Voir Met. nat., pp. 161 et suivantes
ACHÈVEMENT DE l'ÉVOLUTION 247
influences sont bien évidemment les guides premiers de notre accent oratoire, dont le terme même en résume la conciliation. Or l'influence pathétique n'est-elle pas d'une mobilité insaisissable, pour chacun de nous différente, destructrice souvent de l'influence logique sans laquelle il n'est point de perception?
Rares sont les cas où, tout au contraire, le sens logique ne maîtrise pas en ses effets de 7ythmesles fantaisies individuelles du pathétique, qui se produisent surtout dans les effets d'harmonie, de tonalité. Pathétique et logique ne prennent rythmiquement toute leur force qu'en une alliance étroite. Dans les cas facultatifs la ponctuation est là, rendue au besoin plus harmonique que grammaticale, pour imposer au lecteur la nature des rythmes nécessaires.
Ce qui achève ensuite de guider l'accent oratoire sont les obligations des rapports de nombres, la possibilité des rapports conformément au sens. Et de cette façon l'on arrive à cette large exactitude, à cette indépendance seulement dépendante de la nature, qu'on exige du l'ythme musical: « Une faudrait pas croire qu'il suffit d'introduire d'une manière fortuite des grandes valeurs, des silences dans une suite de sons pour leur imprimer un sens. Il faut que ces notes coïncident avec les moments physiologiques qui impriment à
notre âme la sensation de repos, de fin plus ou moins complète *. »
Ainsi le rythme marche d'accord avec le sens, du moment qu'une division fixe arbitraire ne l'oblige plus à en être rudoyé ; et il doit s'y allier de telle manière que le lecteur ne puisse pas faire autrement que de sentir dans toute leur justesse la multiplicité des petits groupes, que d^étre porté sans le moindre effort au gré des ondes.
Faute de cette base, l'oreille flotte incertaine, abandonnée des rythmes ; et, si même le vers obéit à quelque balancement rythmique sensible, faute de cette base, la perception ne peut en être saisie du premier coup; elle devient un labeur, un déchiflrement pénible, elle arrête l'élan de la jouissance poétique. Et il est évident que l'accentuation du rythme doit être comprise de façon à ce que « le travail de la perception ne distraye pas l'esprit, qu'il vienne à se confondre avec celui de l'intellection même ^ ».
Par exemple, dans ce vers :
Les glaïeuls défleurissent leur flamme de cierge
où les accents peuvent-ils se poser? D'abord le sens vous commande de lire en portant l'accent