‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856 (volume 3)Chapitre 30 sur 96 · ET Î.E PARTI FAISEUR · texte numérisé non relu

ET Î.E PARTI FAISEUR

rection de la Revue française, malgré l'aclif concoure de M. Guizot, ont été infiiictuoux et n!ont abouti qu'.h des sépultures.

Ainsi que nous l'avons dit au commencement de cet article : par les petites choses on peut juger des grandes î Quelle garantie avons-nous que le parli conservateur soit plus habile à conduire les affaires de l'Etat que celles des revues qu'il a entrepris de fonder?

Ce qu'il y a de certain, c'est que pas un des journaux, pas une des revues qu'il a fondés n'a pu subsister et n'existe, et que, si la Révolution n'avait pas légué à l'Empire, l'Empire à la Restauration, et la Restauration au gouvernement actuel le Jovrnal des Débats, le parti conservateur n'aurait pas un seul organe, puisqu'il est convenu que la Presse ne représente que le parti faiseur.

Le moins que loMessager ait.coûté au gouvernement pendant les six ans que le cabinet du 29 octobre a cru devoir le faire paraître, c'est 600,000 fr. Pendant ces six années, quels semées a rendus ce journal ? Toute sa politique se bornait à quelques rares rectifications. Tout article de discussion, toute étude de la question, même la plus simple, en étaient impitoyablement bannis.

Etait-ce faute d'écrivains de talent? Non. Le gouvernement a depuis longtemps à sa solde plusieurs écrivains très distingués ([u'il a réussi à enlever i\ la presse opposante. r4ela était de bonne guerre, cl cela pouvait être de bonne politique. Mais de ces écrivains qu*en a-t-il fait? Il les a confinés dans des sinécures; il ne les emploie pas, il les amortit ; il en a fait des muets !

Voilà comment le gouvernemenl, comment le parli conservateur entendent la presse et la direction des esprits I Tout aboutit ainsi au gaspillage le plus déplorable, et à lïmpuissance la plus manifeste.

Il y a quelque chose de pire encore que de ne rien faire, c'est de mal faire.

Si par les peîiles cluses, nous jugeons des grandes, noui

dirons que le parti consei^vateu)* n^a pas le droit de se railler du parti fai$e%ir.

17 mai 1847.

Le parti faiseur doit avoir un programme. Quoi esl-il?

A celte question, voici sa réponse :

Gomme il y a deux espèces de conservateurs , les optimistes et les progressistes, les aveugles et les clair\'oyants. il y a aussi deux sortes de faiseurs^ les bons et les mauvais, les bienfaiseurs et les malfaiseurs, ceux dont l'activité est calme et féconde, et ceux dont l'activité est tracassière et stérile.

Les premiers sont rares, les seconds nombreux. Il ne faut pas les confondre.

Les premiers se font distinguer des seconds par des idées Justes, des convictions profondes, une volonté ferme, une grande vigueur d'exécution; les seconds se font distinguer des premiers par l'absence d'idées, la versatilité d'opinions, la minutie dVsprit, le besoin de toucher h tout, uniquement dans le désir de faire parler d'eux, besoin qui n'aboutît jamais cpi'à l'impuissance et souvent au ridicule.

Les premiers simplifient tout, ils échappent aux difficultés en s'élevant au-dessus d'elles, ils vont droit aux causes; les seconds ne savent que complicpier, ils s'arrêtent aux détails qui les perdent, ils n'aperçoivent que les effets.

Toute chose a son grand et son petit côté ; ceux-ci n'atteignent jamais à l'autre ; ceux-là finiss<»nt les questions, les apaisent: ceux-^*i les commencent, les irritent.

Ces derniers sont le fléau de toute administration qui les compte ou à sa tête ou dans son sein.

Ils entassent stalisticpies sur statistiques qui se dénien* tent, ordonnances sur ordonnanc<*s, circulaires sur circulaires s'annulant les unes par les autres; ils excellent dans les programmes, c'est-à-dire daiLs les nomenclatures.

Si l'on veut un programme menteur, c'est donc k ceux-ci, non à ceux-là, (pril faut le demander. Ils ne se feront pas

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