LA PRISE
Ici point de doute, point d'équivoque, bien entendu quand les assureurs n'ont pas excepté de leur garantie les risques de guerre. La prise, c'est la dépossession de la chose, des marchandises aussi bien que du navire. Le droit au délaissement naît du fait même de la prise.
Il faut cependant qu'au moment où l'assuré exerce son action il soit vraiment dépossédé et n'ait pas été remis en possession de sa chose. Un navire peut avoir été capturé et être rendu libre quelques heures ou quelques jours après, soit qu'il ait été délivré par un bâtiment de guerre de sa nation, soit que le capitaine ait reconnu son erreur, ait accepté une rançon, ait fui ou ait fait naufrage. L'assuré qui, alors que la chose serait entière et en sa possession, prétendrait au délaissement sous prétexte d'une cap-
ture de quelques heures, aurait évidemment une prétention absurde et inadmissible.
Je n'en dirai pas davantage sur ce point. Les guerres maritimes sont devenues si rares que ce serait allonger inutilement mon travail.