CE QITON APPELLE LES PRINCIPES
au profit de ceux qu'il devrait attaquer. Si MM. Thiers et Barrot étaient ministres, nous comprendrions une opposition se proposant pour but d'imprimer à leur marche plus de rapidité, et de rendre plus exigeant le parti qui leur aurait donné la majorité; mais quand cette opposition ne saurait avoir d'autre effet que de mettre entre MM. Thiers et Barrot et le jour éloigné de leur avènement au pouvoir une distance plus grande encore, nous nous demandons si vous êtes des gens sachant ce que vous faites, et ayant de ce que c'est qu'un parti la plus légère idée ?
Mais non, nous n'acceptons pas cette ligne de dém^^jBt^ tion qu'il vous plaît de tracer entre les principes et les affax^ res, cet antagonisme imaginaire qui est l'erreur de tous les écrivains sans expérience ou sans idées. N'est-ce donc pas se montrer fidèle à un principe que de défondre la royauté, opmme nous l'avons toujours fait, contre toutes les attaques, de quelque part qu'elles vinssent, d'aussi haut ou d'aussi bas qu'elles partissent, et en ayant toujours le plus grand soin de nous abstenir à son égard de toute apologie qui provoquât ou légitimât la critique? En quelle circonstance nous a-t-on jamais vus soutenir une mesure qui fût une atteinte portée au principe de l'égalité tel que la Charte le consacre ? Est-il une seule loi restrictive d'une seule liberté à laquelle on nous ait vus prêter le concours de notre plume ou de notre vote ? Quand les lois de septembre ont été présentées, celui qui écrit ces lignes a voté avec l'opposition contre ces lois ; et quand la coalition s'est formée, dirigeant ses coups au dessus de la responsabilité ministérielle, il fut de ceux qui, jusqu'au dernier jour, combattirent la coalition comme une violence faite 5 la royauté.
Sans doute, il est bon d'avoir le respect des principes ; mais l'esprit des affaires ne l'exclut pas," et, sans cet esprit des affaires, point de gouvernement solide, point de minis- 1ère durable, point d'opposition sérieuse.
128 tsâe.
20 juillet 1846.
Rien n'est plus facile que de glisser sur la pente de l'opposition; M. Thiers Ta bien prouvé; rien n'est plus rare que d'ôtre assez maître de soi pour ne pas désespérer de son parti, alors qu'on a le regret de se trouver avec lui, sur divers points, en dissidence profonde. C'est un exemple que nous nous honorerons toujours d'avoir donné, quoiqu'il ait pu nous exposer aux dérisions du Courrier français.
A force de redites, nous avons fini par contribuer à empêcher que la convention de 1840, relative au droit de visite, fût ratifiée; pourquoi, en y mettant la môme persévérance, ne serions-nous pas encore assez heureux pour obtenir que le ministère, fort de toute la vigueur puisée dans un repos prolongé, se mît résolument à l'élude ei\ l'œuvre? Pourquoi n'obtiendrions-nous pas que successivement, sans secousses, sans tomber dans aucune exagération, sans devancer le jour de la maturité, le cabmet résistât avec plus de fermeté aux exigences individuelles des membres de sa majorité;
Diminuât Teflectif de notre armée, qui est excessif, qui nous énerve et qui impose à l'Europe des charges qu'il lui tarde de voir s'alléger ;
Simplifiât la question de l'Algérie en faisant succéder^ dans nos possessions d'Afrique, le régime de la loi au régime de l'arbitraire, le régime de l'administration civile au régime de l'administration militaire, dont l'aveuglement a coûté déjà la vie de plus de cent mille soldats et le sacrifice de près d'un nn'IIiard ;
Réduisît rintérét de la rente 5 0/0 et supprimât l'amortissement, ce qui lui donnerait le moyen : — et d'abaisser l'impôt du sel sans roc(mrirà des procédés de dénaluralioit n'ayant pour résultat que d'encourager la fraude; et de renoncer au jjrélèvement du dixième sur le revenu des octrois ; et de faire du droit de timbre ce qu'il a fait du droit