Poèmes anciens et romanesques. — Scènes au crépuscule
De cette manière chacun e des strophes est équilibrée, et néanmoins Tensemble du poème n'est qu'une laisse (un peu soutenue) par suite des irrégularités successives et constantes des rimes, des vers et des strophes.
M. Viélé-Griffin ne procède pas ainsi. Sans s'inquiéter d'un groupement strophique (à moins de quelque chanson intercalée), il laisse absolument courir les rythmes au long du poème. Seulement, afin de les rendre sensibles, il fait sonner leur marche à petits pas de un à huit syllabes, de préférence à de plus longs, et marqués encore de quelques faibles rimes.
Flavie,
Je l'ai revue, un soir,
Près de la source où je vais boire au soir
Depuis de longs vieux jours de vie
Menant mes porcs ;
Elle s*est penchée à boire à sa main en coupe;
Je n'osai lui parler, songeant aux jours d'alors;
Mais comme je lui dis : Flavie !
Parlant de l'autre vie,
De Marc et Lise et de la troupe,
De ce qu'ils diraient en me voyant là
Avec mes pourceaux et mon vêtement
El mon épieu pour toutes armes,
Elle me regarda si tristement
Que je sentis de chaudes larmes :
pauvre cœur, dit-elle et s'en alla.
Souvent, toutî une nuit, j'ai songé à cela ^