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détestables mesures moiiélaires, 1 ciionne prclèvenient sur les transactions ou le transit. Ils pressurèrent le commerce, espérant peut-être qu il était assez fort ou assez riche pour réparer ses pertes. En quoi ils se trompaient. Les variations continuelles de leur politique, ces alternatives entre des mesures de prohibition et de liberté, jetèrent un trouble profond dans les échanges. Le commerce d'exportation de la France fut ruiné. Un mémoire publié sous Philippe V, et que nous possédons, nous signale la décadence profonde de lindustrie nationale. La France recevait tout de l'étranger et ne lui cnvoj'ait rien. Tel avait été le résultat d'un système prohibitif imaginé par des légistes à court d'argent. Les résultats politiques furent plus malheureux encore; les Italiens nous chassèrent de la Méditerranée, les Flamands s'unirent à l'Angleterre. Cette question des laines fut la grande cause, sinon la seule, de la guerre de Cent Ans.
Le règne de Philippe le Bel marque donc uno réaction complète contre les idées du treizième siècle. Ces idées nous sont connues: d'une part, la décentralisation économique, de l'autre, le système des traités. Au quatorzième siècle, elles sont abandonnées et tout un système nouveau les remplace.
Il fallait d'abord, pour appliquer les mesures prohibitives que la roj'auté fiit le seul pouvoir appelé à légiférer sur les intérêts. L'idée de petits groupes, de seigneurs, de villes, traitant séparément, sans souci de l'ensemble, avait fait son temps. La centralisation
politique était accomplie par la réunion du Languedoc, du comté de Poitiers, de la Champagne. A des conventions particulières, variables de ville à ville, de seigneurie à seigneurie, devait succéder une législation générale qui s'imposât au royaume tout entier. Cette œuvre d'unité économique commence avec Philippe le Bel. Lisez ses ordonnances; elles s'appliquent à toute la France. Le roi règle l'établissement des douanes, accorde des privilèges, décrète des prohibitions. Ce n'est pas au domaine royal seul que s'étendent ces édits; c'est le territoire tout entier qui doit s'y soumettre. Voyez la requête des villes du Midi, en 1317. Narbonne, qui, moins d'un siècle plus tôt, avait conclu encore des traités particuliers avec les Italiens, remet à la couronne la défense de ses droits. C'est à la royauté désormais qu'appartient l'initiative des mesures économiques. Le conseil du roi a fait décider qu'aucun péage ne pouvait être établi sans la concession du souverain.
Le souverain seul réglera dans toute la France la condition des échanges. La législation commerciale est devenue l'attribution exclusive' de la royauté.
A l'économie politique féodale du treizième siècle succède donc une économie politique monarchique et nationale. Mais cette idée en amène une autre. Déjà perce nettement dans la politique de la couronne la volonté de s'affranchir du système des traités. Un principe nouveau s'annonce, c'est que le roi doit rester maître des tarifs. De là, la répugnance de Philippe le Bel à conclure des conventions. Dans
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celles même qu'il signe, il insère cette clause remarquable que le traité pourra être dénoncé au gré du roi. « Ces faveurs présentes, dit-il dans le traité de 130-1, doivent durer autant qu'il plaira à notre volonté. Mais quand nous voudrons révoquer ces concessions, nous de%Tons, six semaines avant, ou par lettre ou autrement, faire savoir notre intention... aux marchands qui ont contracté avec nous V » Mais est-ce vraiment un traité que ce contrat révocable à la volonté arbitraire d'une des parties? En réalité, c'est bien l'abandon du système des conventions, et avec lui disparaissent toutes les garanties fixées par le contrat, la réciprocité des droits, la réglementation des tarifs. Une conception différente se fait jour, c'est que le roi peut, comme il lui plaît, intervenir dans les échanges, les régler à son gré, abaisser ou élever les droits, fixer un maximum. C'est en vertu de ces idées que Charles IV, Philippe VI, Jean II fixeront les droits de douane, prohiberont ou autoriseront les exportations, créeront des monopoles. Le roi gouverne en un mot les intérêts comme il cherche à gouverner les consciences. 'L'absolutisme s'est imposé au régime des transactions et l'économie politique devient de la politique. Ce ne sont plus des traités, mais des ordonnances souvent oppressives et arbitraires qui régleront les rapports entre la France et l'étranger.
Ainsi se détruit peu à peu l'œuvre d'affranchis-