RIEUSE
En résumé, la session est finie, le nunistère n'a pas été renvei'sé, la Chambre sVst déclarée satisfaite. Qvw peuton demander de plus ?
M Lc« empires n'ont point de Jour ni d'annëet critiques; leur fortune ne dépend pas de rinflaence def corps célestes; ils n'ont d'autre génie et ne eonfuûe' ient d'autre destin que la boxxe et xal*vauuc adxi-
KUTBATIOS. ••
Épigraphe du livre des Moyens de gou/ce* manii^ par M. orizoT.
22 juillet 1847.
Les conservateurs clairvoyants, indépendants, qui veulent à la fois rafTeruiisscnient et le développement de nos institutions, le pouvoir le plus fort uni à la majorité la f^lus grande, qui croient, avec sir Robert Peel et M. de Lamartine, a qu'il est plus aisé en politique de vaincre ses enne- » mis que de triompher de ses amis , » déplorent la nécessité où s'est trouvée la Presse, api es avoir reçu pour mot d'ordre et adopté pour épigraphe les paroles de" Lisieux, de se séparer du ministère le lendemain des discours prononcés les 24 et 26 mars 1847 par MM. Duchâlel et Guizot ; mais ils reconnaissent en même temps que la Presse^ h moins de cesser dïMi*e ce qu'elle a toujours été, à moÎDS de n'être plus qu'une édition h bon marché du Journal des Débats, n'avait pas d'autre parti à prendre. JJne alliance liésintérossée survit à un dissentiment même profond, mais elle ne survit pas à un congé formel, signifié en termes hautains, et accompagné du geste le plus dédaigneux.
Us n'oublient pas le concours énergique que la Presse a prêté : — au parti conservateur dans la discussion du droit
de visite, — au ministère du 29 octobre 1840 dans la négociation des mariages espagnols, à l'ordre menacé lors de l'exécution de la mesure du recensement, — à la paix compromise, après la signature du traité du 15 juillet 1840, à l'instant où les meilleurs esprits s'égaraient, — enfin, au gouvernement , dans toutes les circonstances décisives où la majorité flottait incertaine, aussi longtemps qu'il a été permis de croire qu'il n'était pas absolument nécessaire de changer les honmies pour changer les choses ;
Ils savent ce qu'ils doivent penser de ces basses calomnies de petites gens qui, ne pouvant pas compromettre l'indépendance en dehors de l'opposition systématique, essaient faussement d'attribuer l'isolement dans lequel la Presse sVst relranchée à des mécomptes qu'auraient éprouvées les exigences de son rédacteur en chef. Deux letti'es où il était question d'une nomination de pair ont éSé citées à la tribune : lune en date du 25 juillet 1838, l'autre en date du 25 janvier 1846; ni en 1838 ni en 1846, cette nomination de pair n'a eu lieu; eh bien! cela-t-il empêché la Presse de soutenir vigoureusement jusqu'au dernier jour de sa retraite, jusqu'en mai 1839, le cabinet du 15 avril 1837 attaqué par la coalition? Cela a-t-il empoché la Presse de soutenir non moins énergiquemenl le cabinet du 29 octobre 1840 dans les dernières élections générales et dans une circonstance où il avait fait i)reuve de fermeté vis-àvis de l'Angleterre, où il n'avait pas craint de briser l'anneau de Tentente cordiale? Qu'on parcoure la Presse du 25 janvier 1846 au 25 mars 1847, c'est en vain qu'on y cherchera la trace d'un ressentiment trahi par une hostilité!
Le 27 mars 1847 seulement, après des avertissements réitérés, la Presse^ quoiqu'il lui en coûtât de s'isoler, constatait sa séparation en ces termes :
u Toutes les politiques vous permettront le progrès^ la » politique comervatrice seule vous le donnera^ » avait dit » solennellement M. Guizot en août dernier, devant la » France électorale assemblée et attentive. Notre confiance » dans ces par »les avait été telle, que nous nous étions.
256 iS49.
