‹ Questions de métrique: Le rythme poétiqueChapitre 37 sur 92 · Prosodie de Wilhem Tenint · texte numérisé non relu

Prosodie de Wilhem Tenint

le moins, sont assujettis aux rythmes classiques.

Si les poètes romantiques avaient eu vraiment conscience des rythmes qu'ils pouvaient créer, ils n'auraient pas craint de construire des ternaires sans leur fausse tonique à l'hémistiche. Tout au contraire ils recommandaient, comme le dit Tenint, que « le premier hémistiche se terminât par un son plein ». Et encore, en 1876, Louis de Grammont, le rénovateur de la sextine, disait [Les Vers français et leur prosodie) : « La phrase peut être coupée à n'importe quelle place du vers, mais la tonique médiane doit être maintenue aussi rigoureusement que la tonique terminale. Plus elle sera nette et ferme, plus le vers sera nombreux et solide. C'est une des conditions sine qua non du rythme. On peut dire qu'elle fait le vers comme la rime fait les vers. » Puis plus loin : « Les combinaisons rythmiques dont l'alexandrin est susceptible dépendent entièrement de sa tonique médiane et n'existent plus si on la supprime, comme on l'a fait quelquefois de notre temps, en mettant à la place des toniques à la quatrième et à la huitième syllabe ^ »

En résumé, Victor Hugo ne délivra pas le vieil alexandrin, pour avoir coupé hardiment les deux liens qui le serraient. Il oublia que, s'ils étaient

Page 1