‹ Questions de libelle, 1889 [microforme]Chapitre 15 sur 25 · I ’ilentre · texte numérisé non relu

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politiques.

It veut être ministre.

Que vers l'année 1877, le demandeur convoquait une assemblée danil les bureaux du Club Cartier, à Montréal, où il injuria l'honorable M. Mask son et l'honorable M. de Boucherville à propos du tracé de Terrebonnt£ pour le chemin de fer 4. M. O0. & O., dans le but de forcer l'adoption dif tracé par le Bout de l'Ile et Hochelaga, où le demandeur avait des terrainsk considérables qu'il avait achetés en spéculation. di

Que, dans ses écrits, le demandeur ne cessait de proclamer son aitachement aux principes et aux chefs du parti conservateur ; que, par exem:Î ple, dans la brochure “ Nos chambres Hautes,” mentionnée plus haut! il disait en 1880 : |

“ Cette constitution parfaite, ce complet rouage législatif, administrati{l “et judiciaire à l'opération duquel nous allions confier nos intérêts les plus “ chers, avec quelle sollicitude, quel zèle, quelle patriotique énergie Mes À “ sieurs Cartier, Taché, Langevin et Chapais, secondés en cela par la lar. F ‘“ geur de vues et l'esprit de justice de Sir John Macdonald, ne travaillèrent: Û “t-il pas à nous les obtenir !'avec quel ensemble, quelle union, la phalange À “ conservatrice n'en assura-t-elle pas l'adoption, lorsqu'ils furent soumis au “ vote de l’ancien parlement du Canada (page 11). |

>uve bin ont de Va

ire.

eur put min une que

“ Il n'y a que quelques semaines, la capitale de cette province offrait ! ous “au digne chef conservateur, le Très Honorable Premier Ministre du ous, “ Canada, un banquet ayant tous les caractères d’une grande démonstra. ui se ‘tion politique. Or, combien de sénateurs ont figuré dans cette impor- M Sér “ tante circonstance 2... : * “ À son tour Montréal vient de féter l'honorable Premier de la Pro. Miire, “ vince de Québec. Nous ferons encore pour lui la même question: Com- | lib “ bien de conseillers législatifs figuraient dans cette imposante demonstra- ASRous “ tion ? “de la

“# Naturellement, par cette remarque, nous ne voulons aucunement à “ diminuer la signification de ces témoignages si flatteurs en faveur des î “ chefs conserva 2urs, ni aucunement mettre en doute la popularité de sir “ John, pas plus celle de lhonorable M. Chapleau (p. 100).

# Il ne faut donc pas toujours tenir les chefs responsables de certains “ mécomptes Il y aurait, quelquefois, injustice à le faire.

“ __ Certes! le drapeau conservateur est, aujourd’hui, vailiamment et “ noblement porté !

“ Nos chefs fédéraux et locaux sont de nobles caractères, des hommes ! de cœur et d'intelligence; et nos destinées ne pourraient être confiées à de . ; plus habiles mains (p. 133).

Qu'en 1880, peu de temps après la publication de “ Nos Chambres Hautes,” le demandeur en personne requit M. Montplaisir, député de Champlain, de faire signer par ses collègues une supplique aux chefs du

emblée dan& ble M. Mi Terrebonne | adoption du k des terrainsk

uvernemient conservateur d'Ottawa, priant Sir John de prendre dans son Bbinet un sénateur canadien-français, et que pou: lui être agréable, le dit ontplaisir fit signer une supplique à l'effet ci-dessus par M.Vanasse, député M Yamaska, les autres députés auxquels il £’adressa ayant refusé de le ire.

Que vers la mêine année, 1880, et après jusqu’en 1883, le demaneur prépara et fit préparer des lettres aux ministres français à Ottawa il remit ou fit remettre à des intimes pour les faire signer par des éputés et des amis du parti, dans lesquelles il se faisait recommander bmme ministre français, ainsi que le tout apparaît p.. au long en référant une copie des dites lettres, écrite par un des employés du demandeur,

1er son aita.l e, par exem:l e plus haut!

dministrati{h

rêts les plus quelle se lit comme suit:

nergie Mes-

par la lar.h “À L'HONORABLE M. LANGEvIN

availlèrent L Ministre des travaux publics.

la p halange # Monsieur le Ministre,

soumis au M

“ I se fait, dans notre province, un mouvement anquel il ne ous est pas permis de rester indifférents, Vous en connaissez mieux que

ince offrait

linistre du "ous, sans doute, la force et l’objet : nous voulons parler du désir général, démonstra. ui se manifeste de voir le successeur de | Honorable M. Masson chosi dans tte impor- “1 Sénat.

