PREFACE XI
connue par rindividualisme philosophique. Elle scst développée surtout sous linfUience de nos besoins, de nos idées nouvelles, qui ont reporté vei"^ le sort des masses tout l'intérêt qui s'attachait jadis aux grandes individualités. Il n'est que trop vrai que les sciences morales ne s'isolent jamais complètement de leur milieu. L histoire avait pu être ilynaslique, sous mi régime de gouvernement absolu; militaire et parlementaire, dans un temps où les questions de prépondérance et de li])erté politique agitaient l'Europe. Elle est devenue économique dans une génération où ces problèmes tendent à dominer tous les autres. Organisi.tion de TElat, régime du travail, de la production ou des échanges, répartition de la richesse, structure des classes, de la famille, de la prcprié'é... ncus trr.n p rtonsdans l'étude du passé toutes ces préoccupations de notre temps. Nous pensons bien quelles ont eu pour nos pères, l'importance qu'elles nous offrent à nous-mêmes, en tout cas, que le vrai rôle de la science est l'étude de ces forces obscures qui mènent le monde, de ces infiniment pe'.its, alvéoles imperceptibles où s'élabore, grandit, se modifie la vie matérielle, comme la vie morale des peuples. Qu'importent donc les récits des guerres? Nous nous attachons à leur résultat. Les luttes de l'agora ou les intrigues de la politique? Elles ne sont qu'un amusement assez futile. Les créations du génie?