Ses rayons — comme un chapeau — de fête
Qu'il s'en va suivre en si belle journée
Encore un coup la fille de Pénée.
3-3-3) Toute cho — se aux déli — ces conspire^ 3-4-2) Mettez'vous — en votre humeur — de rire; Les soins profonds d'où les rides nous viennent, A d'autres ans qu'aux vôtres appartiennent.
3-4-2) Il fait chaud : — mais un feuilla—ge sombre 3-4-2) Loin du bruit— nous fournir a — quelque ombre
Où nous ferons parmi les violettes
Mépris de l'ambre et de ses cassolettes ^.
1. A Tëpoque moderne, car il nous semble que les exemples d'enoéasyllabes, donnés par Tobler, de Tancienne poésie française, loin d^ètre sans césure, ainsi qu'il le pense, peuvent répondre parfaitement à ce type :
Je ne sai — > dont li maus — vient que j'ai Mais adès — loiaument — amardi.
2. Chanson» — Remarquez l'emploi exclusif des rimes féminines.
Plus tard, les impairs servirent dans un but comique à Scarron, puis à Voltaire, et de nos jours à Déranger. — Il est curieux que La Fontaine n'en ait pas usé : on a cru découvrir dans sa fable La cour du Lion un vers de onze syllabes, mais il était dû à une faute d'impression.
Enfin Banville, dont les fouilles archéologiques furent souvent plus heureuses, pour la rénovation du rythme, que ses théories sur le vers moderne, montra, après M"® Desbordes- Valmore, la possibilité de conquérir les impairs au véritable lyrisme; il fit des essais de vers de neuf, onze et treize syllabes. Ce ne furent encore que des essais, — simples passe-temps fort rares d'un maître aimant à jouer de sa virtuosité, à se donner des preuves, singulières de souplesse.
11 était réservé à Verlaine de faire aboutir l'histoire de ces rythmes boiteux, de montrer qu'ils ne sont point des « écueils » rythmiques, et qu'ils ne doivent pas leur harmonie, comme le pensent la plupart des critiques, au souvenir de l'alexandrin ou du décasyllabe ; enfin, de ne plus les considérer comme des singidainlés^ mais bien comme des rythmes aussi appropriés à l'expression de certains états particuliers de l'âme, que le sont pour le courant des idées poétiques les rythmes pairs.
Scientifiquement, en effet, comme esthétique-
ment, il n'y a aucune raison pour qu'un nombre quelconque ne constitue pas un rythme. Il suffit de savoir équilibrer ses éléments constitutifs. Si Ton s'est complu si longtemps à une jalouse dilection des rythmes pairs, on le doit encore au joug de la symétrie qui les rendait susceptibles d'une division en deux parties égales. De là, cette épithète de boiteux dont on caractérise les impairs parce que soi-disant il leur manque une syllabe des rythmes normaux. Or, cette boiterie (qui peut être un charme sans doute) n'existe que parce qu'on le veut bien, étant donnée la fixation d'une césure faisant sentir expressément cette perte d'une unité, par la division en deux parties qui ne peuvent pas être égales^ par la brutale mise en rapport d'un nombre pair et d'un impair qui semble inachevé à côté de la concordance parfaite de son voisin. Et justement, lorsque Verlaine réussit à animer ses vers impairs d'une vie personnelle, c'est pour leur enlever toute boiterie, pour ne leur laisser que l'indécision de l'allure, un charme flottant ne rappelant rien de la cadence des rythmes pairs.
Voici des vers de neuf syllabes :