» empressés de les recueillir el de les placer au-dessous » du litre de ce j.uirnal. N)us les effaçons: elles ne se- » raient plus qu'un mensonge de notre part si elles y res- » taient, car après le disjvnn's qu'à pnmoncé aujourd'hui >• M. le ministre des affaires étrangères, nous Pavouons » avec douleur, aucune illusimi ne nous est ])lus possible, »' aucune es]»érance ne nous est plus permise. »>
Ce si»nt là des faits appuyés de preuves telles qu'ils peuvent braver toutes les inlerprt»tations malveillantes.
Les conservateurs qui réfléchissent ne s'expliquent pas que le ministère se soit enivré de sa niajorité de cent voix à ce point de ne pas comprendre <iue les exhortations el les instances de la Presse partaient d'un véritable attachement, et étaient dictées par un sentiment parfaitement juste des nécessités de la situation et des exigences de l'avenir, ainsi que tout ce qui s'est passé depuis le* 27 mars Ta clairement démonlré.
Les conservateui*s à qui la passion ne fait pas tout oublier se souviennent de ces paroles de M. Guizot :
« Le régime représentatif est un régime de transaction et » de conciliation continuelle. La liberté divise d'abord et » rapproche ensuite. Qui ne serait frappé aujourd'hui de ce * progrès des sentiments équitables, des idées modérées, » qui tend à s'accomplir et h se manifester partout? Et il ne » serait pas permis de le faire passer dans la pratique des » aflaires ! Les camps politiques seraient des prisons où les » hommes demeureraient éternellement enfermés et farouy ches, inabordables les uns pour les autres, comme au » jour du plus vif combat ! Une telle prétention, de tout » temps fausse et nuisible, ne peut être, de nos jours, » après nos révolutions, qu'un mensonge intéressé ou une t> absurdité palpable 1).
" C'est le propre d'une politi(]ue ferme et sage de se » montrer constamment progressive, de ne faire un pas » que pour pousser aussitôt plus loin ; c'est déjà un grand Il ■ I ^— ^^^— ^■^— ^— ^^^^^^— ^
l M. Guizot à $et Comme ftitih. 6 février 1839.
^ tort que de se reposer après la victoire, qu'est-ce donc
> que d'en avoir peur ?
» Nul péril ne menace plus les gouvernements nouveaux
> que la tentation de se croire anciens et établis; parce » qu'ils sont debout, ils révent qu'ils ont des racines, et
• s'occupent de s'arranger pour le repos quand leur exis-
• lence n'est encore qu'un germe faible et naissant.
> C'est le propre d'une vieille politique de n'admettre
> aucune vérité complète, de ne vouloir aucun résultat dé- » cisif, de désavouer de jour en jour ses propres œuvres,
• d'invoquer aujourd'hui comme un remède ce qu'hier elle » déplorait comme un danger; enfin, de se retourner sans
> cesse dans son lit comme un malade, cherchant partout
> le repos et ne le trouvant nulle part.
• Tout ce qui est sérieux attend la règle et peut la rece- » voir. Sachez satisfaire ce qui est légitime, vous aurez un
• point d'appui très fort pour réprimer ce qui sera déréglé.
» A mesure que l'influence de nos institutions s'étend et » nous pénètre nous-mêmes, il faut que le pouvoir se rési- » gne à être observé de plus près et sondé plus avant, sous
• la condition d'être chaque jour mieux connu et obhgé à
• plus d'habileté et de sagesse.
» Comme ce que le pays demande, il doit nécessaire-
• ment l'obtenir, rien n'importe plus que de le lui assurer
• par des moyens réguliers, de peur qu'il ne le cherche par
• d'autres voies.
» La Révolution n'est point ingouvernable ; mais elle » n'est gouvernable qu'à certaines conditions, et là gît
• toute la difficulté. Ce sont ces conditions qu'on mécon-
• natt ou qu'on ne sait pas remplir.
• Pour comprendre la Révolution; pour être en état, je
• ne dis pas de la régler, mais seulement de lui parler, il
• faut donc bien savoir, d'une part, qu^clle a voulu la jus- ' lice et la veut encore; de l'autre, (lu'elle a fait la guerre
• cl veut assurer la victoire.
• La justice est pour tous, mais la guerre est contre
• <ïnelques-uns ; cela est inévitable.
