MARBEAU
« C'est tout au plus s'il est possible aux paysans de payer le sel qui doit relever le poût d'une soupe sans viande et sans beurre. Lorsqu'il survient un nouveau ré, les cent sous qu'exige la matrone présidant à son entrée dans le monde sont le fruit de privations prolongées pendant plusieurs mois. Le souci de tous les jours, c'est d'amasser de l'argent pour payer le meunier, le loyer de la maison et le percepteur. Il ne reste rien pour l'école primaire, qui doit ouvrir aux enfants la vie sociale, et il faut souvent se cotiser pour faire les frais d'une sépulture. »
MOBEAU DE JONNÈS. 185L
(1) « La différence de nourriture ne consiste donc que dans la différente proportion du blé et de la viande, ou des autres aliments qui les représentent. . . . Cette proportion est In vraie mesure de la richesse ou de la pauvreté des États^ puisque c'est de la nourriture que dépend essentielleme!it le bien-être des habitants; pour augmenter celui des Français, il faudrait donc pouvoir augmenter la consommation de la viande, mdme aux dépens de celle du blé. »
LAGBANOE. 1796.
« Les États-Unis avaient, en 1840, 15 millions débites à cornes pour une population de 17 millions, soit 882 par 1,000 habitants. La France n en a pas 300. La Bavière et le Wurtemberg, qui, de tous les paj*s à
De 1846 à 1853. de 1846, date des lettres échangées entre M. Blanqui et moi. à ce jour où j'écris ces lignes, sept années se sont écoulées, un nombre considérable de kilomètres ont été couverts de rails et livrés à la circulation par la vapeur, mais quels pas a-t-on faits dans la voie de la réduction des tarifs et de l'abolition des prohibitions (1)?
A quels résultats ont abouti les volumineux rapports de
notre proximité, sont les plus ricbes, en ont, selon M. Moll, 550 et 490. En 1847, la proportion paraît être montée, en Amérique, à 1,000 têtes de gros bétnil par 1 ,000 habitants. Pour les porcs, la progression a été pins rapide encore. En 1840, les habitants en possédaient 1,550 par 1,000 habitants; en ce moment, on évalue qu'ils stmt à 1,750. En France, noua sommes, pour cet article, au-dessous ae 150 têtes par 1,000 habitants.
» Plusieurs millions de Français ne mangent pas d'autre viande qn'iin atome de salé, qu'ils mettent dans leur soupe. Le vœu de la poule au pot du bon roi Henri, à travers toutes nos révolutions, dont le mobile cependant a été un sentiment populaire, n'a été accompli encore que sous cette lignre-là. »
DES FORCES ALIMENTAIRES DES i^TATS, par M. Chevalier. 1847.
« Le Français n'a guëre que 40 livres de viande par an à consommer, et un Anglais bien plus de 100 livres. Aussi, l'espèce humaine, en France, dépérit et s'abâtardit au point que les préfets ne cessent d'en parler dans leurs rapports, et que le recrutement est obligé d'accepter pour défenseurs de la patrie des hommes qui autrefois n'auraient pu obtenir place dans la rangs de V armée. Un Français, en calculant ses richesses animales avec le nombre des individus, n'a guère plus de trois mois de nourriture assurée, tandis que l'Anglais en a pour près de deux années.
» Les rapports ies conseils de révision au ministère^ de la guerre constatent chaque jour un dépérissement manifeste dans les générations qui sVlèrent. »
LA FRANCE ET L'ANGLETERRE, par F. DE TAPIES. 1845.
(1) Neuf grandes prohibitions continuent de porter sur les objets suivants :
Savons,
Poterie,
Verrerie,
Cotons rilés.
Tissus de laine.
Tissus de soie.
Tissus de coton,
Ouvrages en métaux,
Ouvrages en pe.nux.
La fabrication françaii^e de ces neuf articles représente nne valeur de 1,360 millions.
Les produits des douanes continuent de se composer de quatre sortes de droits :
1** Droits d'importation ;
2° Droits d'exportation;
3° Droits de navis;ation ;
4" Droits accessoires.
Les droits de sortie, de navigation et accessoires, qui ne ptodnisent qui
M. Lanyer, déposés le 24 juillet 1847 sur la tribune de la Chambre des députés ?
Quels fruits a portés la discussion qui a eu lieu, le 27 juin 1851, à PAssemblée législative sur le régime quia persisté à maintenir indéfiniment la douane et ses douaniers?
M. Léon Faucher, assis sur le banc des ministres, se tait^ M. Léon Faucher qui, en février 1848, avait écrit ce qui suit dans le Journal des Économistes :
« La liberté des échanges, comme toutes les autres liber- » tés, fait chaque jour des progrès dans le monde. Elle » perce peu à peu cette croûte féodale qui avait longtemps » comprimé l'essor du commerce et de l'industrie. Après » avoir eu le monopole pour point de départ et la guerre » pour premier instrument, c'est aujourd'hui par la paix » qu'elle se propage. Les rivalités nationales cèdent à cette » influence bienfaisante, et l'activité des esprits se tourne » vers les espaces sans bornes du travail. A mesure que les » relations se multiplient et se resserrent entre les peuples, » les préjugés des gouvernements eux-mêmes tendent à se » dissiper. Les bateaux à vapeur et les chemins de fer, en » supprimant les distances, mettent en contact les mœurs, » les besoins et les facultés des nations les plus éloignées » et les plus diverses. Le mouvement de l'opinion publique » en est accéléré, et le pouls de l'humanité bat plus vite.
