‹ Questions de métrique: Le rythme poétiqueChapitre 46 sur 92 · ÉdilioD GalieD-Arnoult, p · texte numérisé non relu

ÉdilioD GalieD-Arnoult, p

hension des vers impairs était bien naturelle chez les primitifs qui, obligés de par l'enseignement du passé rythmique latin de constater leur existence, les condamnaient néanmoins à l'oubli, par suite de l'affaiblissement de l'accent latin dans la transformation romane et de la diminution trop brusque de la sensation rythmique qui en résultait pour eux, pour cette simplicité de leur oreille qui demandait encore à être uniformément bercée *.

Or, le mouvement acquis de ce bercement dura des siècles et se limita même pendant de longs âges aux petits vers et au décasyllabe. Les impairs n'existèrent donc plus qu'à titre de curiosités. Seuls, les poètes archéologues, par amour du bizarre, et les chansonniers, par condescendance pour la musique, les ont tirés quelquefois de l'ombre.

Ronsard cependant, Rapin, Scévole de Sainte- Marthe, Jean Passerat, Baïf, Estienne Pasquier, sous formes de vers saphiques et phaleuques, s'essayèrent au vers de onze syllabes.

Malherbe composa une chanson délicieuse (du moins elle lui est attribuée), dont les quatrains sont de deux vers ennéasyllabiques et de deux décasyllabiques se suivant. Pour les ennéasyllabes, il est le premier, croyons-nous, qui se soit sei"vi

1. Tobler rappelle toulefols qu'hendécasyllabes et eDoéasyllabes ont élé employés — rarement — dans Tancienne poésie française. -^ Voir loc, ciL^ pp. 121 et 122.

de la forme ternaire 3-3-3*. Mais, loin de remployer tout le long des strophes, s'il la garde comme base par la parité constante du premier élément, il ne craint point d'en amender la rigueur au gré de sa pensée. Telles de ces strophes sont exquises :

3-3-3) Vair est plein — rVune halei — ne de roses : 3-4-2) Tous les cents — tiennent leurs bou^ehes closes ^

Et le soleil semble sortir de Tonde

Pour quelque amour plus que pour luire au monde.

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