L'AMBITION DE M. EMILE DE GIRABDIN. S
rinfluenco qu'ils exercent. Preuve : eVsl qu'il est dans le cabinet, même Tortifié tel qu1l vient de l'être, plus d'un ministre dont] opinion est loin de peser le même poids que celle du rédacteur en chef du Journal des Débats.
Assez donc sur ce propos, qui ne peut nuire qu'à ceux des ministres qui Pont fait répandre, car lorsqu'il ^agit de s'assurer le concours d'hommes laborieux, fermes, capables, le cabinet n en compte pas autour de lui un si grand nombre qu*il ait le droit de se montrer très difficile.
Si la Presse a cessé de prêter au ministère le concours conditionnel qu'elle lui a donné jusqu'au ^ mars 1847, c'est uniquement parce quVlle ne pouvait plus honorablement le lui continuer après le dédaigneux congé signifié, dans cette séance du ^ mars, du haut de la tribune, par M. Guizot, à tout député conservateur ayant eu le tort de prendre au sérieux le mot de a progrès » prononcé à Lilieux av4H; tant de solennité, et de croire que la a grande » politique » ne devait pas borner ses œuvres à la présentation des trois lois sur les douanes, le réginie cellulaire et ta liberté de l'enseignement promise depuis dix-sept ans, trois lois dont pas une seule ne sera promulguée cette année ! Certes on n'accusera pas la Presse d'un excès d'impatience; elle a attendu ,s<*pt années, la fin de deux législatures et le commencement d'une troisiènie.
23 juin 1849.
Voici en quels termes nous interpelle VAssemblée natio^ nale :
€ Nous le demandims à M. de (iirardin ; après sa profes- > sion de foi d'aujourd'hui, oserait-il se charger du porte- » feuille de la guenv ou iWs affaires étrangères ? «
La questiim esl préci.se; la iépon<e ne le sera pas moins.
Non, c<Mies, si nous avions à choisir entre le portefeuille de la guerre ou le portefeuille des afiaires étrangères, nous ne nous chargerions pas plus de l'un (|ue di' l'autre.
298 fSâO.
Que forions-nous du portefeuille de In gueire?
Que fenons-nous du portefeuille des affaires étrangères?
Par eux-mêmes, ces portefeuilles ne sont rien: ils sont au gouvernement d'une nation ce qu'un bras est à la lèle, ce qu'un doigt est à la main, ce qu'une jante est à une roue, ce qu'une syllabe est à un mol. ce qu'une fraction est à un entier.
Ministre des affaires étrangères, parlez donc le verbe haut, comme en juillet 18i0, quand votre cavalerie n'a pas de chevaux pour entrtT en campagne, quand ni votre armée ni votre marine ne sont prêtes pour frapper le coup que vos dépêches menacent de porter!
Minisire de la guerre, ayez donc un système militaire, quand votre collègue des affaires étrangères n'a pas un système politique longuement préparé et invariablement suivi !
Il faut choisir entre ces trois modes de composer un cabinet :
Tn cabinet cjmme en Angleterre, où le premier lord de la Trésorerie, le plus souvent chancelier de l'Echiquier, est le mim'stre dirigeant, le ministre omnipotent, parce qu'en effet les finances sont la clé de voûte de tout système politique.
Un cabinet cr.mme aux Etats-Unis, où les ministres ne font partie d'aucune des deux assemblées législatives ; où ils restent entièrement à l'écart (h»s luttes de tribune: où ils ne sont que les traducteurs de la volonté et des idées du président de la République ; où ils peuvent ainsi consacrer tout leur temps ii re\|)é(lition des aifaires administratives.
Un cabinet comme nous le proposons, réduit h son expression la plus sim))le et élevé h sa plus haute puissance : à savoir, un ministre scrrêtaite d'Etat., ministre dirigeant, tenu en étjuilibrc par deux poids égaux, l'un le ministéi^ des recettes, raulrc le ministère des dépenses.
L'appareil ministériel, tel qu'il existe, a fait son temps; l'expérience l'a condamné ; c'est l'impuissance organisée; c'est rajournement perpétué ; c'est la foive perclue ; c'est le