PRÉFACE. VII
On pourrait étendre eeB observations.
J'en ai dit assez pour faire voir comment l'esprit du gouvernement politique , sans cesse renouvelé , sans cesse agissant , soit à travers chaque régime et pénètre de son influence les affaires contentieuses de Tadministration , et avec quelle inépuisable et prodigieuse variété de caractères et de formes, ces affaires 86 succèdent , s'éteignent et se reproduisent depuis la naissance de la révolution. Grande étude, féconde en instruction, et digne à la fois sous ce rapport, des investigations laborieuses du jurisconsulte et des méditations de l'homme d'État !
Il y a en résumé, une matière administrative à régler, comme il y a une matière judiciaire.
Cela posé, il faut pour cette matière, comme pour l'autre des lois , un corps de doctrine ou de jurisprudence , une procédure , et des juges.
Un mot sur ces quatre choses :
La législation administrative n'est guère qu'un entassement incohérent d'articles, où tout est mêlé, ce qui est de principe et ce qui est de règlement, ce qui est transitoire et ce qui est définitif, ce qui est des choses et ce qui est des personnes. La plupart de ces lois , nées parmi les impuretés de nos troubles , ont péri sans abolition formelle et par leur propre infamie. Elles se commentent sans s'expliquer, eUes se contredisent sans s'abroger, elles se rapportent sans se suppléer. Le bulletin, où elles sesontpéle-méle engoufirées, est commeun vaste arsenal qui fournit des armes à tous les partis, à tous les intérêts, à tous les sophismes. Enfin, l'application de ces lois est d'autant plus difficile , qu'elles sont saturées de principes politiques qui ont sans cesse changé, et que le but qu'elles se proposaient d'atteindre, a été continuellement déplacé ou même renversé par le triomphe et la défaite de tous les systèmes de gouvernement.
A son tour , la législation du régime représentatif n'a que trop souvent le défaut d'une délibération emportée au milieu des passions tumultueuses de la tribune. Souvent de prétendus amendemens, improvisés avec étourderie et adoptés par acclamation, bouleversent toute l'économie de la loi, et ne se trouvent plus en rapport , soit avec son principe , soit avec les articles qui les Miivent ou les précèdent , ce qui fa|t que la loi est sujette à manquer d'unité dans son ensemble , de clarté dans sa rédaction , de généralité dans ises effets , d'efficacité dans ses moyens , et de prévoyance dans son but.
Le complément de ces lois , c'est la jurisprudence. Mais trop