QUATRIÈME PREUVE : SOUSCRIPTION POUR LES OUVRIERS DE LYON
« Trente mille ouvriers, — nous écrit-on de Lyon, — se » trouvent présentement sans ouvrage et sans pain ; des » familles entières, femmes, enfants, à peine couverts de » quelques mauvais linges, se rencontrent dans les rues, » implorant la charité publique d'une voix troublée et inex- » périmentée. C'est un douloureux spectacle impossible à » décrire et qui cause une émotion impossible à faire par- » lager à qui ne l'a pas vu.
» En présence d'une telle calamité, la Presse^ qui a tou-- » jours cherché à attirer Vattention du gouvernement sur » ks classfis ouvrières, croit devoir prendre l'initiative : une » souscription est ouverte dans ses bureaux en faveur des » ouvriers lyonnais.
»La rédaction de la Presse souscrit pour mille francs (1). »
Cette souscription, ouverte le 21 mars et fermée le 26
(l) Preise^ 21 mars 1837.
avril 1837, produisit TRENTE-HUIT mille 637 francs; elle eût produit une somme beaucoup plus considérable, si le Journal des Débats et le Journal de Paris ne se fussent pas empressés d'en ralentir le cours en contestant que la misère des ouvriers lyonnais fût ce que la Presse avait dit qu'elle était.
Par les preuves matérielles qui précèdent, qu'on juge s'il est vrai , selon les expressions du National^ que « nos » sympathies pour les classes ouvrières soient une question » temporaire, un accident de polémique ! »
«« L'homme est né pour le travail comme l'oiseau pour voler. »»