‹ Questions d'histoire sociale et religieuseChapitre 72 sur 83 · Cf. Jbid., t. 1, p · texte numérisé non relu

Cf. Jbid., t. 1, p

LA MIU-RTK COMMERCIALE 213

riales: la gaude, la garance, le pastel, etc., à tous les bois employés pour la préparation de ces étoffes; 30 que les étrangers ne pussent ouvrir en France des ateliers de fabrication sans faire acte de bourgeoisie, résider, subir un apprentissage et payer une taxe au roi; 4» enfin, pour éviter la fraude, que toute société ou entente entre marchands étrangers ou fabricants français fût interdite. C'était assurément supprimer la concurrence. Philippe le Long fit droit à cette requête. Mais l'opposition des étrangers fut très vive. Ils réclamèrent à leur tour, essayèrent d'obtenir le retrait de cette ordonnance, répandirent même le bruit de sa révocation. Philippe V dut la confirmer en 1320 et rétendit à toute la France. Charles IV (16 juin 1324) renouvela ces règlements, détailla avec soin les articles frappés de prohibition et s'interdit à l'avenir d'annuler les privilèges accordés aux corporations intéressées i.

Ainsi, sur Tintervention des fabricants eux-mêmes, se formait mie conception nouvelle, plus étroite, plus égoïste, des échanges. Les associations industrielles, qui avaient lutté contre le monopole seigneurial au nom de la liberté, réclamaient un monopole au nom du bien public. Le privilège allait renaître, mais en se déplaçant. L'histoire connaît ces contradictions, car les principes se brisent tôt ou tard contre l'écueil de l'intérêt personnel. Toutefois, les plaintes des corporations fussent restées sans écho, si la royauté

Page 1