V. Il
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dération ? c'était aller grossir les rangs de cette grosse portion de la majorité que ne tourmente aucunement le t)esoin d'initiative et de progrès, qui trouve que tout est bien, et ne veut pas que rien soit mieux ; c'était, en voulant faire autrement qu'elle, faire absolument comme elle. C'est aussi ce qu'ont fait MM. Blanqui, Clappier et de Gastellane, qui tous les trois, après avoir parlé dans le môme sens pour expliquer leur vote, ont volé avec la majorité.
M. Guizot, qui avait annoncé qu'il prendrait la parole, l'a prise, en effet, après M. Blanqui. Oubliant qu'il s'était opposé à la lecture de la proposition, il a remercié M. Duvergier de Hauranne de lui avoir fourni cette occasion de discussion. Rien de plus élevé que cette première partie de son discours en manière d'exorde ; mais aussitôt qu'il s'est trouvé aux prises avec la nécessité de motiver le rejet de la prise en considération, et de donner un sens à ses paroles du 2 août 1846, c'est en vain qu'il a essayé de lutter, à force de talent, contre les difficultés d'une situation qui n'en eût présenté aucune, si le ministère avait laissé la proposition sui\Te tranquillement son cours, comme la majorité l'avait déjà fait, il y a plusieurs années, pour la proposition de M. Gauguier. Autorisée, prise en considération, rapportée par M. de Rémusat, cette proposition en fut-elle plus avancée? Non; s'il nous en souvient bien, elle ne fut pas même discutée; elle resta à l'état de rapport; c'était incontestablement ce qu'il y avait de mieux à faire pour la proposition de M. Duvcrgier de Hauranne.
M. Guizot, donnant un démenti à de mémorables écrits sortis de sa plume, n'aurait pas eu à se prononcer, comme il l'a fait, contre l'adjonction des capacités proposée en 1831 par M. le comte de Montalivet, et sur lesquelles M. de Bérenger, rapporteur du projet de loi, s'exprimait en ces termes :
« Voilà pourquoi votre commission a cru devoir vouspro- » poser d'admettre la plupart des adjonctions portées dans » le projet du gouvernement. Partout oii elle a rencontré > des situations élevées, des fonctions indépendantes et
ï respectées, des professions qui supposent le savoir et qui » appellent la confiance, elle s'est empressée de leur alla- » cher le signe de la capacité électorale.
» Elle a pensé que si Ton pouvait craindre l'influence de » certaines notabilités intellectuelles, le plus sûr moyen D d'atténuer cette influence était de la neutraliser en lui » opposant des notabilités d'un autre ordre : de telle sorte D que les collèges composés d'éléments très divers devins- > sent l'image vivante et animée de la société, et en fussent » la représentation réelle. »
Par exception, M. Guizot, qui d'ordinaire excelle à traiter ces questions, n'a fait que répéter les arguments de MM. Prunelle et Jars sans y rien ajouter, à savoir : que ce serait instituer deux catégories d'électeurs, des électeurs^erpétuels et des électeurs temporaires.
. M. Guizot n'a été .ni plus heureux ni moins faible quand il lui a fallu expliquer le sens qu'il avait entendu donner au mot de progrès^ et énumérer les progrès dus au ministère du 29 octobre 1840.
Il a parlé d'immenses réformes, et il en a cité quatre :