‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856 (volume 2)Chapitre 15 sur 78 · LE RAPPORT DE M. THIERS · texte numérisé non relu

LE RAPPORT DE M. THIERS

20 juin 1850.

a Votre Commission pense qu'une discussion généraU ( » nécessaire sur les questions traitées dans ce rapport. » tel des principes généraux de votre Commission et » contesté, si telle des idées qu'elle a condamnées sembL » au contraire devoir être adoptée et donner lieu à des di r> positions législatives, des décisions de PAssemblée e » primées par des renvois à la Commission ou des ordi » du jour motivés pourraient amener yne solution défii » tive. Ce n'est qu'après une pareille épreuve que ces ii » portantes questions devront être considérées comme i » solues. »

Ainsi s'exprime, en ces termes formels, le rapport q M. Thiers a déposé, le 26 janvier 1850, au nom de la Co mission de trente membres qui avait été élue au comme cément de 1849, dans le but suivant, tracé par elle-mém

« Vous avez choisi dans votre sein une Commission » trente membres, à laquelle doivent être adressées ton » les propositions relatives à l'assistance publique, soit q » ces propositions naissent de votre initiative, soit qu^el » émanent de celle du gouvernement. Votre intentioi » été de ramener à un centre commun tous les travaux i

» ont f>our but d'améliorer Ja condition des classes ou- » vrières, d'éviter ainsi les efforts divergents, et de rattacher

* c un ensemble bien conçu, d'accord dans toutes ses par- 9 lies, les institutions de bienfaisance déjà créées ou restant B à créor. »

Malgré ces termes que je viens de transcrire, l'Assemblée nationsile, dans sa séance du 19 juin 1850, consultée sur la question de savoir si le rapport serait mis à l'ordre du jour et s'il sorait l'objet d'une discussion générale, s'est, rangée à cette opinion de M. Léon Faucher, adoptée avec empressement, et appuyée avec insistance par M. Rouher, ministre de la jvislice : a Je comprends qu'on mette à l'ordre du jour » un projet de loi, mais je ne comprends pas qu'on y toette » un rapport. »

L'Assemblée nationale a voté, sans réclamation de la part de M. Thiers, que son rapport sur l'assistance et la pré- ^^y^ï^oc publique n'aurait pas le dangereux honneur d'être mis k l'ordre du jour.

Cette inscription à l'ordre du jour, à peine mes pouvoirs venaieijl ils d'être vérifiés, dans la séance du 19 juin, que je l'appuyais en ces termes :

*• ^miE DE GiRARDiN : « M. le ministre de la justice vient » cle Arous dire qu'il fallait vider les questions générales

* ^ assistance publique sur un projet de loi spécial.

* H me semble que, tout à l'heure, à cette même tribune,

* * *^oiM)rable M. Benoist-d'Azy tenait un langage absolu-

* ^^nt contraire. Il disait, à propos de la proposition de

* ^- d'Adelsward : Ce n'est pas incidemment, ce n'est pas

* Partiellement qu'il faut peser, une question aussi grave

* ^e celle qui se rattache à- notre système général d'im-

* P6ts... »

■• ikroist-d'àzt : « Je n'ai pas dit cela. » (Mouvement à

* gauche.)

*• tMiLE DE GiBARDiN .' « Je demande, messieurs, que la

* Majorité se mette d'accord dans son langage : il faut choi- 8ir entre l'opinion «qui a été émise du côté de cette As-

» semblée, et Topinion qui vient d'être soutenue par un » des membres du gouvernement.

» Voulez-vous une discussion générale sur l'impôt? Je » ne demande pas mieux que de l'engager sur la proposi- » tion de H. d'AdcIsward.

» Voulez-vous une discussion générale sur la question de » l'assistance? Alors, mettez donc à Tordre du jour le rap- » port présenté par M. Thiers.

» Je ne saurais, en effet, comprendre l'objection appor- » tée à cette tribune par M. le garde-des-sceaux; car cette » objection est la critique radicale du rapport de H. Thiers. » Elle le renverse ; elle le détruit.

» M. Thiers a compris, et il avait raison, qu'il faUait re- D lier en faisceau toutes les questions qui touchaient à l'as- » sistance publique : c^est là véritablement la raison de son » rapport. Eh bien I qu'est-ce qu'on vous propose en ce » moment ? On vous propose de détacher, d'isoler, d'a- » moindrir toutes les questions soulevées par le rapport » d'ensemble sur l'assistance publique.

» Je demande donc, en me fondant sur les considérations » très sensées qui viennent d'être apportées tout à l'heure à » cette tribune par l'honorable M. Benoist-d'Azy, qu'on ins- » crive à l'ordre du jour de lundi le rapport de M. Thiers. »

Si je rappelle ce peu dé mots prononcés, c'est qu'ils sont nécessaires pour bien fixer le point de départ du travail que j'ai entrepris, et pour expliquer comment j'ai été amené à écrire et à publier la lettre suivante :

Au secrétaire de la rédaction de la Presse :

« Paris, 20 juin 1850.

» La majorité a décidé hier qu'elle ne mettrait pas à l'or- » dre du jour le rapport fait par M. Thiers, au nom de la . » Commission de Vassistance et de la prévoyance j^ubltgue, » et qui a été déposé dans la séance du 26 lanvier 1850. Ce » rapport, qui se compose de 156 pages, et qui renferme

» la matière d'un volume, passe en revue les questions sui- » vantes :

» enfants trouvés ;

» sociétés de charité maternelle ;

» bureaux de nourrices ;

» crèches;

» salles d'asile ;

» fixation des heures de travail pour les enfants ;

» sociétés de patronage ;

» colonies pénitentiaires ;

y> hospices des sourds-muets et des jeunes aveugles ;

» droit au travail ;

9 établissements de crédit ',

» crédit foncier ;

» moyens de parer aux chomages ;

» colonisation;

)> abolition de la mendicité ;

y> sociétés DE SECOUMS MUTUELS :

» CAISSES d'épargne ;

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