V 1847. - LE MINISTÈRE ACTUEL
el d'expédients, et craignant pour clle-mônie, ne (inissc par se 'diviser et se dissoudre.
Si nous sommes bien informés, les avertissements les plus sévères ne lui auraient pas été épargnés par un grand nombre de membres de lo majorité qui ne se seraient éloignés de Paris; pour se rendre dans leurs départements, qu'après s'ôtrc exprimés ainsi : « Nous nous sommes déclarés satis- » faits^ il le fallait pour vous sauver, mais nous partons fort » mécontents. »
Si le ministère ne peut se maintenir plus longtemps dans son immobilité, que va-t-il faire pour en sortir? — On annonce que M. le maréchal Soult abandonne la présidence du conseil, et que M. Guizot va la prendre. Mais était-ce H. le maréchal Soult qui frappait le cabinet d'impuissance, en paralysait l'activité, en comprimait l'initiative ? Assurément, non ; eh bien ! donc, si la présence de M. le maréchal Soult n'était pas un obstacle, quel changement sa retraite ^ .apportera-t-elleà la politique du cabinet ? Parce que M. Guizot aura la présidence du conseil, en aura-t-il des convictions plus fermes, et en sera-t-il moins prêt à adopter indifTéremroent, selon son expression, « Vune ou Vautre conduite ? » « C'est surtout la faiblesse des convictions qui fait celle des » conduites, car l'homme agit bien plus en vertu de ce qu'il » pense que par tout autre mobile. » Cette observation si vraie ne nous appartient pas, elle appartient à M. Guizot; elle est le trait dont il se sert pour donner du relief à ce bel éloge qu'il trace de Washington : « Il avait h un degré su- » périeur les deux qualités qui, dans la vie active, rendent » l'homme capable des grandes choses ; il savait croire fer- » mement à sa propre pensée, et agir résolument, selon » qu'il pensait, sans en craindre la responsabilité. » • Peut-on dire de M. Guizjt ce que M. Guizot disait de Washington ; poul-on dire « qu'il sait croire fermement h sa » pensée et agir résolument selon qu'il pense? » Malheureusement, le passé est là qui répond négativement à cette question. Il y a peu d'actes de la vie ministérielle deM. Guizot qui' ne soient un démenti donné à sa pensée, consigné