Chez Vanier
leurs ainés, les prédécesseurs mêmes de Verlaine. Par exemple, prenons Centon (1886) de M. Charles Vignier qui passait pour un absolu verlainien : et parmi les quelques rares alexandrins qui surnagent au milieu des vagues imitations des rimes et des petits rythmes de Toriginal poète, au hasard nous lisons :
Vague comme un contour de brume qui s'élève, Au fond d'un bois morose, un faune alourdi d'ans Erre mélancolique et regrettant son rêve.
Les yeux encore empreints de souvenirs ardents...
Il y a six strophes dans le poème Automne dont celle-là est la première ; et le même bercement les marie entre elles. Si nous en exceptons le sonnet Un séculaire lys,,, où se concentrent la plupart des coupes bonnes et mauvaises de Verlaine, presque tous les autres rythmes alexandrins appartiennent à Racine.
On pourrait multiplier les exemples de cette prédominance du bon vers romanticro-classique dans toutes les œuvres de l'époque, cependant que M. Jean Moréas — en un manifeste ^ ! — expliquait ainsi le rythme de la poésie nouvelle : « L'ancienne métrique avivée ; un désordre savamment ordonné . . . L'alexandrin à arrêts multiples et mobiles... » Et, pour soutenir cette brève compréhension du renou-