LA POLÉMIQUE RELIGIEUSE
que le pape dOcUire son ennemi, i — ^ Le pape nest jugé par aucun être humain, mais par Dieu seul, s — « Les rois doivent être privés de la dignité royale sïls osent s'insurger contre les décrets du siège apostolique. Et plusieurs rois et empereurs ont été excommuniés par les papes et déposés pvar ceux qui refusaient de communier avec un excommunié. » — Le pape est le Christ, c'est Dieu même qui a voulu qu'il eût le principat de l'Eglise. » — « Quoi d'étonnant, dit encore Bernold, que l'Eglise puisse juger les princes séculiers, elle qui, au témoignage de l'apôtre, doit juger les anges. :> On le voit; c'est le parti grégorien tout entier qui s'approprie les formules hautaines des Dictatus. La doctrine théocratique se précise et se répand à mesure que l'Eglise, délivrée des chaînes du féodalisme impérial, prend plus nettement conscience d'elle-même, non seulement comme force morale, mais comme société.
C'est aussi, et du même coup, l'idée démocratique qui se réveille dans l'histoire. Comment elle s'allie à l'ultramontanisme, comment cette alliance des doctrines ne fait que traduire l'entente qui s'établit dans les faits, entre le pouvoir religieux et les foules, ce n'est pas là une des moindres conséquences de la querelle. Contre cette hiérarchie de vassaux groupés autoui- de l'empereur. Rome n'avait pas de meilleur appui que les masses catholiques. Mais ces masses, ce n'est pas seulement au nom de son droit, c'est au nom de leurs droits qu'elle les soulève. Par une singulière contradiction, les théoriciens de la
monarchie papale, sont aussi ceux de la souveraineté j>opulaire. Ils dénoncent Henri IV à la fois comme un ennemi de l'Eglise et comme un tyran; ils ne lui reprochent pas uniquement ses sacrilèges, mais ses injustices. Ils justifient moins peut-être Grégoire, comme chef religieux de l'Eglise, que comme mandataire de la nation. « La royauté, dit Manegold, n'est pas de nature, mais de fonction... Empereurs ou rois ne tiennent pas leur pouvoir d'euxmêmes; nul ne peut se créer lui-même roi ou empereur; c'est le peuple seul qui les élève. » Qu'est donc le fondement de la puissance royale? Un pacte: l'accord conclu entre le prince et les sujets dans un but de défense commune. Mais tout pacte suppose des engagements réciproques et des sanctions identiques. L'infidélité est un crime; mais l'oppression en est un autre. <: Le peuple n'élève pas le roi pour lui donner la faculté d'exercer la tyrannie, mais pour être défendu contre la tyrannie des autres. » Donc, toute partie qui viole le pacte, autorise l'autre à le dénoncer. Le roi légitime peut punir le sujet rebelle par la confiscation; mais le peuple peut chasser le roi injuste par la révolte. « Si celui-ci s'évertue non à gouverner, mais à détruire la justice, à ruiner la paix, à violer sa foi, celui qui a prêté le serment est libéré du serment, et le peuple, libre de déposer le prince pour en choisir un meilleur. » Toute la théorie du droit populaire est formulée ici contre le droit divin et féodal des rois. Dans leur désir de justifier la déposition d'Henri ou la rupture du
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lien de fidélité, si ivspecté et si puissant, les pul)licistes ont posé des principes qui vont survivre au nn^yen âge et que le triomphe du droit rcMiuiin et de l'absolutisme rie réussiront pas à supprimer.
Ou ne peut être surpris (piune telle doctrine ne prépare guère de compromis. Mais à la fin du onzième siècle, riieure n'élait pas encore aux Iransanctions, et, à son tour, le parti impérial ne formulait pas avec moins d'àpreté ses intransigeances, lùil-ir un système aussi précis que celui de ses adversaires? Le très petit nombre de ses écrits que nous possédons rend assez difficile la réponse à celte question. Des affirmations de ses publicistes, il est permis cependant de dégager une théorie à la fois du pouvoir royal et du pouvoir ecclésiastique.
