‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856 (volume 2)Chapitre 3 sur 78 · V^ PREUVE : DOTATION DES CAISSES D'ÉPARGNE · texte numérisé non relu

V^ PREUVE : DOTATION DES CAISSES D'ÉPARGNE

« A chaque caisse d'épargne qui se formera jusqu'à » concurrence du nombre de 360, le Jouimal des Connais- » sances utiles accorde une prime de deux cents francs à » titre de dotation et de frais de premier établissement.

» Afin que cette subvention soit accordée sous la forme » la plus profitable, les registres, les livrets, les quittan- » ces, les bordereaux, les procurations, les états divers, en » un mot, tout ce qui est nécessaire à la tenue des écritures

» et au mouvement des opérations de chaque caisse^ sera » imprime et confectionné au nombre de 360, et expédié à » nos frais.

» Cette subvention, qui ne coûtera, en réalité, que deux » CENTS FRANCS, représentera pour chacune des caisses à qui » elle sera accordée, une avance de trois a quatre cents » FRANCS en raison des facilités qui résulteront d'un con- » fectionnement par adjudication publique.

» Si l'instruction spéciale, que M. Emile Pereire s'est » chargé de rédiger, n'est pas trouvée suffisante, nous y » ajouterons toutes les explications qui nous seront deman- » dées; mais le point sur lequel nous ne saurions assez in- » sister, c'est sur l'utilité, la nécessité même pour toutes » les caisses d'épargne, d'établir des règlements et une » comptabilité uniformes.

» Nous offrons de recevoir les actes de société des caisses » d'épargne, après qu'ils auront été passés en minute par- » devant notaire, — de faire faire auprès du ministère et » du conseil d'État les démarches nécessaires pour l'obten- » tion de l'ordonnance du roi qui constituera définitîve- » ment ces sociétés; cette voie abrégera des formalités » faites isolément, et évitera des retards.

» Maintenant, c'est à tous les hommes, propriétaires et » industriels, qui ont un intérêt au maintien de l'ordre, à » l'accroissement de la prospérité nationale, qu'il appar- » tient de seconder nos efforts. Qu'ils se hâtent d'épui- » ser l'allocation de 72,000 fr. offerte d'abord en argent, » et mamtenaut portée à une valeur de plus de 150,000 fr. » par l'emploi judicieux dont l'initiative appartient à » M. Emile Pereire, l'un des membres de notre Comité con- » sultatif^ et l'auteur de l'instruction au moyen de laquelle » tout conseil municipal pourra sans difficultés et sans dé- » marches, fonder une caisse d'épargne et de jJré voyance.» f Journal des Connaissances utiles^ avril 1834.) (1).

(l) L*autheut)cité de cette preuve s'établit parles témoignages suivants : « Nous devons faire une mention particulière des soins que M. ÊmiU

DEUXIÈME PREUVE t DISCOURS PRONONCÉ LE 3 FÉVRIER 1835.

M. EMILE DE GiRARDiN : « En juin 1833, époque à laquelle » plusieurs membres de celte Chambre me firent Plion-

de Girardin s'est donnés, dans le Journal des Connaissances vtileSy pour propager les caisses d'épargne. Il en a fréquemment entretenu ses lecteurs, et il a fait des efforts pour encourager la formation de ces caisses dans les villes où il n'en existait pas, et leur a offert de leur fournir gratuitement une collection de registres, de livrets, et des imprimés nécessaires. La caisse d'épargne verra toujours avec intérêt la coopération de toutes les personnes qui voudront bien concourir à atteindre le but commun de propager l'esprit d'ordre et d'économie. »

BENJAMIN DELKSSERT. Rap}}ort SUT les caisscs d'épargne f année 1834.