» La Révolution ne se reposera donc qu'entre les mains » qui garantiront aux vainqueurs leur conquête, c'est sa » nécessité; à l'avenir la justice, c'est son bul.
» La Révolution n'a pas labouré la France et ébranlé » l'Europe pour venir se reposer dans le giron d'un minis- » tère endormi. Sans doute son héritage n'est pas exempt » de charges : sans doute elle a laissé au pouvoir le plus » habile, au gouvernement le plus national, des obstacles » h surmonter et des ennemis à vaincre. Je crains seule- » ment que nos ministres ne les voient où ils ne sont pas, 9 et ne s'y prennent fort mal pour les attaquer là où ils » sont.
9 Ils ont peur de bien peu de choses. Je n'essaierai pas » d'énumérer tous leurs sujets de crainte. Je ne toucherai » qu'aux plus apparents.
» Les patentés, les petits électeurs, les jeunes gens, là » sont, je crois, dans la France nouvelle, les dispositions ci » les influences qu'on redoute le plus.
» L'apparition subite du système représentatif, avec ses > principaux caractères, nous abuse sur la réalité. Il nous » semble complet et fort parce qu'il est là, devant nous, » tel à peu près qu'on trouve son image dans les livres ; » et nous lui demanderions volontiers d'être déjà pour nous T> tout ce qu'il doit être, quand nous avons déjà si peu fait » pour lui. La conquête de la liberté est quelque chose de » plus laborieux, et la science n'en est pas si simple. » Clmque année nous apportera la révélation de quelque » lacune et la demande de quelque efl*ort.
» Les gouvernements n'échappent point à la condition de » ce monde ; ils ont aflaire aux bonnes et aux mauvaises » parties de la nature humaine. Vainement ne voudraient- » ils que le bien ; vainement se prévaudraient-ils de leur » innocence; s'ils s'endorment dans la confiance qu'ils ne » nuisent point, s'ils se reposent sur cette idée que les » peuples sauront démêler leurs vrais intérêts et sauver J> de ses ennemis le pouvoir qui ne leur porte aucune ofi> fense. ils se verront bientôt surmontés et délaissés. Chef
LES CONSERVATEURS : CE OIPILS PENSENT, m
etaenliiiello de Pordre social, le gouveroement est là pour fe défendre et se défendre lui-mèmede ses propres mains. S'il ne manque pas à la société, si elle se sent vivre en lui, si elle reconnaît chaque jour la présence et les sa(u« taires effets des liens qui les unissent, la société ne lui manquera pas non plus. Mais si ces liens demeuraient lâches et flottants, si la main où ils aboutissent paratt inactive et languissante, la société sera sans force et peutêtre sans volonté pour soutenir un pouvoir qui, loin de marcher h sa tête et devant elle, semble la supplier de le traîner péniblement sur ses pas.
» Tout gouvernement a des ennemis et rencontre des obstacles ; pour les surmonter, cVst peu de s appeler le gouvernement, il faut Télre en effet; et, pour Tôtre, il faut posséder quelque part un point d^appui, rec(»voir do telle ou telle source une force qui donne vie au pouvoir, et lui fournisse les moyens de .soutenir la lutte avec avantage. L'autorité ne se fonde point en Tair ; elle ne peut yi\rc de sa propre substance : isolée, vainement elle paratt avoir en main les revenus publics, une administration, une armée, tous les instruments (Faction: ils s'arrêtent, se dissolvent, et lui écliapp<»nt, si elle ne |)eut faire circuler dans ces machines un princi|>e de vie qui ne leur est point inhérent, et doit venir d ailleurs. » La plus puissjinte de toutes les forces, le plus solide de tous les points d appui, ce sont, sans contredit, les besoias et les intérêt.^ nationaux, le vœu présent et réel <le la majorité des cit<»y(Mis. Quan<l le pouvoir a compris ces intérêts et s en est porté le (garant, quand il a entendu ce vœu et .se montre habile il l'aciMiniplir, qu*il soit aui mains d'une as.semblé(% d'un miin'stere ou d*un homme, il est fort, et p^*ut affronter ses ennemis.