Que le Christ ait uni en sa personne les deux puissances, royauté et sacerdoce, de cette idée, ils ne doutent pas. Les défenseurs de l'impérialisme, pas plus que leurs adversaires, ne rêvent de séparation possible entre l'Etat et l'Eglise. A vrai dire, moins qu'eux encore^ ils n'entrevoient cette 'distinction. La société dont ils parlent est : le peuple chrétien, « et, dans ce peuple, la toute-puissance quils réclament est celle de l'empereur. Sur cette primauté, aucun débat possible. La royauté a été voidue, créée par Dieu; elle est une délégation, un ministère d'en haut. Le Christ lui-même l'a confirmée. Ecoutez ces paroles: « Rendez à César, ce qui est à César..., qui résiste à la puissance, résiste à Dieu. » Elles veulent dire qu'à la sujétion universelle, nulle exception n'est légitime.
Il faut obéir au prince même s'il opprime, à la loi, même si elle est injuste. Que parlons-nous du droit des sujets? Ce droit ne peut les délier du serment de l'obéissance. Des droits antérieurs ou supérieurs de l'Eglise? Mais elle-même tient du prince tous les attributs d'une collectivité, celui de posséder, de faire la loi, de contraindre et de punir. « Aux débuts de la foi, les églises ne possédaient rien que de quoi vêUr et faire vivre leurs ministres, ce qui leur suffisait; ;> ce sont les donations royales qui ont constitué leur patrimoine. Quel mandat le sacerdoce a-t-il donc reçu pour déposer le roi? Le tient-il du Christ qui n'a prêché que l'obéissance? des apôtres, des Pères qui n'ont cessé d'être soumis aux empereurs, païens ou licrétiques? Samuel a prié pour Saûl; saint Pierre, pour Néron. Le Seigneur lui-même a accepté la pire des tyrannies, celle de Pilate qui la injustement jugé et crucifié. Or, « si nul des saints, des prophètes, des apôtres n'a osé 'jadis condamner ou déposer une puissance royale ou impériale, même injuste, même impie, même hérétique, - qui peut s'arroger ce droit? « Ce qui est nouveau, dit Wenric de Trêves, ce qui est inconnu de tous les siècles passés, c'est de voir les pontifes vouloir si aisément diviser les roj'aumes, déraciner le nom de rois, ce nom que l'on découvre dans les origines même du monde, que Dieu plus tard a affermi, de changer, à leur guise, les Christs du Seigneur comme des vilains. »
Des Christs! C'est sous ce terme en effet qu'il convient le mieux de se représenter la puissance
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royale La royiuiié est parnalure une [onction, elle est aussi un sacerdoce. Le "i^rince est sacré: il a reçu l'onction sainte. Par là, il nest pas seulement le chef du corps chrétien, niais la « tète de FP^lise. » Il la protège, il la fait vivre. A son tour, il est un ministre de Dieu. - « Si l'Eglise manquait de ministère des princes, elle perdrait tout domaine terrestre. Par suite, il la dirige et rien de plus légitime. Cette intervention s'exerce d'abord dans le choix de ses ministres, c S'il est nécessaire que le peuple prenne part à l'institution de l'évêque, combien, à plus forte raison, le chef du peuple, le prince^ ne i:eut-il en être écarté! :> Or ,cet assentiment s'étend à la dignité pontificale elle-même et se donne en échange des pouvoirs temporels qui lui sont reconnus; depuis Constantin, lempereur confirme le jiape. II se traduit encore par le don de l'anneau et de la crosse. Que sont, en effet, les biens ecclésiastiques, sinon une dotation du prince? et de qui l'évêque peut-il les tenir, hormis du prince qui les donne, les conserve et les défend? 11 simpjse enfin dans le serment qu'évèques ou abbés doivent à l'empereur. Mais qui ne v.iit qu'en raison même des droits qu'ils possèdent, cens, justices, seigneuries, eux-mêmes ne sont que des vassaux. « Le chef de l'Eglise qui a reçu le serment de fidélité des chevaliers que lui accorde la donation royale ou impériale, doit lui-même au roi ou à l'empereur leur fidélité comme la sienne. » Soutenir ces doctrines n'est pas une hérésie: c'est se conformer au contraire à la tradition ecclésiastique,
2o2 QUESTIONS D HISTOIRE
à la véritable doctrine du Christ et des Pères. Ceux-là seuls sont des docteurs de nouveautés qui sont les fauteurs de discorde. Ils rompent à la fois l'unité et la paix en portant atteinte aux prérogatives de l'empereur.