» Les frontières ne sont plus que des lignes idéales; au » lieu de les garnir de soldats, on les place sous l'invocation » du droit, et le patriotisme des citoyens en forme la véri- » table sauvegarde. Certains gouvernements s'en servent » encore pour barrer le passage aux idées, et d'autres pour » arrêter ou pour gêner la circulation des marchandises. » Mais il n'y a plus pour le commerce ni pour la pensée de
7 millions 300,000 francs, continuent d'entraîner par leur complication d'inextricables embarras.
Les droits d'importation produisent 125 millions.
Ce chiffre de 125 millions continue de se composer comme suit :
1** 106 millions fournis par 11 articles;
2" 19 millions fournis par 803 mUm I (t.
» blocus possible. Quand la douane ferme hermétiquement » les bannières, la contrebande les franchit.
» Nous ne saurions voir dans le système protecteur qu'une » idée fausse, car il consiste à imprimer une existence ar- » tificielle à des industries qui ne naîtraient pas, sans cela, » du sol ni de l'aptitude des habitants ; et il ferme les mar- » chés étrangers, par les représailles qu'il provoque, aux » produits que favorise le climat et que développe naturel- » lement le génie national.
» Au rebours de ces législations de l'antiquité qui con- » damnaient h mort les enfants mal conformés ou d'une » complexion trop faible, il réserve ses faveurs pour les » avortons et pour les culs-de-jatte de l'industrie. S'il n'est » pas inhumain, il se montre jusqu'à l'excès imprévoyant » et injuste.
» Jusquesà quand faudra-t-il attendre? Jusqu'au moment, » répond M. le ministre du commerce, où nos industries se- « ront en état de lutter, à armes égales, avec leurs rivales à » l'étranger. Mais qui jugera et comment juger si les armes » sont égales ? En vivant sur le même sol et sous les mêmes » lois on rencontre des conditions de travail tout h fait dif- » férentes. ï.es Alsaciens et les Normands sont citoyens » d'un môme empire. Ceux-ci ont la matière première et la » houille à meilleur marché ; ils sont placés plus près des » grands centres de consommation, et le capital qu'ils em- » ploient ne leur coûte pas aussi cher. Malgré cette infério- » rite dans les conditions du travail, l'Alsace bat la Nor- » mandie, et ses produits obtiennent toujours la préfé- » rence. Si vous ne pouvez pas égaliser les armes entre deux » provinces du même empire, ne serait-ce pas une chimère » que de rechercher cette égalité entre les nations. »
M. Achille Fould, assis à côté de M. Léon Faucher sur le même banc, sur le banc des ministres, se lève pour faire entendre la déclaration suivante :
u Le principe du libre échange est celui-ci :
« Il faut que chaque pays produise exclusivement ce que » la nature lui permet de produire aux plus bas prix. »
» Nous repoussons formellement ce principe, comme in" » compatible avec l'indépendance et la sécurité d'une grande » nation;
» Comme iiiapplicable à la France ;
» Comme destructeur de nos plus belles industries.
» Une protection douanière est nécessaire à nos plus belles » industries. Ce n'est pas que nous voulions dire que cette » protection doit être aveugle, immuable ou nécessaire, mais » le principe protecteur doit être maintenu, »
Le principe protecteur... de quoi? — Du travail national.
Qu'appelle-t-on le travail national?.
Est-ce qu'avant tout le travail national n'est pas le travail individuel ; est-ce que le travail de tous ne se compose pas du travail de chacun ? Est-ce qu'empêcher le travailleur de consommer tout ce qu'il devrait consommer pour produire tout ce qu'il pourrait produire, c'est le protéger dans son travail ?
Est-ce que le producteur de fer n'est pas consommateur de houille?
Est-ce que le producteur de houille n'est pas consommateur de fer ?
Est-ce que le producteur de laine n'est pas consommateur de drap ?
Est-ce que le producteur de drap n'est pas consommateur de laine ?
Et ainsi réciproquement de tous les producteurs et de tous les consommateurs.
Est-ce que l'on peut séparer ce qui est inséparable ?
Est-ce que tout producteur n'est pas consommateur?
Est-ce que tout consommateur n'est pas producteur?
Est-ce que protéger le travailleur national comme producteur, ce n'est pas le frapper comme consommateur?
Est-il bien certain que tout producteur protégé ne consomme pas plus de matière brute qu'il ne produit de matière ouvrée, et qu'il ne gagnerait pas à ce que la loi déclarât qu'il a atteint l'âge de majorité fiscale où la protec-