‹ Questions d'histoire sociale et religieuseChapitre 5 sur 83 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

passé une théorie des institutions ou des lois sociales, la science historique se formait, peu à peu, de ces afflux si divers. Elle prenait conscience à la fois de sa méthode et de son objet, et il a appartenu à l'un de ses derniers maîtres, Fustel de Coulanges, de lui tracer l'une et l'autre. Aucun historien n'en a donné une définition plus complète. Comme toute science, en effet, l'histoire a ses procédés, qui lui sont propres; comme toute science, elle a ses conjectures, ses probabilités, ses certitudes. Disons plus : de toutes les sciences, aucune n'est plus difficile, ni plus complexe; aucune n'exige un esprit plus étendu et plus souple. Nous pouvons observer directement ou provoquer les phénomènes nous ne voyons l'histoire qu'à travers le témoignage. La nature, tôt ou tard, nous laisse surprendre ses secrets. Mais que de mystères dans ce passé humain, et avec quelle ironie jalouse, il nous mesure les vérités qu'il nous permet de découvrir!

L'érudition est la pierre angulaire de l'histoire. Sans ce fondement, il n'est plus permis aujourd'hui de consti'uire l'édifice. Nous n'en sommes plus aux vastes systèmes ni aux synthèses rapides; nous en connaissons trop la fragilité. Des manuscrits patiemment déchiffrés et rétablis dans leur intégralité première, des documents recueillis, classés, analysés, comparés les

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