En se prétendant les défenseurs dune tradition, les partisans d'Henri IV ne faisaient qu'affirmer un fait d'histoire. Seulement, cette tradition n'était plus celle de l'Eglise; si elle remontait au christianisme primitif, elle s'appuyait plus encore sur la conception des empereurs du quatrième siècle, sur celle, plus récente, que Charlemagne avait restaurée. Le César qu'ils rêvent, maitre de la vie spirituelle et de l'autorité publique, vrai délégué de Dieu et chef irresponsable dans la conduite du peuple chrétien, est leur héritier. Ce qu'ils maintiennent, en l'aggravant, cest tout le système politique et religieux continué à Byzance et retrouvé en 800, pour l'Occident, sans se renare compte que cette confusion faisait naître le conflit et que la querelle était en germe dans l'excès même de l'unité. — Plus originale est leur conception de la puissance ecclésiastique. Ils ne prétendent pas seulement la limiter par l'Empire, mais par l'Eglise, et il est piquant de voir qu'après avoir restitué tous les droits à l'empereur, ils ne songent qu'à enlever au pape toute son autorité.
Cette limitation du pouvoir papal, ils ne la cherchent pas, comme on le fera plus tard, dans un gouvernement représentatif de l'Eglise. Aucune idée ne leur est plus étrangère. Ils craignent autant sans doute
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les assemblées ([u un hoiniiie, et nulle part ce droit supérieur des conciles n'appuraît dans leurs écrits. Mais le plus fougueux de leurs écrivains, Beno, nous laisse entrevoir dans ses deux lettres -c contre Hildebrand ■> le sentiment secret des dissidents : soumettre la puissance papale au contrôle des cardinaux, évèques. prêtres ou diacres de Rome. S'il se prononce, par exemple, pour la nullité de lélcction de Grégoire, cest qu'elle n'a pas été faite par un vote régulier des cardinaux, mais imposée par le peuple. 11 disting\ie le pape et l'Eglise romaine, le pontife, * du siège de Pierre. Or, l'Eglise romaine nest précisément que le corps indissoluble de révêcfue de Rome et de ses conseillers, et c'est ce pmvoir collectif qu'il faut entendre par le siège de Pierre « par lequel et avec lequel (le pape) enseigne... par lequel et avec lequel il confirme ou il réprouve, sans la suscription duquel toute sentence même publique du fKDntife souverain est frappée de nullité. » On devine l'application de ces principes dans le débat soulevé. Toute mesure personnelle de Grégoire, non revêtue de l'approbation unanime des cardinaux, est illégitime. S'il a excommunié l'empereur, c'est « sans la volonté et le conseil des cardinaux; » aucun d'eux n'a souscrit à la sentence. Sa vie même est suspecte, puisqu'il a écarté de sa personne et de ses conseils ceux qui devaient le surveiller. La séparation qui s'est faite dans le Sacré-Collège, où treize cardinaux, et parmi eux les principaux, le chancelier, le bibliothécaire, l'archidiacre, se sont ralliés
au parti impérial, condamne à l'avance tous les actes du pontificat et légitime le schisme. En fait, avec l'élection de Guibert de Ravenne, et conformément à ces idées, la faction comptait s'emparer du gouvernement de l'Eglise. Ce n'est point par des conciles, par des assemblées, qu'elle se flatte d'établir des libertés et un contrôle; elle s'attribue à elle-même la primauté qu'elle enlève au pape. C'est déjà la formule, l'application d'un système qui reparaîtra trois siècles plus tard et qui ne tendra à rien moins qu'à confisquer la papauté au profit d'une oligarchie de cardinaux.