• Dans tous les temps, et surtout dans le nAtre, les peupl(*s ont iM^soin à la fi»is <ie re|>os et «factivité, de confiance et dVsiH»rance. l'ne paix inquiète et oisive ne leur sufHt point: ils invo<|uent é^alementdi^s garanties qui les rassurent et un mouvement qui les anime.
» Les souverains, comme les peuples, ont, à mon avis, » quelque chose et de très grandes choses à faire dans l'é- » tat actuel du monde. Il faut cependant chercher de sang- » froid quelles sont ces choses avant d'agir, et surtout avant » d'avoir peur, car la sagesse ne marche point derrière l'é- » pouvante (1). »
Etc., etc., etc.
Ils se souviennent aussi de ces paroles de M. Royer- CoUard :
« Les constitutions ne sont pas des tentes dressées pour » le sommeil. Les gouvernements sont placés sous la loi uni- » verselle de la création; ils sont condamnés au travail; » comme le laboureur, ils vivent à la sueur de leur front. »
Eclairés par la méditation d'écrits dont l'autorité a été consacrée par le temps, éclairés par l'expérience du passé et par Tétude des faits, les vrais conservateurs pensent qu'une halle de plus de dix années est un repos qui ne saurait se prolonger plus longtemps sans danger. Entre le ministère du 6 septembre 1836, qui a fait place le 14 avril 1837 au ministère de l'amnistie, et le ministère du 29octobre 1840, existe-l-il la nuance la plus légère? Cependant dix années se sont écoulées. Qu'est-ce que le pouvoir a gagné en autorité et en prestige ? Qu'est-ce que la liberté a gagné en étendue et en garanties? Quel progrès ont fait nos institutions? Quel crédit en avons-nous acquis en Europe? Quel travail de nos ministres a laissé des traces profondes ? Où est le sillon que M. Uoyer-Gollard voulait que le gouvernement labourât ù la sueur de son front? Où sont les idées qui ont été semées, où sont les épis qu'ils ont portés? Voila les questions que se posent les conserva teui's qui pensent ce que pensait M. Guizjt, alors qu'il adoptait pour épigraphe de Pun de ses écrits ces paroles d'Orner Talon, que nous avons citées en télé de cet arlicle.
Les convictions et les appréhensions de ces amis sincères de la royauté et de la liberté se résument ainsi :
^1) (iUizoT. Dit Moyens de gouvernemtnt.
L'ivresse du succès mène h l'abus du pouvoir, l'abus du pouvoir mène le pouvoir à sa perte.
Vouloir gouverner sans idées est la plus chimérique des entreprises et la plus dangereuse des expériences.
Le pou voir qui s'abaisse, loin dedevenirplus facile ë exercer, voit, au contraire, pulluler autour de lui les obstacles, les intrigues, les exigences, les résistances, les tyrannies, les rivalités.
Plutôt que de ne rien oser, il vaudrait mieux qu'un gouvernement osât trop : le danger serait moindre, car il n'en est pas de plus grand que de laisser les esprits et les bras inoccupés, et plus encore les esprits que les bras.
Le pouvoir n'existe que par ses oduntcs; si donc elles sont grandes, il sera fort et honoré ; si elles sont nulles, il sera faible et méprisé. Le pouvoir qui ne tente rien n'est pas le pouvoir ; toute influence, tout prestige, toute autorité l'abandonnent : il n'existe plus aloi's que de nom.
Une expérience de sept années a prouvé que la force d'un ministère n'était pas en raison de sa durée : la durée ne sufGt pas.
a Croire qu'il n'y a plus rien h faire qu'à reprendre sans » y rien changer la politique des années antérieures, c'est y> montrer moins de sagacité que les électeurs ; il ne peut » plus être question, désormais, de l'ancienne tactique (t). »
La majorité, — de son propre aveu, — ne doit pas être un but, mais un moyen, un levier, non un oreiller; « la dl- » riger et s^en servir est le devoir nouveau imposé à ses » chefs (2). »
Le moment est venu « d'agir, de faire les choses h propos » et d'une façon qui les fasse valoir, de savoir enfin parler » au besoin a Timagination des peuples (3). »
11 ne faut pas attendre à la fin d'un règne que des événements graves nous surprennent.
