LE MINISTÈRE ACTUEL NE SALUAIT SUBSISTER
- C'est, de notre temps, la prétention de chaqne nil> nlstère d'être non seulement le seul bon, mais le dernier possible, n
ouizoT. Des Moyens de gouvernement.
24 juillet 1847.
Après une durée de sept années qui déjà avaient vu finir deux législatures et qui en voyaient une troisième se lever, il ' ne restait plus au ministère que ces deux probabilités d'existence ; il fallait :
Ou qu'il n'eût qu'une majorité précaire de quelques voix ;
Ou bien qu'ayant une majorité compacte et colisidérable, il se retrempât dans un esprit nouveau.
Si le cabinet n'avait eu qu'une de ces majorités insuffisantes ou indécises qu'il faut à chaque scrutin conquérir vote à vote ou acquérir suffrage à suffrage, plus cette majorité eût été incertaine et plus l'existence du cabinet eût été assurée, car il est juste de reconnaître que nul ne sait mieux que M. Ducliùtel faire évoluer sur le champ parlementaire un bataillon ministériel, et lorsqu'on eût sommé le cabinet de prendre un parti sur une question, d'apporter dans l'expédition des affaires plus de vigueur et de célérité, de mettre dans sa conduite moins d'inconsistance et dans ses actes plus d'ensemble, d'avoir enfin un système ouquel-
(1) Ce titre appartient à M. Guizot; c'est celui mis en tête du chapitre Vlll : Des Moyens de gouieruement.
que chose qui y ressemble, le cabinet eût répondu : Quo puis-je faire avec une toile majorité?
De 1840 à 1846, cette réponse avait suffi ; elle eût suffi encore. Les lieux communs sont éternels.
Mais la France électorale, en jouant au cabinet du 29 octobre le malicieux tour d'élire le plus grand nombre de députés conservateurs dont aucune majorité depuis seize ans ait jamais été composée, lui enlevait tout prétexte évasifet le forçait ainsi dans ses retranchements. Triste extrémité, amère dérision, cruelle vengeance cjuc ce défi de marcher, porté h un paralytique de la tête et des jambes! Aussi, qu'est-il arrivé? Le ministère n'a pas bougé. Toutes les propositions, pv)lili(pics ou (inaniiéres, émanées de l'initiative parlemenlaire, sont venues s'amorlir contre Im. comme les balles d'un pistolet contre la plaque d'un tir. Seule, la réduction de l'impcM du sel, plus heureuse (pie la réforme postale, a échappé à ce massacre des propositions innocentes, mais pour al)(>ulir... à quoi? A un rapport funéraire h la Chambre des pairs. Jamais, depuis que le gouvernement représenlalif existe en France, session législative n'avait été il la fois plus longue», plus vide», plus slérih». A l'exception des (lemand(>s d'argent, pas un seul projet ministériel de (pielfpie inq)orlance n'a élé converti en loi. Tout le bilan de la session renq>Iil (piatn» lignes.
La vengeance, il faut le re( >nn;illre,ne pouvait être plus complète, la défaite plus (h'cjsjve, le triomphe plus exemplaire.
Dés'Urnais, il e>t acquis a lliistoire parlementaire que le moyen le plus eflicace d'iihicger l'existence d'un ministère inqxiissant est de lui d mumm' le concours d'ime majorité considérai»!»'. Toute majorité est un levitT, niais tout levier nVst qu'un poids aux mains trop faibles pour le mettre en mouvement.
Que \i\ faire lec.d»inel ? Se niainliendra-t-il dans son imniolulite ? C'e>t a.Nsuienunl c»' qu'il ftrail sans hésiter b'il n'axait pas a craindre que sa majorité, i\ bout de prétextes