« Notre honorable collègue, M. Emile de Girardin, l'un des plus éc'airés et des plus zélés promoteurs de l'institution des Caisses d'épargne propose d'ajouter à l'article 7 la disposition suivante :

« Les livrets^ ainsi que tous les registres^ bordereaux et impressions néces- » saires à la comptabilité des Caisses d'épargne^ seront fournis annuellement )) par Vimprimerie royale^ sur une allocation spéciale portée à son budget, »

» Ce serait, à coup sûr, une immense économie que de produire tous les imprimés nécessaires à près de cent caisses autorisées maintenant, et bientôt, nous l'espérons, à deux cents autres qui manquent encore, sans autres dépenses que celle d'une composition unique, avec un tirage uniforme, dans une même imprimerie. Si le gouvernement voulait accorder un tel bienfait aux Caisses d'épargne, la somme totale ne serait pas exorbit.inte, et l'économie relative, nous le répétons, serait considérable pour chaque caisse prise en particulier. D'ailleurs, le vote annuel de la dépense parla chambre des députés permettrait toujours de renfermer en de justes limites une telle munificence. »

CHARLES DUPIN. Rapport sur les Caisses d'épargne, année 18.35.

i< Revenons à l'histoire des Caisses d'épargne. Parmi ceux qui ont le plus puissamment contribué à leur création, il est juste de mentionner surtout la Société du Journal des Connaissances utiles, fondée par M. Emile de Girardin. C'est grâce à l'immense publicité livrée par cette estimable feuille, aux résultats avantageux des Caisses d'épargne, c'est grâce à la générosité de ses administrateurs, qui ont offert et donné la somme de DEUX CENTS FRANCS à chacunc de ces caisses qui était une fois instituée, c'est ^râce à leur médiation qu'ils ont si activement employée pour obtenir dans les ministères l'ordonnance royale nécessaire à la fondation de chaque caisse, c'est grâce à tous ces efforts aussi persévérants qu'éclairés, que beaucoup de villes jouissent des bienfaits de cette utile institution. Sans le Journal des Connaissances utiles, beaucoup de conseil^ municipaux n'auraient jamais songé à proposer, dans leurs cités, l'établissement des Caisses d'épargne, nous devons le dire hautement. »

Dr J.'SoviCHE, l'un des directeurs de la Caisse d'épargne de Saint-Etienne. Instruction sur les Caisses d'épargne. 1834

« Parmi les hommes amis de leurs semblables qui ont beaucoup contribué à faire adopter le système des Caisses d'épargne, nous devons compter M. Emile de Girardin, rédacteur du Journal des Connaissances utiles. Ce vertueux citoyen a constamment fait l'éloge de ces établissements, il en a fait sentir tous les avantages ; enfin, il s'est engagé à four-

» neur de m'accompagner chez M. le ministre du com- » merce, à qui maintenant est remis le département de » l'intérieur, le nombre des projets de statuts dont nous » allâmes le prier de presser l'expédition était de qua- » rante ; en mai 1834, époque à laquelle l'honorable » M. Benjamin Delessert prit l'initiative de la proposition » de loi présentement en discussion, ce nombre, mainte- » nant de soixante-onze, s'élevait déjà à soixante-cinq.

» Les caisses d'épargne, après avoir reçu une vive im- » pulsion , n'ont donc point suivi une marche progres- » sive si rapide, qu'elle fît a déjà douter qu'une loi fût né- » cessaire ; » c'est ce qu'avant toute discussion il m'a paru ï> important d'établir par des faits sommaires, afin que » l'utilité de l'article 4 de la loi en discussion n'échappât pas » à votre attention, et que la nécessité s'en montrât à vos » regards avec toute son évidence.

» C'est en cet article que réside, selon moi, toute l'éco- » nomie delà proposition, toute l'idée, toute la pensée lé- » gislative et sociale. La seule difficulté réelle qui s'oppose >> à la propagation des caisses d'épargne, est la difficulté » de réunir par une souscription volontaire ou par une al-

nir une somme de 200 franes aux SoG prcmi^res Caisses d'épargne qui Vétabliront en France, donation qui s'élève à 72,000 francs. Il y a peu de M)nverain» qui fassent, de leur propre cassette, des sacrifices aussi forts eu faveur de rhumnnité. »

BARON LACirÉE, député de Lot-ct-Garonnc. Du Paupérisnne.

Projet de loi sur les Cai!is/>s d'épargne, année 1835. — « M. Emile de Girardin réiwnd au principal antagoniste du projet. 11 prononce un discours remarquable, aans lequel il fait connaître les ditHcultés à vaincre pour propager l'institution des Caisses d'épargne : difficultés qu'il avait déjà combattues par dfictifs et généreux efforts, par des publications pleines d'intérêt et d'utilité, par des dons intelligents et nombreux. »

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