On voit donc, et sur la nature du pouvoir impérial et sur celle du pontificat, les affirmations contraires qui se heurtent: d'une part, dans les dictatus papae comme les écrits grégoriens, une conceplion très nette de la théocratie et de l'absolutisme papal; d'autre part, dans les pamphlets de Beno ou les déclarations des impérialistes, comme Vorthodoxa defensio, l'apologie de la monarchie universelle confiée aux mains de l'empereur allemand. Entre ces prétentions rivales qui ne pouvaient disparaître, un accord était nécessaire. Etait-il possible? Dès le début même de la lutte, un grand nombre d'esprits sages le souhaitaient, et c'est l'honneur des hommes et des écrivains du tiers parti de l'avoir préparé.
S'il y a en effet un parti grégorien qui réclame la suppression totale de l'investiture, la suprématie sans réserve du sacerdoce, s'il y a un parti impérial favorable au maintien des abus et de l'ordre existant.
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ù lu sujétion du clergé cl ilu pape lui-même à Icmpcreur. on voit naître aussi une autre forme de l'opinion, plus modérée, plus souple, prête aux transactions quelle juge inévitables. Celle-ci se forme déjà dans celte question de la simonie et des ordinations, où elle pan'ient à faire écarter les solutions intransigeantes. Mais ni la retrouve encore dans les premières querelles qui s'élèvent sur linvcstiture et l'excommunication de l'empereur. Elle est moins alors une doctrine qu'un sentiment; elle ne se prononce pas sur un système, mais sur des actes. Elle reconnaît la légitimité de Gi'égoire, mais elle s'effraye de sa conduite. Elle se demande, comme nous l'apprend Bonizo, en vertu de quel droit le pape a osé excommunier ou déposer l'empereur? dans quelle mesure il est permis à ses partisans de déchaîner la guerre civile? Et si la condamnation des investitures était légitime, lapplication du décret était-elle toujours heureuse? Etait-il juste de proscrire impitoyablement en Allemagne, ce qu'on tolérait en d'autres pays? Et la conduite de Grégoire contre Henri IV était-elle pure de haine? Ces scrupules, ces hésitations que combat l'auteur du Liber ad amicinn étaient pourtant le premier éveil de ce parti de la paix qui songeait plus à un accord des deux grands ennemis qu'à la victoire de l'un des combattants.