(1) M. d'iiaussonvillk. De ta Situation actuellt,
(2) M. D*nAU880!« TILLE. De ta Situation attuetle, {3) M. D*HAU880KT1LLE. De la Situation «e'»--"-
Si depuis dix-sept ans nos ministres av«aient fait pour noire agriculture tout ce que pouvait faire pour elle un gouvernement vigilant, prévoyant, actif, un déficit dans noire récolte, se renouvel<\t-iI deux fois de suite, ne serait pas un danger public; dans les années moyennes, nous devrions pouvoir approvisionner le marché anglaft ouvert par sir Robert Peel à la libre importation des denrées alimentaires.
Si depuis dix-sept ans rtos hommes d'État avaient donné à l'étude approfondie de la question des armées permanentes et de la colonisation de PAlgéric, de l'impôt et de l'emprunt, quelques-unes des heures innombrables qu'ils ont gaspillées en discussions stériles, aujourd'hui nous aurions les premières finances et le premier crédit du monde ; notre réseau de voies de communications ne laisserait apercevoir dans ses mailles aucune lacune; nos frais de transport, considérablement réduits, n'opposeraient plus à la consommalion les obstacles dont souffre la production ; l'égalité des impôts aurait depuis longtemps cessé d'être un mensonge; la modération judicieuse des taxes ne serait plus une théorie suspecte, mais un fait consommé et concluant; notre industrie et notre commerce verraient sans crainte s'abaisser les tarifs dune protection d'autant plus humiliante qu'elle est plus nécessaire; d'utiles institutions destinées à resserrer les liens entre les classes riches et les classes nécessiteuses, à effacer un dangereux antagonisme sur lequel les yeux sont constamment fixés, imprimeraient h notre époque ce caractère de grandeur que Louis XIV, dans un autre ordre d'idées, a su imprimer à son règne ; les vaisseaux de la France sillonneraient toutes les mers, elle serait le centre d'une vaste» confédération maritime.
Un temps précieux a été perdu; le temps qui appartient au passé n'appartient plus h Tavenir, mais ce doit être une raison de plus pour redoubler d'activité, de zèle, de vigilance, d'efforts ; si le ministère persiste dans son inaction, il ne faut pas tarder plus longtemps à le changer, et nonseulement changer les hommes, mais surtout changer les
choses.— « Deux conditions, l'une ou J'autre du moins, sont » indispensables pour l'exercice du pouvoir. Il faut y appor* » ter ou cette heureuse réunion de facultés bien réglées qui ï) forme ce qu'on appelle le bon sens, ou cette prédomi- » nance extraordinaire d'une faculté supérieure, la force de » volonté, par exemple, qui suffit quelquefois à un homme » pour acquérir et conserver queltjue temps un grand em- » pire (1). » A défaut d'hommes doués de celte faculté supérieure, qu'on prenne des hommes de bon sens et de bon vouloir, d'une honnêteté à l'abri de tout soupçon. Ce qui nous manque aujourd'hui, ce sont des hommes pour gouverner et administrer, c'est à dire organiser, réformer, simplifier. Pourquoi nous manquent-ils? A quelles causes doit être attribuée cette disette d'hommes d'État dans un pays qui compte 35 millions d*âmes, qui a donné naissance à Henri IV, à Louis XIV et à Napoléon, à Sully, à Richelieu, à Colbert, à Vauban, à Turgot, à tant d'écrivains et d'artistes éminents, de guerriers et de marins illustres? Il n'y a pas d'effets sans causes, il faut les rechercher.
Voilà trop longuement, bien qu'incomplètement, ce que pensent les conservateurs qui sont aujourd'hui aux optimistes ce qu'étaient de 1827 à 1829, aux prétendus royalistes, MM. Casimir Périer, Benjamin Constant , de Broglie, de Montalivet, Guizot, Thiers,les généraux Sébastiani, Gérard, Lamarque I
Ces conservateurs appliquent à la situation, œuvre de M. Guizot, ces paroles de M. Guizot :
« Je ne conteste point le péril. Je pense qu'il y en a beau- » coup pour le trône comme pour la France, dans la situa- » tion actuelle. Seulement, à mon avis, c'est le ststèhi dis