“ Or, comme une haute question de principe est en jeu dans cette af- Aire, nous croyons ne pas devoir y rester étrangers. Nous prencns donc a liberté de vous soumettre les considérations suivantes ; et en le faisant, ous croyons être les interprètes fidèles de l’immense majorité des h. oitants e la Province de Québec :

“1o. Les Chambres Hautes sont dans notre système de gouvernement, l'élément conservateur par excellence’ Pour les maintenir, il faut leur garder tout leur prestige, leur autorité, leur efficacité. Or, privées d’une légi-

lime portion de l'influence et du pouvoir administratifs, elles tombent bienôt dans l’insignifiance ; et leur amoindrissement amènera infailliblement eur abolition. Nous ôsons donc vous représenter qu'il faut conserver le brincipe d'une plus juste rétribution du pouvoir administratif entre le $Sélat et les Communes.

s hommes 4 “20. La population de la Province de Québec ne peut consentir plus EN bngtemps à n'être pas réprésentée ofliciellement par un membre du gou- 1 ernement dans la plus Haute Chambre du pays, au triple point de vue de langue, de la nationalité et de la religion ; et cela lorsque vos prédecec- Burs libéraux, eux, ont toujours eu au Sénat deux ministres catholiques Mont un canadiens français.

de la Pro.} ion : Com. M demonstra- ï

icunement % faveur des À rité de sir À

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ifiées à de

Chambres léputé de chefs du

Do

“ 80. Enfin, nous ne pouvons oublier que le Sénat était,'dans la pensée! des auteurs de la Confédération, celle des trois branches de la législature | qui devait assurer aux Provinces l'égalité entr'elles. Après avoit combattu vingt ans le principe de la représentation basée sur la population, Québec| a accepté d’être représenté par soixante et cinq membres aux Communes, lorsqu'il en était donné quatre vingt huit à Ontario,et cela, seulement, sur l'as. surance formelle qu'elle avait l'égalité dans le Sénat. Or, il est bien connu que l'autorité, le prestige et le patronage dont disposent les ministres leur # permettent de contrôler grand nombre de votes. Ontario, ayant trois ministres au Sénat et Québec aucun, se trouve donc comme si elle avait, au Sénat, le double de membres de Québec. Que devient alors l'égalité ? L'é. SSrepré quilibre au Sénat qui est une des bases de la constitution, se trouve donc que 1 rompu, et l'esprit de la constitution violé. Nous faisons, avec confiance, à tral appel à votre patriotisme et à votre esprit de justice pour obtenir le redres- MSpeau sement de griefs aussi sérieux. En même temps, nous osons vous exprimer MSMavan( notre désir que l’'Honorable M. Trudel soit choisi pour représenter notre M Province comme ministre dans le Sénat. à | D qui

“ Nous avor.s l'honneur d'être,

‘“ Monsieur le Ministre, | 1 a “ Vos très humbles et très dévoués serviteurs.” li “ œrc Que la brochure “le Parti, le Pays et le Grand Homme,” mentionnée plus M haut était surtout dirigée contre l'honorable J. A. Chapleau; mais que 1. por ce dernier entra dans le gouvernement de Sir John A. Macdonald, le 29 À juillet 1882, en qualité de Secrétaire d'Etat. . 7

Que dès lors le demandeur conçut le projet d'établir un grand journal 6 . 4 dans le but avoué de défendre les principes catholiques et conservateurs !

(afin de mieux capter le clergé et la grande majorité des électeurs #6. ja de cette province), mais avec l'intention de mieux assurer la ruine de l’'Ho- #S. ;, norable J, A. Chapleau et son propre avancement politique. à

Que le 23 janvier 1883, le demandeur commença la publication UM: ;.

de son journal l'Etendurd qu’il annonça de suite être un journal conservateur. ‘Or, disait le demandeur dans son numéro prosrictus du M 23 janvier 1883, sous le titre Les Partis Politiques, “les fondateurs #

es:

“de l'Elendard sont et ont toujours été conservateurs. Notre allé- ; Le “ œeance au grand parti commandé successivement par LaFoniaine, Morin, ! Ou “ Taché, Cartier et les chefs actuels, a été si constante que, depuis plus de cr: “ vingt cinq ans sens interruption, nous combations sous ses drapeaux. Le

“ Jamais nons n'avons douté sérieusement qu'il ne fut le parti National par “ excellence.”