Ces sentiments qui flottaient dans les esprits, inspiraient déjà des attitudes. Il serait très inexact de penser (jue l'Allemagne, comme l'Italie, fût partagée seulement entre deux partis irréductibles. Beau-
coup de dignitaires ecclésiastiques, évêques ou abbés, se flattaient de n'embrasser ni l'un ni l'autre, ou plutôt étaient de l'un et de l'autre, alternativement, par accès, ce qui est une manière de neutralité. Tel cet évêque de Verdun, Thierry, un des hommes les plus illustres de son temps, administrateur excellent non moins que chef religieux irrépréhensible, qui enrichit son diocèse et le réforme, et ne veut pas se séparer de Rome, tout en restant fidèle à l'empereur. Il se rend à la cour d'Henri excommunié, mais il la quitte à la hâte pour ne pas s'associer à une excommunication du pape. S'il assiste au synode de Mayence où Grégoire est déposé par les évêques impérialistes, il se rétracte bientôt j finalement, il meurt dans la communion de l'Eglise romaine. Ces inquiétudes, ces contradictions que Grégoire redoutait, n'ont dû être bien souvent que les scrupules de consciences honnêtes, incertaines, non sur le droit, mais sur le devoir, angoissées devant le spectacle des maux "déchaînés dans leur patrie par l'effroyable lutte. Gomme toujours, ces partisans des idées moyennes ont adopté cette attitude, moins par spéculation que par tempérament. Ils ont compris que la paix était encore le premier des biens, que les intransigeances doivent se concilier, que l'impossibilité de supprimer les forces contraires en présence oblige à faire à chacune sa part. Comme toujours aussi, traités en suspects, accusés de versatilité ou de faiblesse, ils ont été des méconnus ou des dédaignés, tolérés à peine par le parti aucjucl ils
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se rattachaient; et finalement, ils ont eu raison contre tous, parce que l'histoire n"est qu'un compromis qui se défait et se renouvelle toujours.
Cette transaction ne pouvait se trouver que dans une analyse des éléments divers qui composaient le pouvoir épiscopal. Le féodalismc avait conçu < révèché » comme une unité, une masse, comprenant à la fois les fonctions et les biens, conférée comme un fief en échange du serment et de l'hommage. En maintenant cette conception, la papauté avait revendiqué pour l'Eglise seule le droit de conférer l'investiture. Il y avait là une confusion. L'cévèché ï n'était pas un organisme simple. L'évêque n'était pas seidement le chef religieux du diocèse, mais aussi, presque partout, un des dépositaires de la puissance publique. Le patrimoine ecclésiastique ne se composait pas imiquement des terres données par les fidèles, des offrandes ou des dîmes, mais encore des droits régaliens, des justices, des impôts concédés par le roi. Evéques ou abbés commandaient les armées, administraient des territoires. Ils gouvernaienl les intérêts et les consciences; en eux se confondaient deux pouvoirs distincts par leur origine, leur nature, leur action.
Il fallait ^ dissocier 3 cet élément. Or, un tel travail ne se fait qu'à la longue et surtout ne s'impose aux partis qu'avec le temps. Ce n'est pas une des pages les moins curieuses du livre de M. Mirbt que celle où il nous montre l'origine du compromis qui devait triompher à la fois en Germanie, en France et en
Angleterre. Et il est intéressant de signaler que lïdée en vint d'abord aux partisans les plus modérés de l'empereur. Gui de Ferrare est le premier de nos auteurs qui l'ait entrevu. « Tout ce qui relève du ministère épiscopal, dit-il dans son de Scismate, est spirituel, d'origine divine. Ainsi le pouvoir divin ne saurait être soumis à la puissance de l'empereur. Mais le droit de justice, les privilèges concédés aux églises par les princes et les séculiers, les domaines, les biens, les régales... forment le temporel et doivent être conférés par les séculiers. î Assurément, cette analyse est encore incomplète; le droit de propriété ne saurait être du même ordre que l'exercice de la puissance publique. Mais la distinction entre le jus saecuîare et le jus divinum est faite. Elle sera reprise par Beno contre les prétentions contraires du parti réformiste, et elle devait s'imposer tôt ou tard comme marquant une conception plus profonde, plus exacte, des rapports entre l'Eglise et l'Etat. Proposée alors par les ennemis de la réforme, elle n'avait aucune chance d'être accueillie. Il fallait à ces idées une autre voix. C'est en France que se forme vraiment, aux débuts du douzième siècle, le parti qui prépara la paix religieuse par un accord entre le pouvoir civil et la papauté.
Nous regrettons que M. Mirbt n'ait pas mis un peu mieux en lumière ce rôle des écrivains et de l'épiscopat français dans la polémique religieuse du onzième siècle. Si les doctrines, les solutions radicales proposées par Grégoire et Urbain II, avaient trouvé