Arch. hist. de la Gironde, t. "V, p
allusion n'autorisent cette hypothèse? Que les moines aient produit au concile de Saintes une charte de l'évêque Gombaud les exemptant de toute juridiction, on le comprend. Mais on voit mal qu'ils aient rédigé les « Coutumes » pour s'affranchir de l'autorité épiscopale. Il n'y a dans les statuts aucun article relatif à la liberté religieuse du couvent. Ils parlent de la justice, du commerce, des fiefs, non des dîmes, des oblations, du patronage et des cures. Les évêques de Bazas ne paraissent avoir revendiqué que le pouvoir et les droits spirituels: ces droits sont précisément les seuls dont les « Coutumes » ne parlent pas.
Les redevances et les services ne pouvaient guère être contestés que par les seigneurs. Cherchons donc dans l'histoire de La Réole s'il n'est pas survenu quelque conflit enti'e les moines et les seigneurs du pays.
Nous possédons deux documents du Cartulaire qui nous montrent que le prieuré eut, en effet, à se défendre contre plus d'une usurpation. Le premier est un acte de 1103, dans lequel le vicomte de Bezeaume, Bernard, est obligé de renoncer à un tonlieu injustement perçu dans le bourg de Saint-Pierre de La Réole. Le prieur s'était adressé au duc d'Aquitaine pour obtenir la suppression de cet impôts. Le second est une plainte adressée en 1137 à Louis, duc d'Aquitaine et roi de France, contre un vicomte de Bezeaume qui avait enlevé au monastère les églises