DEVANT LE PARLEMENT D'ANGLETERRE
Les débats qui ont eu lieu en i862 en France, au sein du Corps législatif, en Angleterre, dans les deux Chambres du parlement, au sujet des blocus décrétés par les États-Unis du nord de TAmérique contre les côtes, ports, rivières, etc., des États confédérés du Sud, nous ont paru de nature à appeler l'attention des hommes politiques, à quelque nation qu'ils appartiennent. Cette étude était d'autant plus nécessaire, que la guerre qui divisait alors les deux républiques de l'Amérique septentrionale était la première guerre maritime qui eût sérieusement troublé les relations commerciales du monde depuis près d'un demi-siècle; qu'elle était la première qui eût éclaté depuis que le congrès de Paris, dans sa déclaration du 16 avril 1856, a posé quelques-uns des principes destinés à régler les rapports des belligérants avec les neutres. Tous les peuples navigateurs avaient donc un intérêt puissant à examiner comment les grandes puissances comprennent et appliquent les règles proclamées par la réunion des principaux États de l'Europe. Il s'agit, en effet, de savoir si, comme toutes les nations l'ont pensé, la loi internationale a réalisé un progrès véritable, dans le sens de la liberté, en rendant impossible,
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en partie du moins, le retour des malheurs qui obL autrefi accablé les neutres; ou si, au contraire, malgré les stipulj tiûus d'un traité solennel, signé par les représentants de scj grandes puissances, accepté par presque toutes les autres, < peut encore craindre de voir se renouveler les excès comii contre les nations pacifiques et indépendantes pendant la guerres qui ont marqué les quinze premières années ( siècle.
Dès le-coramencemeuL des hostilités entre les deux fri| tiuus de la république américaine, les États-Unis du Nord c notifié le blocus de toutes les côtes, ports, havres et rivifen des États confédérés du Sud, sur l'Océan et sur le golfe Mexique. Cette mesure, qui frappait une côte de 3,000 c d'étendue, causait le plus grand préjudice au commerce neJ tre ; elle frappait surtout l'Augleterre et la France, qu'elle pa vait du coton, cette matière première indispensable à leii fabriques. Ce blocus était-il réel, effectif î II serait facile d'él blir que toute la marine fédérale, employée exclusivemeiU cette opération, n'eût pas suffi pour investir réellement I dixième partie de cette immense étendue des eûtes, despor^ baies et rivières qu'elle contient. Mais nous laissons c question de côté; ce qu'il nous importe de constater, dsj l'intérêt de tous les peuples maritimes, c'est lu manièrç doi la Grande-Bretagne et la France ont apprécié la mesure pij par le gouvernement de Washington j cette appréciation noi montrera comment les deux puissances interprètent la ( trième proposition de la déclaration de Paris, du 16 an ItJofi : M Les blocus, pour être obligatoires, doivent effectifs, c'est-à-dire maintenus par une force suffisante { interdire réellement l'accès du littoral de l'ennemi.
L'Angleterre, après avoir reconnu aux deuï partis le à des belligérants légitimes, proclama ^uii intention d'obstn une parfaite neutralité, et dès le 7 ujars 1861, lord Lyoïi sou ministre à Washington, signifia au cabinet américain qjÊ son gouvernement ue reconnaîtrait pas le blocus des ports q Sud, à moins que ce blocus ne fût complet et effectif. 1