LS la pensée législature!

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Que pendort les trois premières années de l'existence de l'Etendard, Vive le vieux e demandeur ne cessa en toutes occasions de protester de son de. "7 ouement au gouvernement de Sir John A. Macdonald, et que plus particuièrement le 10 janvier 1885, à l'occasion des fêtes quilui furent alors données à Montréal, il disait dans l’£tendard :

“ Plusieurs amis conservateurs réclament énérgiquement auprès de ous, sontre l’encouragement que nous donnons aux préparatifs de la lémoustration en l'honneur de sir John. Won pas qu'ils soient hostiles à ce ernier ; bien au contrüire ! Mais ils prétendent que nous devrions, nous et hos amis, nous abstenir, aussi longtemps que sir John nous infligera, comme eprésentant la région de Montréal, l'apologiste des hommes et des principes que nous combattons ; le contempteur de ce qui nous est le plus cher, qui à trahi la cause et les principes conservateurs et foulé aux pieds notre drapeau ; M. Chapleau, l’insulteur de nos rhefs les plus vénérés, le libéral avancé, déguisé en conservateur, etc. etc.

CORRE EEREEEEENEEEEEEE TE) ss...

‘: Le temps serait mal choisi pour agiter de telles questions. Æ{ tout ce “ qui serait de nature à paralyser l'enthousiasme et à diminuer l'éclat des féles à “ sir John, serail, vis-à-vis lui personnellement, une injustice. Les démonstrations “ en son honneur ne doivent pas élre affectées par des questions de celle nature.

“ Il s’agit de célébrer le 40e anniversaire de l'entrée en politique d'un ‘ grand homme d'Elat.

“ La circonstance est telle que, strictement, ses ennemis politiques eux-mêmes pourraient se joindre aux conservateurs pour le féliciter.

“ À plus forte raison, ses vieux et dévoués amis, qui ont 20, 25, 30 ans d'honorables états de services conservateurs et ont été ses auxiliaires les plus puis-

sants, ne sauraient s'abstenir.

“ Après la démonstration, nous définirons leur position, qui est aussi * la nôtre, vis-à-vis sir John, son gouvernement, ses collègues, etc., de façon : à satisfaire parfaitement tous nos amis. Qu'ils ne donnent pas aux ennemis le prêtexte de dire qu'ils aient, en quelque façon que ce soit, contribué à amoindrir la portée de cette grande fête conservatrice. “ Qu'ils y soient donc tous. Æt vive le drapeau ! VIVE LE VIEUX CHEF.” | Que pendant ies sessions de 1884 et 1885, le demandeur n'a pas cessé ostensiblement de donner son appui au gouvernement de sir John. Que même ie 28 août 188 longtemps après les troubles du Nord s;, Adolphe Ouest et la condamnation de Louis Riel, le demandeur adressait des/élicité. félicitations à l’'Honorable Adolphe Caron, ministre de la milice, dans

| un article de deux colonnes qu’il terminait dans les termes suivants :

‘€ Nous nous faisons donc un agréable devoir d'offrir à Sir A. P.

‘ Caron nos plus sincères félicitations, pour l’henneur insigne dont Sa | ‘ Majesté a daigné reconnaître son mérite, Nous prions également , ‘ madame Caron qui partage avec Sir Adolphe, sous le titre de Lady | ‘ Caron, les honneurs de sa nouvelle dignité, de vouloir bien agréer ‘* nos compliments, avec l’hommage de nos respects.”

Ministre Que pendant la même période de temps, le demandeur continuait

Lana M de développer dans son journal la thèse qu’il avait soutenue dans sa brochure ‘‘ Nos Chambres Hautes,” et qu'à une époque aussi éloignée que le 23 janvier 1884, à l’occasion de l'ouverture des chambres, il disait ouvertement au chef du gouvernement qu’il fallait accepter ou sa manière de voir ou la guerre, Dans la correspondance parlementaire de l’Etendard du 23 janvier 1884, le demandeur disait :

