‹ Questions de métrique: Le rythme poétiqueChapitre 67 sur 92 · I. Voir le Mercure de France, juin · texte numérisé non relu

I. Voir le Mercure de France, juin

ACHÈVEMENT DE i/ÉYOLUTION 237

ayant encore une valeur de convention, ou devient d'une monotonie insupportable lorsqu'ils mesurent des groupes syllabiques d'une valeur réelle.

Il faut cependant noter que s'explique très bien cette obstination à vouloir retrouver, soit par la quantité, soit par l'accent d'intensité, le rythme des anciens. On est séduit, à première vue, par la multiplicité incroyable des pieds de la métrique grecque. Ils semblent donner au rythme toutes les libertés, et donnent, il est vrai, presque toutes les figures rythmiques que soit capable de" former le mouvement du langage. Les réformateurs oublient seulement que, selon la méthode des anciens, les pieds devant occuper dans les mètres des places déterminées, l'avantage de leur multiplicité est perdu au point de vue du mètre lui-même, il ne sert qu'à multiplier les créations métriques sans rien augmenter de leur liberté propre. Encore dans les langues anciennes la mobilité de l'ictus, de l'accent d'intensité, court-elle, à travers les formes fixes, animer le rythme d'un peu de variété et de vie naturelle. Mais le français, où tous les accents sont dominés par l'accent d'intensité, et se confondent même avec lui, met à nu la pauvreté rythmique du système grec ; rien ne peut amender la désespérante symétrie de ces successions de pieds toujours semblables entre eux.

Conformément à l'évolution, c'est une autre

logique qui doit présider aux transformations de notre rythme, c'est une bien autre richesse dont la conquête nous est nécessaire.

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