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Le gouvernement n'a jamais voulu prendre ce parti déci

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lie du chemin de fer déjà construite et même l'exploiter, si elle en vaut la peine ; mais je crois qu'il faut attendre des temps plus prospères pour le pousser plus loin et qu'il faut laisser aux générations de l'avenir le soin d'exploiter le commerce du Soudan occidental.

Si l'on entrait dans cette voie politique et sage, on ferait bien du même coup de diminuer autant que possible le nombre des postes du fleuve et de la côte d'Or, à cause de leur insalubrité, de ne développer, pour le même motif, notre établissement du Gabon que dans la mesure indispensable et de tâcher de vivre en bonne harmonie avec les gens du pays. Cela nous serait facile, en nous montrant moins ombrageux dans nos relations avec les indigènes et en n'intervenant dans leurs querelles que pour les apaiser. Nous éviterions ainsi ces expéditions meurtrières qui se sont si fréquemment renouvelées, depuis quelques années, au grand détriment de notre commerce et de nos véritables intérêts. On pourrait ainsi réaliser des économies sérieuses et les appliquer au développement du point le plus important de la colonie. Dakar, par sa position au sommet du triangle que forme le cap Vert, par son accès facile et la sûreté de son port, est devenu le point de relâche des paquebots des Messageries maritimes. C'est la tête de

sif. Depuis 1886, les colonnes expéditionnaires continuent à effectuer chaque année leur funèbre voyage, celle de 1890 a dû partir dans les premiers jours de septembre, malgré les inondations.

ligne du chemin de fer du Cayor et le centre de la station navale^ On y a créé un dépôt de charbon et fondé les établissements les plus indispensables; mais il reste encore beaucoup de travaux à exécuter pour que les nombreux navires qui y font escale trouvent le moyen de se réparer et pour qu*on puisse y transporter le chef-lieu de la colonie, ainsi que tout le monde le désire, Saint-Louis n'étant accessible qu'aux navires d'un très faible tirant d'eau et lorsque la barre est praticable. Je n'ai rien dit du Congo français et de l'entreprise que M. de Brazza poursuit depuis dix ans, parce que son œuvre, ainsi qu'il le déclare lui-même, est encore à l'état embryonnaire ; mais toutes les sympathies du pays doivent être acquises à ce courageux explorateur, qui n'a jamais fait appel à la force, qui par sa patience et sa douceur est parvenu à nous concilier la sympathie et la confiance des populations et à nouer avec elles des relations qui pourront un jour être utiles à la prospérité de notre pays.

Si la nécessité d'une conduite prudente et d'une sage réserve s'impose à la côte occidentale d'Afrique, elle est bien plus indispensable encore à la côte orientale. Nous n'y possédons, il est vrai, que quelques petites Iles malsaines et sans importance : Sainte-Marie, Mayotte et Nossi-Bé; mais nous y avons de grandes convoitises. Madagascar nous attire et maintes fois déjà la pensée nous est venue de nous en emparer. Elle n'est peut-être pas encore complètement écartée, car nous venons d'étendre notre protectorat sur tout le groupe des Comores. Or l'occupation de la

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grande île africaine serait, pour notre pays, une entreprise bien autrement sérieuse que nos expéditions du Niger. Madagascar est un des points les plus insalubres du globe. Le massif montagneux qui enferme le centre est entouré par une triple zone de forêts impénétrables, de marécages et de palétuviers. Tous les Européens qui séjournent sur le littoral contractent la fièvre. C'est l'ennemi contre lequel nous avons à lutter dans toutes nos expéditions. La dernière vient de nous prouver une fois de plus à quel point la côte est malsaine. Nous n'y avons pas perdu beaucoup de monde, mais presque tous les hommes qu'on a débarqués ont été malades. Il fallait incessamment les envoyer se refaire à la Réunion ou les diriger sur la France, et ceux qui les remplaçaient contractaient la fièvre à leur tour. Ce serait bien autre chose, s'il s'agissait d'une grande expédition dans l'intérieur de l'île. Les hauts plateaux du centre sont très probablement salubres, comme tous les points élevés; mais pour y parvenir il faut traverser la zone palustre du littoral. Il n'y a point, à Madagascar, de cours d'eau navigables qui permettent à des troupes d'arriver au centre du pays, comme au Sénégal, en Cochinchine et au Tonkin. Il n'y a pas de roules pouvant livrer passage à un corps d'armée. A l'époque où je m'y trouvais, il était défendu sous peine de mort d'en établir de la côte vers l'intérieur. Je ne sais s'il en est encore de même, mais^ aujourd'hui comme autrefois, les communications ont lieu par des sentiers tracés dans les forêts, et les transports se font à dos

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d'hommes. Ce serait donc une laborieuse entreprise et dans laquelle il ne faudrait pas s'aventurer à la légère. J'ai été comme un autre, plus qu'un autre, fanatique de la conquête de Madagascar. Cette entreprise était la chose la plus simple et la plus naturelle du monde, aux yeux de tous les officiers qui ont pris part h l'occupation de Mayotte et de Nossi-Bé. Lorsque nous étions réunis dans la paiilotte du commandant particulier de la dernière de ces îles, et qu'il nous exposait son plan pour marcher sur Tananarive, par le pays des Antankares, personne ne faisait d'objection et nous étions prêts à nous mettre en route; mais l'âge et l'expérience sont venus montrer aux jeunes enthousiastes de 1841, la difficulté de réaliser ces • rêves qu'on fait quand on a la fièvre et qu'on a vingt ans.

La grande lie malgache coûterait bien des millions et bien des milliers d'hommes, avant de se laisser conquérir. Les Hovas le savent bien. En 1846, lorsqu'on apprit à Ranavalo-Mantjaka que les Français s'apprêtaient à diriger contre elle une formidable expédition : « C'est bien, répondit la reine, je leur enverrai le général Tako » ( c'est ainsi qu'on nomme la fièvre en langue malgache). Le général Tako est toujours là. En donnant à l'expédition des proportions suffisantes, nous parviendrions, sans nul doute, à nous emparer de Tananarive et à nous y maintenir; mais on n'occupe pas une île grande comme la France, dont le centre est difficilement accessible et dont le littoral est inhabitable, en présence d'une population

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