‘€ Depuis dix aus, un groupe composé de presque tous les sénateurs ‘ de langue frauçaise, enrégistre chaque année, son protêt contre le ‘ sacrifice des droits qu’ils ont mission de défendre. C’est une tâche ‘ d'autant plus ingrate à remplir qu’il semble y avoir depuis une ‘* douzaine d'années, de la part de quelques-uns des chefs conservateurs ‘ de la province de Québec, un regrectable parti pris de sacrifier nos ‘* droits nationaux dans le Sénat, de manière à rendre l'influence qué- ** becquoise et française à peu près nulle dans la première chambre de ‘“ la puissance du Canada. Ces constantes et énergiques revendications seront- ‘+ elles entendues, ou bien, faudra-t-il que les Cunadiens- Français prennent ‘‘ en mains la défense de leurs droits aux prochaines élections, en signifiunt ‘6 aux coupables leur condamnation de ce sacrifice de l'un de leurs droits les ‘€ plus sacrés ? 7” | Qu'en même temps le demandeur dirigeait le gros des colonnes de

son journal contre l'honorable secrétaire d'Etat et par des lettres et entrevues intriguait auprès de Sir John A. Macdonald et de ses collègues français pour son entrée au gouvernement au lieu et place de % l'honorable J. A. Chapleau, ce que la défenderesse entend prouver en : temps et lieu.

Que les articles de l’Etendard, cités da: ce plaidoyer suffiront pour donner une idée du genre de guerre que le demandeur faisait à l’honorable J. À. Chapleau, et qu’il commença dès les premiers numéros EE . . à 5 n.. € de son journal. Voir l’Etendard des 3, 15 et 16 avril 183: + ; r 9 » h Pos Que, ne pouvant réussir à supplanter ce dernier, le demandeur,

ave les libé. profitant de l'agitation Riel, abandonna le parti conservateur provin- #5 p raux. 1

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ial et fédéral et fit alliance avec les libéraux au mépris des principes qu'il défendait, particulièrement dans les numéros de l’Ætendard du 8 février, :3 avril, 6 août, 4 et 21 septembre 1883 :

Le 23 avril 1883, il disait : .

‘€ Nous avons réagi de toutes nos forces contre la disposition qui ‘: s’est manifestée depuis quelque temps chez certains conservateurs, ‘* de faire avec les libéraux une coalition dont l'effet définitif serait de ‘ livrer à ces derniers l'influence prépondérante dans le gouvernement ‘“ de la province de Québec. ”

Le 21 septembre 1883, il disait : .

‘€ Quant à nous, nous croyons à la nécessité de | union ne ‘* qui, professant les mêmes principes religieux et TE we ‘* pour marcher ensemble ; mais nous n'AVOns pas foi dans l’esp . +“ coalition qui nait des nécessités politiques du moment, tubes OrS« ‘ que ces nécessités ne sont autres que celles de conserver les avan- ‘‘ tages du pouvoir. ”?

nation de ce qu’il appelait wn radical au Conseil Législatif : - Edouard Pacaud,”” dit-il dans le numéro de 1 Etendard du 26 es ; ‘n’a jamais fait un mystère de ses principes en fait de libéralis

‘* avancé, le libéralisme à la Gambetta-Ferry même.

6 Lors donc que certains tristes personnages tels que les Ses & Cie travaillent à Gambettiser le Canada, ne trouveront-ils ne ‘: alliés naturels dans M. Pacaud ? N'est-ce pas un partisan . 1 . ‘“ anti-sociales prévalant en France que le gouvernement Merci ‘ vient de nommer au conseil ?

‘6 Puis notre sy’ceine de gouvernement est eo ne sentatif; à ce titre ne convient-il pas que les HDÉLAUX Les . Fee “ au moins un représentant bien déclaré dans la Roi ’ + tout comme à Rome, par exemple, NE . <e . He ‘“etc., l’on Lips tou Free que l'on nomme vulg ‘ ment l'avocat du diable. :

Fa “ dits articles et écrits ont tellement dégoûté et soandalisé | grand nombre de membres du clergé et de laïques fondateurs de sea | sue s e non seulement ils ont cessé de contribuer au fonds social, MAIS | a A renvoyé le journal comme dangereux à la ge: o L d : patrie, ce que la défenderesse prouvera en temps et lieu, et q

ë UP sc ll: vec grâce la nomi- L'avocat du Que bien plus le demandeur finit par accueillir avec g de M, able

Folies Ber gères.

