‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856 (volume 3)Chapitre 12 sur 96 · CE QU ON APPELLE LES PRINCIPES · texte numérisé non relu

CE QU ON APPELLE LES PRINCIPES

» notis avons des principes ; veuillez donc vous mettre en » tête que nous sommes sérieusement dévoués à ces princi- » pes ! comment pouvez-vous exiger (|ue nous acceptions » M. Thiers qui n'en a jamais voulu, qui n'en veut pas, qui » n'en voudra jamais ? » ce cri, nous devons l'avouer, n"Dus louche médiocrement; et si nous éprpuvons quelque peine, c'est à ne pas rire. Nous n'exigeons rien de vous. Nous vous observions; voilà tout. Nous ajouterons seulement qu'il est des principes dont nous- faisons peu de cas; de ce nombre sont les vôtres. La réforme que vous faites passer avant toute autre, la réforme dont vous dites que dépendent toutes les autres réformes, la réforme qui, selon vous, est la première, la réforme électorale, cette réforme est loin d'avoir, à nos yeux, Timporlance qu'elle paraît avoir aux vôtres; elle est loin, bien loin de nous inspirer la môme confiance, de nous causer la même impatience. Nous sommes, à son égard, aussi peu pressés que vous paraissez Tôtre beaucoup. Concluons : lors(ju'aux termes de voire programme de ce jour, intitulé : la presse libérale aux électeurs, vous aurez admis « tous les citoyens à concourir^ sans distinctionj soit directemltnt^ soit par délégation^ au choix des représentants de la nation ; » déclaré (jue « le droit individuel du suffrage appartient virtuellement à tous; que le cens d'éligibilité doit être aboli; quune indemnité de voyage et de séjour doit être attribuée aux députés, et que le nombre des députés attribués à chaque département doit être- proportionnel à la population^ » lorsque vous aurez fait tout cela, qu'aurez-vous fait? Quelle question vraiment grave aurezvous tranchée ?

Dites-le

21 juillet 1846.

Le joumal le Commerce ne saurait pardonner à la Presse d'avoir osé déclarer qu'elle avait moins de confiance dans les institutions et dans ce qu'on est convenu d'appeler : les principes^quo dans le génie de l'honmie, quand l'hommo

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appelé à gouverner son pays a du génie. Cette audacieuse opinion lui parait si dangereuse, qu'il consacre encore aujourd'hui trois colonnes à la coml)altre ; mais ce n'est pas assez que de prétendre que notre opinion est fausse et ne résiste pas à un examen approfondi, nïontrez-nous donc que la vôtre est juste, et s'appuie sur une autre base que sur des lieux communs. Montrez-nous donc un gouvernement ou un peuple qui ait été sauvé de la décadence et de la ruine par ses institutions, La Charte de 1814, qui consacrait le double principe de Pinviolatilité royale et de la responsabilité ministérielle, a-t-elle préservé de la chute et de l'exil la branche aînée des Bourbons ; a-t-elle préservé la France d'une nouvelle révolution? Si la France en était encore ë choisir entre PEmpire avec sa gloire et la Restauration avec sa Charte, devrait-elle hésiter à donner la préférence à Napoléon sur Louis XVlll ? La constitution anglaise a-t-c»lle empêché- Robert Walpole d'arriver aux affaires et de s'y maintenir? Cette constitution eût-elle sufli pour empêcher la Grande-Bretagne de descenîlre au rang que lui avait assigné IVmpereur des Français, si la Grande- Bretagne n'avait pas vu naître, en 1759, William Pilt, ce ministre dont Napoléon a dit, dans le Mémorial de Sainte- Hélène : a II a été le nïaîlre de toute la politique euro- » péenne; il a tenu dans ses mains le sort moral de tous » les peuples. . .? » Certes, si quelque chose a manqué à la France depuis 1789, ce n est ni le nombre des constitutions ni la variété des systèmes électoraux. Quel est le système électoral qui n'ait pas été essayé, abandonné, repris, modifié, et de nouveau abandonné? Le grand reproche fait à la constitution anglaise, .c'est de ne reposer sur aucun piincipe, sur aucune théorie, de n'être qu'un rassemblement de précédents créés, recueillis, enregistrés à mesure qu'ils se succédaient, sans lien et sans unité : c'est de n'être, enfin, que lexpression du fait, au lieu d'être l'expression du fait et du droit. L«» grand avantage, au contraire, que possédaient, (lisin*t-on, nos constitutions écrites, sur la constitution anglaise, c'était précisément d'être à la fois l'expression du

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