‹ Questions d'histoire sociale et religieuseChapitre 7 sur 83 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

rien ne doit être perdu, rien ne doit être altéré de leur parole. Ecoutons seulement; à mesure qu'ils passent, ils déchirent un pieu de cette ombre dont ils sortent eux-mêmes. Et voici que lentement, se prcc"sc, se condense tout ce p s é qu'ils évoquent. Une génération se lève, dans ses contours et son cadre, avec ses lois et ses mœurs, ses institutions et ses croyances, ce frémissement d'hommes qui ont pensé, travaillé, agi comme nous, toute une socicté qu'on croyait éteinte, rappelée à l'être, et en y entrant à notre tour, il semble que nous n'ayons jamais cessé d'en faire partie, ou que quelque merveilleux enchantement nous ramène, comme à la réalité vivante, au cœur même de cet âge disparu.

Mais l'histoire n'est pas seulement une résurrection; elle est encore une explication. Elle ne se borne pas à décrire la vie sociale; elle en cherche le mécanisme. Elle en veut suivre à la fois la formation ou les Iransformalions; elle en relie toutes les étapes, envisageant l'humanité elle-même comme cet homme unique, dont parle Pascal, qui grandit et apprend toujours. On l'a définie la science des Sociétés. On peut dire de cette idée qu'elle a été une des découvertes intellectuelles du dix-neu\'ième siècle. Elle s'est formée d'abord sous l'influence du positivisme qui a rétabli parmi nous cette notion de l'être social, duZwov ttoI'.tixov. si étrangement me-

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