les secours pécuniaires, le patronage et les jobs qui depuis près de deux! Tr

ans lui sont arrivés du gouvernement de Québec, il aurait été forcé deM Léc suspendre sa publication. 6 Que les dits faits, écrits et gestes plus haut mentionnés et d’autres] vec qui seront prouvés en temps et lieu, justifinient la défenderesse d’avoir! tro publié dans son journal le Monde que le demandeur était jaloux, envieux Se déçu de la politique, et que ‘tous les écrits du confrère sentent l’ambi. : ‘€ tion, l’orgueil, l'hypocrisie et le dépit,” langage dont se plaint le! Nat demandeur à la page 17 de sa déclaration, ou encore ce qui suit et sf trouve cité à la page 26 de la déclaration : ‘‘ De chute en chute, il à ‘ qe ‘ roulé, en politique jusqu’à l’abdication de la dignité morale de se : Le ‘ convictions; en religion, jusqu’à la révolte contre l’autorité ecclé-h he ‘‘ siastique.”” k Eu Et la défenderesse allègue enfin : 7 Foli Que quant à l’allusion aux Folies-Bergères, le demardeur n’a qu’à fusé s’en prendre à lui-même s'il a donné de l'importance à sa visite à cet # 7 endroit de Paris, qui est fréquenté par presque tous les étrangers 1K Q titre d'étude de mœurs; que s'il eût admis le fait tout d'abord, au lieu RS à de le nier comme il le fit dans le numéro de l’Ætendard du 30 avril M Û

1883, si surtout 1l n'eut pas brodé le conte que l’on trouve dans le M numéro de l'Ætendard du 11 mai 1883, il n'en aurait jamais été ques- à tion : Voici comment le demandeur raconte cette aventure—récit qui à est loin d’être :omplet et vrai, la défenderesse se réservant le droit de rétablir tous les faits et plus particulièrement que le demandeur est F allé aux Folies-Bergères de propos délibéré : — 1

NC | r sa ‘€ Nous venons d'arriver à Paris. ba ‘ Les honorables Messieurs Gill, Chapleau et Mathieu vi 1"

es honorables Messieurs Gill, Chapleau et Mathieu viennent à .:

‘ notre hôtel en notre absence et y laissent leurs cartes. * A] , | Q Q Q A . . . < ‘4

‘ Sur l’une d’elles, invitation à diner avec indication du lieu de ufr

‘* résidence de ces Messieurs; il n’y est nullement question de M

‘* M. Sénécal ;

‘ Qui osera dire que nous puissions être blâmé de nous être rendu

ee et niet enn

‘ À une telle invitation ? .

‘ Or, il se trouve que M. Sénécal habitait la même maison que M ;

* ces Messieurs. À quel titre ? Comment ? Nous n’en savons rien. ch

+ Nous n'avons pas d’affaires à le savoir. 0. .: ‘€ Nous dinons avec les amis qui nous ont invité, A la même EE :

: | ; L éc ‘# table viennent s'asseoir M. Sénécal et quelques autres.

EN 7e

ès de deux] ‘ Comment cela peut-il signifier que nous fussions chez M. Sété forcé de écal ?

À 4 ‘ Après le dîner, MM. Chapleau et Gill nous proposent d'aller et d'autre eux et quelques autres, voir la célèbre féerie de Michel la d'avoir] MSogoff au théâtre du Châtelet. . esse ses sssssssesersessreeee Uæ, envieux, nt l’ambi.

plaint le!

suit et sel hute, il al ale de se, brité ecclé: ;

‘ Nous montons tous ensemble en voiture ; il faisait très noir. Naturellement nous ne nous sommes nullement occupé de l'itinéraire jue nous suivions.

‘ Nous descendons à un théâtre. L'un de nos compagnons prend les devants et revient aussitôt avec des billets Nous entrons. Au bout de quelques instants, nous fimes observer que nous ne reconnaissions nullement le théâtre du Châtelet. Nous sommes au théâtre des Folies-Bergères, nous répond-on. C’est à peine si nous savions confusément qu’il existait à Paris un théâtre de ce nom. Nous n’en con-

naissions pas le caractère ? ”

rangers à M F 8 b in Que quant à la plainte du demandeur au sujet d’une affaire d’ ar, A, au lieu pe

u 30 avril"

ir n'a qu'à isite à cetM

t avec le collège de Nicolet, ln version qu’il en dor 1e lui-même (et Aÿaire NF

st loin d’être complète, ce que la défenderesse établira plus tard) 'e dans le aus Le numéro de l’Ætendurd du 8 janvier 1884 est loin de l’exempter été ASE > blâme.

