‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856 (volume 3)Chapitre 11 sur 96 · CE QU'ON APPELLE LES PRINCIPES · texte numérisé non relu

CE QU'ON APPELLE LES PRINCIPES

universitaire, deux impôts illibéraux de même nature, de le supprimer; et d'accomplir la réforme postale ; et d'opérer, par voie de dégrèvement, la péréquation de l'impôt foncier, etc. ;

Réformât nos budgets, qui paraissent solder en déficit, lorsque en réalité ils soldent en excédant de recettes ;

Cessât de demander à Vimpôt ce qui doit être exclusivement demandé à Vemprunt^ et de confondre avec les dépenses nécessitées par les services publics de véritables augmentations de l'actif social ;

Tranchât les difficultés secondaires qui se sont opposées à ce que la réforme du régime pénitentiaire, plus importante qu'on ne parait le croii^e, vînt prendre place parmi nos lois ;

Etc., etc., etc.?

MM.Guizot,Duchâtel,Lacave-LapIagne, Martin (du Nord), de Salvandy, Dumon , Cunin-GridainQ , de Mackau , de Saint-Yon, sont-ils donc des esprits si étroitement bornés, si obtus, qu'on doive renoncer à toute espérance de leur faire comprendre que le moycrt le plus sûr d'éloigner ses rivaux, c'est de ne leur laisser à entreprendre rien de ce que soi-même on aurait pu accomplir de profitable aux intérêts et ë l'honneur du pays? Rendre des successeurs inutiles, c'est presque les rendre impossibles.

Voyez donc dans quel en) barras sir Robert Peel a mis lord Jonh Russell ! Celui-ci ne sait (jue faire ni par où commencer; il hésite, il ajourne ; il n'a pas encore livré de bataille qu'il a déjà l'attitude d'un vaincu, et que le pouvoir semble* prêt à lui échapper. Sir Robert Peel, il est vrai, n'est plus premier lord de la trésorerie ; mais il est l'arbitre de la situation, le maître de la majorité : le destin de son successeur est dans ses mains.

L'espérance (juc nous entretenons ne sera pas vaine, car nous la puisons moins encore dans la confiance que nous inspire la supériorité i*i'lative des chefs du ministère actuel, que dans la confiance que nous donne la formation d'une Chambre nouvelle.

130 tsâe.

La majorité qui va venir aura ses exigences, ses idées, son point d'honneur. Elle tiendra à se distinguer au moins par une nuance, par une tendance de la majorité qui Taura précédée. Comme celle-là n'aura pas à voter une ceinture de fortifications entourant Paris, un réseau de chemins de fer aboutissant à l'Océan, à la Méditerranée, au Rhin, à l'Escaut, aux Alpes, aux Pyrénées; un crédit de 93 millions destiné à relever notre marine de l'Etat de la dangereuse décadence dans lequel elle était tombée' ; comme cette majorité nouvelle n'arrivera pas cette fois sous la douloureuse impression du douloureuxévénement qui a, le 13 juillet 1842, privé le trône de son héritierprésomplif,iUaul espérer qu'elle placera le cabinet dans cette étroite alternative, ou de se retirer, ou de mettre en praticjue ces belles paroles de son chef : « Cest le propre d/une politique ferme et sage de se montrer constamment progressive^ de ne faire un pas que pour pousser aussitôt plus loin ; c'est déjà un grand tort que de se reposer après la victoire^ qu^est-<e donc que d'en avoir peur (1) ? »

Cette majorité, nous n'en doutons pas, ayant devant elle un cabinet fort de six années de durée, se montrera plus exigeant envers lui qu'elle ne le serait envers un cabinet installé de la veille, n'ayant encore qu'une existence précaire. On demande à l'honune dans la plénitude de sa force ce qu'on ne demande pas à l'enfant protégé par sa faiblesse.

Voilà pourquoi nous souhaitons «lue le ministère du 29 octobre sorte victorieux de Pépreuve au-devant de laquelle il est allé.

Dites après cela que vous n'avez pas de termes pour qualifier notre faiblesse ou notre inintelligence, nous n'en persisterons pas moins a\ ec fermeté dans la ligne que nous nous somnïcs tracée, la seule à Textrémité de laquelle nous apercevions distinctement l'intérêt du pays.

Ce cri perçant que vous jetez : « Mais songez donc que

{\)J)u Gouteniement de la France ^ page 20.

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