t. I., Supp., p. 166. — Contumes de Bigorre, 1097. Giraud, ouv. cit., t. I. — Cartul. de Morlaas, consensu et consilio... omnium jirincipum^sub meo dominio degentium., 1079. — G. Cart. de la Sauve. Fol. 3 : rogavimus principein... cums erant niililes,.., et plus loin, quamplures 7iobiles regionis. Fol. 5 : cunctis reginuis nobilibus.

2. Cart. de Sordes, n" 10. Auriûla de Perros millier baro (sans date). Cf. Cart. de Talmond, p. 181, 215, actes de 1095, 1098.

hominium. Ce n'est pas qu'au dixième siècle on ignorât les rapports créés entre vassal et suzerain par le régime nouveau. Mais on les exprimait différemment. Jusqu'à la fin du onzième siècle, le fief conserve fréquemment son appellation première, le bénéfice, henefieimn. Ce mot se trouve trois fois dans le cartulaire de La Réolei; le mot fief, feudum, y fait son apparition dans un acte postérieur à 1095, à une époque où la langue a beaucoup changé -. Pendant la même période, la forme latine du fief commence à se répandre. Hésitante d'abord au dixième siècle, elle se précise au onzième. Mais ce n'est point le mot feudum ou feodum qui se trouve dans les documents, surtout ceux du Midi. Le terme fevum semble bien s'être généralisé; c'est au moins celui que l'on peut lire dans les actes royaux ou autres, les historiens, les chroniqueurs du onzième siècle s. De fevum, on commence également à composer un mot nouveau pour désigner les vassaux; celui de fevales, fevatorcs, qui

1. Arch. Mst. de la Gironde, t. V, p. 115, 121, 126, acles de la fin du onzième siècle. Beneflciurn est encore employé dans des actes d'Henri I" (1035 et 1058). Tardif, Cartons des rois p. 264, 272.

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