Que quant au reproche que le demandeur fait au Monde d'avoir t qu'il avait traîné l'honneur de sa famille devant les tribnnaux, la éfenderesse faisait allusion au procès en séparation de corps intentée hr sa femme contre lui, qui est du domaine public, et que telle alluon a été bien comprise des lecteurs du Monde et ne lui a causé aucun drt.

| 4 Qu'il est faux que la maladie de cœur dont le demandeur dit qu’il du lieu de MR fre soit due aux articles du journal Le Monde; mais qu’elle est due

riennent à *

estion de. excès de colère, de rage et de dépit auxquels il se livre, et dans son | “Murnal ! Etendard et ailleurs, dans ses rapports avec les personnes qui tre rendu MSennent en contact avec lui et qui ont le malheur de ne pas partager : s opinions.

7 AS À ces causes la défenderesse, faisant option d’un procès par jury,

"ons rien. inclut à ce que par le jugement de cette cour, il soit déclaré que dans , es circonstances, la défenderesse était jnstifiable de publier les articles DRE écrits dont se plaint le demandeur, qu'ils sont substantiellement

NL

vrais et qu'ils ont été écrits dans l'intérêt général et que part l'action et demande du demandeur soient renvoyées avec dépens traits aux avocats soussignés.

Montréal, 2 novembre 1888.

(Signé)

Et sans préjudice à ce que desus plaidé et dont elle se réserve tout bénéfice et avantage, la dite défenderesse pour autre défense à la dite acti du demandeur, dit :

Que si le style et le ton des articles, dont se plaint le demandeur, of été parfois acerbes et sévères, ce fut parce que le demandeur, pendant de 14e. | années, n’a cessé de douner dans son journal “ l’E‘endard ” de grandes prok : vocations à la rédaction du dit journal “* Ze Monde.” | Que depuis longtemps le demandeur a reroncé de fait à l'exercice di

la profession d'avocat, pour se livrr exclusivement à la politique active ek au journalisme, étant le Directeur-Rédacteur en chef et propriétaire absolk (et non pas seulement fidéi-commissaire, comme il le dit dans sa déclaration! du pspier-nouvelles appelé “ L'Etendard,” publié en la cité de Montréal, quelques pas du journal Le Monde, avec édition quotidienne du matine du soir, et édition hebdomadaire.

Que de fait le demandeur a fondé son journal sur des allégations inju rieuses à l'adresse de ses confrères catholiques, français et anglais, en aflir mant comme il le fit au millionnaire MacKay et à d’autres qu'il n’y avai pus de journal vraiment catholique dans . province. Que dans le dit papier-nouvelles L'Etendard, le dit demandeur se livré journellement à des 2xces de langage et d'écrits inqualifiables, et ce,i l'adresse de tous ceux qui ne partagent pas ses opinions religieuses ot politiques, et notamment à l'adresse de la défenderesse et de ses amis. Que pour ne signaler que quelques échantillons du style du demans deur pendant l'année qui précéd.… l'institution de l’action, la défenderess cite les articles et écrits suivants auxquels la défenderesse refère comm faisant partie des présentes :

Menteur.— À la date du 19 août 1887, le demandeur disait dans l'Etendard : * Fine x “ (Le Monde) a pour mission de mentir et il mentira toujours; une fois dan “ le bourbier, c’est pour la vie.”

À la date du 19 décembre 1887, sous le titre ‘“ Bonne Foi,” à propos d

la candidature No es, à laquelle le d mandeur fait allusion dans sa décl:

| Pie

on, le Cemandeur dit dans l’Æfendard “ I] faut être comme le Monde, dénué ue tout sentiment de pudeur pour mentir ainsi.”

A la date du 7 mai 1888, sous le titre “ Revue de la Presse ”—‘ Non, le Monde ne sait pas cela, sciemment 1l fausse la vérité. —'il sait atsiane

chose, c’est le contraire de ce qu'il affirme.”

A la date du 19 mai 1888, sous le titre “ Menus Propos ; ” Le Monde sait aussi bien que personne que ce qu’il dit est faux, mais l’épithète de menteur ne l’a jamais fait rougir.”

