‹ Questions d'histoire sociale et religieuseChapitre 59 sur 83 · Arch. hist. de la Gironde, t. II, p. 251 et .suiv · texte numérisé non relu

Arch. hist. de la Gironde, t. II, p. 251 et .suiv

même, ils sont placés sous la juridiction d'un prévôt qui représente le pouvoir ducal (art. 42). Comme délégué du duc, le prévôt rend la justice, assisté des jurais de la ville (art. 39, 40, 42), et l'on peut faire appel de ses jugements au sénéchal. L'administration de La Réole se trouve ainsi partagée entre l'officier royal et les bourgeois. Les seuls droits reconnus au prieur sont le ban du sel, la saisie des successions en tîéshérence qu'il partage avec les jurats. Il peut encore retenir des hommes pour garder le monastère et tout nouveau bourgeois doit lui être présenté. Mais les jurats lui ont enlevé les redevances qu'il percevait sur la vente et le marché; il a perdu la justice, le ban militaire. On voit combien le pouvoir des moines a été amoindri.

Il y eut donc, avant la fin de la première moitié du treizième siècle, une transformation profonde dans létat politique de La Réole, et c'est évidemment à ces changements qu'il faut rattacher la charte de Gombaud. Elle reste un témoignage des luttes que les prieurs et l'église eurent à soutenir pour maintenir leurs privilèges. Ces données nous permettent de chercher avec plus de précision les circonstances et l'époque de sa composition.

Il n'est pas douteux que, depuis Hem'i II, les relations entre le prieuré et les ducs-rois d'Angleterre n'aient dû parfois être im peu tendues. L'indépendance de La Réole, si étroitement unie à Fleui-y, la grande abbaye capétienne, devait porter ombrage aux princes anglo-normands. D'autre part, la création d'un sys-

tônic administratif plus régulier et centralisé devait porter atteinte à l'indépendance des juridictions seigneuriales. Le couvent n'eut rien à gagner à la politique étrangère et administrative des Plantagenets. Toutefois, il ne paraît pas que Henri II ait porté luimême la main sur ses privilèges. En 1163, le roi confirme aux prieurs le droit de lods et ventes, et aucun document ne nous signale son intervention dans les affaires du prieuré^ En revanche, quelques renseignements nous révèlent l'existence d'un conflit engagé entre Richard et les prieurs de La Réole, conflit dont le sujet semble très précis: la « justice ».

Xous devons ces détails à une enquête de 1232, faite sur l'ordre d Henri III, à la demande du couvent. Ce texte est très probablement perdu, mais D. Maupel qui le connaissait nous en a laissé une analyse^. Il nous iipprend que le prieur de La Réole ayant réclamé, comme seigneur de la ville, la juridiction séculière et criminelle, le roi d'Angleterre, fit examiner ses prétentions par l'archevêque d'Aucli, lévêque de Bazas et le

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