Nouvi. trait.de vers franc,, par Le Goffic et Thieulin
2. Et. sur le rôle de Vacc. lat. dans la lang. franc., p. 17.
nique, marquée par la diction naturelle, qu'on peut appeler par extension : V accent oratoire.
D'habitude, cette dénomination s'applique simplement aux inflexions de la voix par rapport à la pensée, en dehors de tout renforcement, lequel se produit dans le débit le plus uniforme, le plus dégagé de la variété des inflexions. Cependant, nous ne voyons que cette expression, prise au sens strict venant d'être acquis, capable de rendre avec exactitude le genre d'accentuation qui est le générateur des rythmes. Le terme à peu près juste à' accent d'intensité serait insuffisant : attendu qu'il ne rendrait pas toute la mobilité des passions qui amènent la variété des groupements rythmiques. En conservant au mot accent son sens premier grammatical, on a avec le déterminatif oratoire^ la caractérisation complète de la force fuyante, pourtant disciplinable par les dominations générales du nombre, qui gouverne par le rythme et l'harmonie le mouvement du langage.
C'est donc non seulement par l'accent logique, résultat trop rigoureux de la ponctuation grammaticale, mais par cet accent oratoire, à la fois tonique, d'acuité, d'intensité, rythmique, c'est-àdire ramenant à lui, concentrant toutes les énergies, et qui souvent, pour le bien du nombre toujours souverain, ne tient pas compte des divisions syn-
taxiques, que doivent être formés les groupes rythmiques de la pensée.
Comme l'accent oratoire frappe toujours une tonique, on aurait pu être tenté d'attribuer à cette dernière accentuation seule le rôle de l'autre. Mais on remarquera que, s'il en était ainsi, ce serait de la succession des toniques, de la place des mots déterminée par leur accentuation individuelle que dépendrait la formation des rythmes. Et il est clair que ça n'est pas, que ça ne peut pas être, puisqu'il suffit que les mots soient assemblés pour perdre souvent la fixité de leur tonique, puisque c'est du choix de l'accent oratoire principal que dépend la place des toniques dans le segment de phrase créé par cet accent principal *.
Mais qu'est-ce qui guide en son choix l'accent oratoire, qui doit marquer avec précision les temps d'arrêt ou plutôt les insistances successives de la voix, tout en dépendant des fluctuantes suggestions du sentiment individuel? Gomme le dit Pierson : « Dans la détermination despetits rythmes nous obéissons uniquement à une influence pathétique; dans la détermination des césures^ nous obéissons à une influence logique ^. » Ces deux