A la date du 13 avril 1888, sous le titre “ Revue de la Presse ” Cette accusation est tellemeut absurde qu'il n’est nullement escii de

serve tout dire au Monde qu'il en a menti.”

A la date Au 38 mai 1888, sous le titre ‘“ La candidature de M. Noyes : ” Franc ma- ILe gentilhomme Vertefeuille, savoir le rédacteur e1 chefdu Monde,” sait ri Se donc qu’il ment lorsqu'il imprime que : “M. Noyes est le candidat du gou- dard.

MBvyernement Mercic dans le comté de Shefford ” “M. Noyes ressemble trop aux grands chefs, que sert M. Vanasse. Il est franc-maçon, oran-

piste et pendard, qualités qui se retrouvent en tout on en partie chez P-eux qui suivent la même voie politique que le Monde”

À la date du 1er mai 1888, sous le titre “ Opinion de la Presse Conser-;, ,.yoe fatrice ” : “ Le Monde, journal incolore mais non inodore, ne dit rien qui mais non vaille la peine d’être mentionné, etc.” More:

À la date du 18 avril 1888, sous le titre “ Menus Propos,” à propos du ge, dans eigneur X dont parle le demandeur à la page 33 de sa déclaration: ‘ Les ses ordures.

eunes malappris qui font dans le Monde, ont besoin qu'on leur mette de emps en temps le nez dans leurs ordures ; c’est ce qui nous force à les re- Mbroduire si souvent... Novs ne nous sentons ni le besoin ni l'envie de telever ce que /a sale engeance, comme dit le confrère qui grouille anonymement dans les basfonds de son journal, pourxa inventer contre nous.” deur se livr# À la date du 28 mars 1888, sous le titre ‘“ M. Noyes et le Monde:” les, et ce, “Il, le Monde, va plus loin et affirme que nous approuvons cette candi- Canaille, ligieuses oi lature. On n’est pas plus vanaille… condottieri. S amis, D ‘ Personne a° peut mentir d’une manière plus cynique. Le mépris seul et le plus profond est toute ia réponse qu'il faut faire à ces misérables Londottieri” (c'est-à-dire mercenaires ou aventuriers qui prennent du service bn vue de leur avancement personnel), ‘“ qui frappent de droite et de gauche Dour un léger salaire, qui sont prêts à servir comme à trahir toutes causes pourvu que cela rapporte. Allez cuistres,” c'est-à-dire valets et pédants enne fois dan Brassés.

0 À la date du 24 mars 1888, sous le titre “ Menus Propos” : ‘“ Le Monde à propos ässure qu’il n’est point dans le pays des carpes. Notre excellent confrère, Dans le

0 RP d sa déclare serait faire injure aux carpes que de le supposer. D'ailleurs personne a - “

— Ilen a menti.

Cuistres grossiers.

Effrontés, canailles.

Idiots.

Vipère-couleuvre.

Chantage.

Le déshonneur de la Presse.

NT bête,

n'ignore que vous n'êtes jamais sorti du royaume des taupes” Terme de mépris qui veut dire que le Moude ressemble à cet insectivore carnassier et dangereux, d'autant plus qu'il agit dans l'ombre.

A la date du 16 février 1888, dans la colonne ‘ À travers la presse”: “ Le Monde continue à débiter sur le compte de otre directeur, les vieilles rengaines qui servaient à la Patrie. Il est incapable de sortir de là. Inutile d’ailleurs de s'attendre à autre chose de la part de ces cuistres ignorants et grossiers.”

À la date du 14 février 1888, sous le titre: ‘“ Cette nonnête feuille ? article qui fut publié au sujet de l'affaire Paradis-Gilmour, aussi mentionnée dans la déclaration: “Il ne faut pas s'étonner de ces mensonges eftrontés. Un tel système de calomuie est dans les traditions canailles de la triste feuille.”

À Ja date du 7 février 1888, dans la colonne “ Menus Propos,” à propos des trois colonnes écrites dans l’Efendard pour prouver que le demandeur n'était pas fou : “On sait que chez les rédacteurs du Monde il n’y a jamais eu matière à faire des fous. Pour perdre l'esprit, il faut en avoir.”

