Ghap. X, Lt Style^ § 3; Le Rythme, p
du premier vers la pensée même qui le vivifie. En effet, il n'est pas besoin de lire les vers qui le précèdent pour voir qu'en cet alexandrin le poète a voulu d'abord frapper l'esprit par une représentation soudaine^ amenée brusquement par le verbe «apparaissait ». Ce qu'il importait ensuite était de mettre en relief V aspect de la vision. Il n'y avait pas de meilleur moyen que dïsoler « toute rouge » au sommet du vers par une césure placée immédiatement avant l'épithète. C'est pourquoi la dernière syllabe des premiers éléments 4 — 4 est la plus forte intérieure du vers, sans que cependant cette accentuation empêche l'insistance nécessaire de la voix à l'hémistiche.
On ne peut donc comparer à cet alexandrin le rythme ternaire absolu de Guyau qui déforme la pensée au point de mettre l'incidente : « dans l'ombre horrible » en pleine évidence, et d'anéantir l'action principale « d'apparaître » au milieu du vers.
Cette analyse , applicable à tous les autres rythmes comportant un arrêt facultatif à la sixième syllabe, et qui montre combien certains alexandrins, en apparence de forme nouvelle, gardent leur supériorité avec le temps marqué de Thémistiche (en vue duquel d'ailleurs ils ont été faits), n'est toutefois probante que pour un certain nombre de vers et n'infirme point l'harmonie rythmique des formules intégrales. — Des exemples comparatifs, qu'on
tirera autant que possible des citations précédentes, sont nécessaires à leur démonstration : on cherchera moins à donner des exemples nombreux que des différents, afin qu'on se rende compte que la diversité des formes syntaxiques n'altère en rien Tintégrité des rythmes. Becq de Fouquières, par ses exemples des formules ternaires, a voulu surtout montrer qu'elles étaient de création romantique : le lecteur sait qu'il n'en est rien. Ce tableau va achever de prouver que le moyen âge, le xvi® et le XVII® siècle, La Fontaine notamment, avant Hugo, les ont connues; puis, qu'elles sont parvenues seulement de nos jours à s'affranchir d'une hypocrisie irrationnelle.
Formule 4 — 4 — 4 *
Qui les péchiès — pardone à cil — qui merci crie.
Rond. Fouques.
Que vous juras — tes si le Pé — re tout poissant
Rond. Fouques.
Ensagoe-moi — la voie tout seas — sans compagnie,
R. d'Alexandre.
Celles à qui — se font prié — res, nuict et jour.
Marot.
Facile au vi — ce, il hait les vieux — et les dédaigne.
Régnier.
1. Les forls accents rythmiques sont marqués d*ua cône renversé^ les faibles d'un trait oblique.
Toujours punir,— toujours trembler — dans vos projets.
Je puis Taimer -— sans être escla — ve de mon père.
Racine.
Découragés— de mettre au jour — des malheureux.
Venez, Messieurs : — je fais cent tours — de passe-passe.
La Fontaine.
Tantôt légers — tantôt boiteux, — toujours pieds nus.
A. de Musset.
En inondant — de gomme et d'am — bre leurs sarments.