IGNORANCE DU POUVOIR
La misère du peuple est à l'ignorance du pouvoir ce que l'effet est à la cause.
Que la cause disparaisse, l'effet disparaîtra. La prétention de nos lois économiques est de protéger le
"travail national ; mais est-ce le travail national effective- '■nent qu'elles protègent? Je n'en disconviens pas; elles :ïont hausser artificiellement la valeur vénale de la terre, ^lles comblent de richesses certains propriétaires de forêts, certains actionnaires de grandes exploitations houillères et métallurgiques; mais élèvent-elles le salaire des journaliers et grossissent-elles le profit des fermiers ? Y pensent-elles seulement? Non, elles n'y pensent pas; ce n'est point le travail qu'elles protègent, c'est la propriété ; ce n'est point la propriété acquise par l'économie qu'elles protègent, c'est la propriété transmise par l'héritage ; ce n'est point l'épargne qu'elles protègent, c'est le capital ; ce n'est point le capital en voie de formation qu'elles protègent, c'est le capital accumulé ; finalement, ce n'est point le nécessaire, ce n'est point le bien-être qu'elles étendent,, c'est le superflu, c'est le luxe qu'elles grandissent.
Or, il est deux écueils qu'il faut éviter avec le même soin, avec le même vigilance :
Prohiber le luxe ; L'encourager.
Ni l'encourager ni le prohiber, car le travail a ses lois naturelles, qu'on doit se garder de fausser.
La première et suprême fonction de la femme est de mettre au monde des enfants fortement constitués, sains, robustes, de les nourrir et de les élever. C'est donc à l'homme de travailler.
A la femme d'administrer le ménage.
Elle ne doit faire que ce qu'elle peut faire , sans quitter le toit maternel quand elle est fille, le toit conjugal quand elle est femme, le berceau de ses enfants quand elle est mère. •
L'admission des femmes aux travaux de l'atelier, de l'usine, de la fabrique, de la manufacture, devrait être prohibée de la manière la plus absolue, jusqu'à ce que cette règle, devenant un usage, ait passé des lois dans les mœurs.
Lo maringo osl une «association dnns hiqiicllc i^homme doit ropnvsontor lo travail, et la fommo l'économie.
La fcnnnc ({ui travaille dans Patciicr, la fabrique, la manufacture, loin d'ajouter aux ressources du ménage, les tarit, car elle fait baisser le salaire.
La moyenne des enfants par ménage est de 3,41.
La fenune ayant ]M)ur occupation dVlever plus de trois enfants, de ra(*coinm(>der leui's vétenients et ceux de son mari, de vafpier enfin ii tous les soins du ménage, n^a*t-elle donc pas assez h faire?
Quand riumune. la femme et Tenfant travaillent concurremment, ils sont trois (jui f;:afj[ncnt pour un ; si rhomme seul travaillait, ce serait le contraire : un gagnerait pour trois.
Aucune femme, ni aucun enfant au-<lessous de seize ans, ne devraient, en aucun cas, être admis dans aucun atelier, dans au(*une usine, dans aucune fabrique, dans aucune manufacture. Aloi-s l(»s femmes ne seraient pas détournées de leurs fonctions naturelles et essentiellement domestiques; alors les enfants auraient le temps d^apprendre tout ce qu'il serait utile de leur enseigner. .
Le progrès d(» la science, le progrès des arts mécaniques exige (]u^il en soit ainsi, car plus les machines se multiplient et se perfecti(mnenl, et moins elles nécessitent et absorbent de force musculaire.
Il est incontestable que si, à laide d'une machine plus parfaite, la femme ou Tenfant peut produire la même quantité de travail que celle qui exigeait toute la force d^un homme, comme la fenmie, comme Tenfant ont besoin de moins de nourriture que rhomme,cenVstpIus rhomme, mais Tenfant qui règle le taux du salaire.
La conséquence de ce fait incontestable, ce serait de condamner au repos Thommc robuste, et au travail la femme frêle, l'cnfant chétif.
Il ne peut, il ne doit pas en être ainsi.
Ce serait renverser les lois de la nature, ce serait lai violer.
Aussi, la première dés propositions par lesquelles je me dispose à conclure se formulerait-elle en ces termes :
§ L— Travail des femmes et des enfants,
« A dater du 24 février 185., anniversaire de Pétablisse- T> ment de la République française, le travail des femmes » est interdit dans les ateliers, usines, fabriques et manu- » factures.
» Est également interdit le travail des enfants âgés de » moins de seize ans (1). »
Cette prohibition légale causerait, j'en conviens, à l'in-
(1) a Sur 100,000 jeunes gens à 21 ans, 4«029 sont informes et difformes dans les campagnes, 8,980 dans les villes. »