À la date du 29 février 1888, à propos & l'affaire Paradis-Ross, le demandeur disait dans l'E£tendard : “ Il serait tout à fait légitime pour nous

d'envoyer le Monde paitre. car c'est la seule occupation que les êtres de son

espèce peuvent se permettre, sans s'exposer à blesser à chaque instant le sens commun, tout aussi bien que l’ordre naturel des choses. Mais nous sommes ce soir äe bonne composition et nous voulons bien lui faire plaisir en répondant à ces questions, quelques soites qu’elles soient et qu’en les posant il ait évidemment eu l'intention de commettre une méchanceté.

“ Après tout, pourquoi lui en vouloir ? Il se croit vipère redoutable et il n’est tout au plus qu’une inoflensive couleuvre.”

A la date du 23 décembre 1887, sous le titre “ Menus propos,” au sujet des observations du Monde contre le demandeur : “ Le Monde essaie aujourd'hui de salir (notre directeur) avec les mêmes ordures dont se servait alors le coryphée du radicalisme au Canada, Personne n’est à l'abri du geure de polémique que l'on fait au Monde, puisque la calomnie dont il se sert n’a pas même besoin de vraisemblance, En français, on appelle cela tout simplement chantage, que l’on s'en serve pour extorquer de l'argent, ou pour obtenir la complicité du silence, le procédé est le même, aussi odieux, aussi vil et aussi lâche,”

À la date du 21 décembre 1887, sous le titre “ Au Monde’ le demandeur disait dans lEtendard : “ Incapables d’alligner deux idées de suite, ces râtés, le déshonneur de la presse canadienne, croient pouvoir se venger de leur propre nullité en cherchant à salir la réputation des autres.”

A la date du 12 décembre 1887, dans Ja colonne ‘ Menus Propos,” à

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propos d’un article du Monde : “ Avoir tant d'esprit et faire un journal si b...”,. C'est-à-dire si béte.

À la date du 17 novembre 1887, dans la colonne ‘“ Menus Propos,” au Honte. sujet de la signature des articles : “ Il n’y a guère qu'au Monde que personne ne signe. Mais c’est parce qu'on aurait honte de signer”

Aïnsi que le tout se poursuit plus au long ?n reférant aux numéros mêmes du dit journal l’Efendard aux dates plus haut données, produits avec les présentes comme en faisant partie.

Que le demandeur est tellement dans l'habitude d’'injurier que sans raison aucune et gratuitement il dit, à la page 45 de sa déclaration, de M. Vanasse, qui n’est pas en cause : “ Qu'il (le demandeur) avait raison d'’attendre tous autres procédés de M. Vanasse dit Vertefeuille, le directeur de ce journal ; que le dit Vanasse, à peine admis à la profession d’avocat, avait trouvé dans le bureau du demandeur à gagner sa vie et à se faire une clientèle ; que le demandeur qui aurait pu avoir à se plaindre du dit Vanasse l'avait malgré cela protégé d'une manière à ne pas mériler une telle ingratitude de sa part.” Voir aussi page 45 de la déclaration où une autre calomnie est lancée à la figure de M. Vanasse.

Que toutes ces citations d'articles de l’Efendard ont été écrites et publiées par le demandeur, au sujet des divers griefs et matières énoncés par le demandeur dans sa déclaration, et sont intimement liées avec les articles du Monde, dont il se plaint et qu’il a provoqués par ses excès de langage sans exemple dans la presse du pays, excès qui ont été cause que le bon ton de la presse française au Canada en à gravement souffert

Que le dit journal l'Etendard, vu sa libéralité d'abonner gratis et les efforts du demandeur qui, pour le répandre d'avantage, l'expédie et l: fait expédier au rabais, quand ce n’est pas gratis, a une circulation considérable dans toute la Province de Québec ;

Que les articles et écrits diffamatoires et libelleux plus haut récités, publiés dans un journal aussi répandu, sont de nature à causer un tort considérable à la défenderesse et au journal le Monde qui est sa propriété ;

Que les dits articles sont l’œuvre directe du Demandeur en cette cause qui cherche par ce moyen à assouvir sa rage et sa haine invétérée contre la Défenderesse et ses mis ;

Que tous les dits articles sont faux, diffamatoires, libelleux, calomnieux el calculés pour détrnire le crédit, le prestige, l'influence st la popularité de la défenderesse et de s:n journal Le Monde, et pour lui faire le plus de dommage possible ;

Que le dit journal l'Etendard contenant ces dits articles à l'adresse de la dite défenderesse et de son journal Le Monde a été répandu dans toute la Province de Québec et notamment en la cité de Montréal, où la dite

Ingratitude de Vanasse.

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